Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale. Archives © TF1/LCIXavier Darcos s'est déclaré mardi prêt à passer par la loi pour obliger les enseignants à annoncer qu'ils feront grève, afin de faciliter la mise en place d'un service minimum d'accueil dans les établissements scolaires.
Interrogé sur RMC et BFM TV, le ministre de l'Education nationale a estimé que ceux qui appellent à la grève jeudi pour protester contre les suppressions d'emploi prévues dans l'Education nationale, ne pouvaient pas aller contre l'opinion. "Ce que je demande aux enseignants, c'est de bien vouloir se déclarer 48 heures à l'avance pour que nous puissions nous organiser", a-t-il dit. "Voilà ce qui fait l'objet de discussions tendues avec les syndicats et qui fera éventuellement l'objet d'une loi parce que c'est nécessaire que nous sachions quand et où les professeurs seront grévistes", a ajouté Xavier Darcos. "J'espère que je n'arriverai pas à la loi, que je n'y serai pas obligé, mais s'il le faut je le ferai", a-t-il insisté.
Le SI-EN-Unsa, majoritaire chez les inspecteurs de l'Education nationale dans le primaire, s'est indigné mardi d'un "commentaire injurieux et vindicatif" selon lui de Xavier Darcos sur le système d'inspection actuel qu'il avait qualifié le 29 avril devant la presse de "fondé sur la défiance".
"On ne pourra pas toujours faire des choses contre l'avis des familles"
Le service minimum d'accueil dans les écoles que le ministère de l'Education nationale souhaite mettre en place jeudi à l'occasion de la grève des enseignants est approuvé par 60% des Français, à en croire un sondage CSA paru mardi dans le Parisien et sur I-télé. En revanche, 33% des personnes interrogées estiment qu'il constitue une "une tentative de remise en cause du droit de grève".
Le ministère de l'Education nationale demande aux municipalités d'organiser ce service avec leurs personnels, mais de nombreux maires, notamment à Paris, ont déjà refusé, avançant des problèmes matériels et de responsabilité juridique. 63% des professeurs des écoles devraient être en grève jeudi, selon un recensement établi par le Snuipp-FSU, majoritaire dans le primaire, à partir des remontées de 61 départements.
Les syndicats enseignants ont appelé à une grève contre les 11.200 suppressions de postes dans l'Education nationale la rentrée prochaine. "On ne pourra pas toujours faire des choses contre l'avis des familles, contre l'avis des parents d'élèves contre l'avis de l'opinion", estime le ministre de l'Education, en jugeant qu'"il y a beaucoup de conservatisme, beaucoup de dogmatisme, beaucoup de peur", au sein du corps enseignant.
| L'UMP dénonce "l'attitude scandaleuse" du maire de Paris |
L'UMP va dénoncer "très largement" avant et pendant le jour de la grève des fonctionnaires, le 15 mai, "l'attitude scandaleuse" du maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë qui refuse de mettre en place un service minimum dans les écoles de la capitale. "Nous allons montrer du doigt, parce qu'il le mérite et que son attitude est scandaleuse, le maire de Paris qui refuse obstinément" de mettre en place le service minimum, a annoncé l'un des porte-parole Dominique Paillé, lors du point de presse hebdomadaire de l'UMP. Selon M. Paillé, la décision du maire de Paris "plonge un grand nombre de familles" notamment moyennes et modestes "dans un désarroi important", en les "contraignant (..) à trouver des systèmes de garde ou à se priver d'un jour de travail, amputant ainsi leur pouvoir d'achat". |
(D'après agence)
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