Darcos veut obliger les enseignants à s'annoncer grévistes

le 13 mai 2008 à 09h52 , mis à jour le 13 mai 2008 à 16h28

Le ministre a estimé mardi sur RMC que ceux qui appellent à la grève jeudi pour protester contre les suppressions d'emploi dans l'Education ne pouvaient pas aller contre l'opinion.

Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale.Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale. Archives © TF1/LCI

Xavier Darcos s'est déclaré mardi prêt à passer par la loi pour obliger les enseignants à annoncer qu'ils feront grève, afin de faciliter la mise en place d'un service minimum d'accueil dans les établissements scolaires.
 
Interrogé sur RMC et BFM TV, le ministre de l'Education nationale a estimé que ceux qui appellent à la grève jeudi pour protester contre les suppressions d'emploi prévues dans l'Education nationale, ne pouvaient pas aller contre l'opinion. "Ce que je demande aux enseignants, c'est de bien vouloir se déclarer 48 heures à l'avance pour que nous puissions nous organiser", a-t-il dit. "Voilà ce qui fait l'objet de discussions tendues avec les syndicats et qui fera éventuellement l'objet d'une loi parce que c'est nécessaire que nous sachions quand et où les professeurs seront grévistes", a ajouté Xavier Darcos. "J'espère que je n'arriverai pas à la loi, que je n'y serai pas obligé, mais s'il le faut je le ferai", a-t-il insisté.

Le SI-EN-Unsa, majoritaire chez les inspecteurs de l'Education nationale dans le primaire, s'est indigné mardi d'un "commentaire injurieux et vindicatif" selon lui de Xavier Darcos sur le système d'inspection actuel qu'il avait qualifié le 29 avril devant la presse de "fondé sur la défiance".
 
"On ne pourra pas toujours faire des choses contre l'avis des familles"
 
Le service minimum d'accueil dans les écoles que le ministère de l'Education nationale souhaite mettre en place jeudi à l'occasion de la grève des enseignants est approuvé par 60% des Français, à en croire un sondage CSA paru mardi dans le Parisien et sur I-télé. En revanche, 33% des personnes interrogées estiment qu'il constitue une "une tentative de remise en cause du droit de grève".
 
Le ministère de l'Education nationale demande aux municipalités d'organiser ce service avec leurs personnels, mais de nombreux maires, notamment à Paris, ont déjà refusé, avançant des problèmes matériels et de responsabilité juridique. 63% des professeurs des écoles devraient être en grève jeudi, selon un recensement établi par le Snuipp-FSU, majoritaire dans le primaire, à partir des remontées de 61 départements.
 
Les syndicats enseignants ont appelé à une grève contre les 11.200 suppressions de postes dans l'Education nationale la rentrée prochaine. "On ne pourra pas toujours faire des choses contre l'avis des familles, contre l'avis des parents d'élèves contre l'avis de l'opinion", estime le ministre de l'Education, en jugeant qu'"il y a beaucoup de conservatisme, beaucoup de dogmatisme, beaucoup de peur", au sein du corps enseignant.

L'UMP dénonce "l'attitude scandaleuse" du maire de Paris

L'UMP va dénoncer "très largement" avant et pendant le jour de la grève des fonctionnaires, le 15 mai, "l'attitude scandaleuse" du maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë qui refuse de mettre en place un service minimum dans les écoles de la capitale. "Nous allons montrer du doigt, parce qu'il le mérite et que son attitude est scandaleuse, le maire de Paris qui refuse obstinément" de mettre en place le service minimum, a annoncé l'un des porte-parole Dominique Paillé, lors du point de presse hebdomadaire de l'UMP. Selon M. Paillé, la décision du maire de Paris "plonge un grand nombre de familles" notamment moyennes et modestes "dans un désarroi important", en les "contraignant (..) à trouver des systèmes de garde ou à se priver d'un jour de travail, amputant ainsi leur pouvoir d'achat".

 

(D'après agence)

le 13 mai 2008 à 09:52
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21 Commentaires

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  • Michel, le 13/05/2008 à 11h23

    Darcos lance la vérité qui blesse.

  • Christine, le 13/05/2008 à 11h21

    A Noémie: C'est bien parce que les gouvernements précédents n'ont pas tenu compte de l'opinion publique que JM Le Pen a failli remporter les présidentielles de 2002 !!!!

  • Crapet, le 13/05/2008 à 11h19

    Il faut aussi penser aux parents qui n'ont pas les moyens de faire garder leurs enfants au gré des grèves, on est pris en otage, soit il faut payer, soit c'est un jour de congé qui saute.

  • ROUX, le 13/05/2008 à 11h19

    C'est normal que le service public soit rendu aux familles, puisque ce sont les contribuables qui règlent le salaire des enseignants. A défaut du service public que les enseignants se doivent de respecter il faut privatiser l'école et là il y aura un service public respecté. S. ROUX

  • Marceljean, le 13/05/2008 à 11h15

    On fait trop facilement grève en France,surtout dans l'Education Nationale!Il s'ensuit que ce droit de grève devient de plus en plus contestable. Notre Ministre est plus que raisonnable dans ses objectifs:il demande un service minimum d'accueil alors qu'il pourrait demander un service minimum d'enseignement. A quand le traitement de la crise de confiance en l'Education Nationale, polluée par son idéologie de gauche,au mépris de l'intérêt de nos jeunes,y compris les enfants des enseignants?

  • Flo, le 13/05/2008 à 11h09

    D'accord avec les précédents intervenants, manipuler un seul sondage pour faire passer une loi, c'est lamentable, autant recourir au référendum, car depuis mois, tous les sondages donnent mr Sarkozy extrêmement minoritaire dans l'opinion, alors pourquoi ne démissionne-t-il pas ?? a proposition absurde, réponse absurde ! merci de me publier, ce qui n'arrive plus très souvent....

  • Clementine, le 13/05/2008 à 11h07

    En même temps trois mois de vacances par an ce ne sont pas les plus malheureux! par contre la pauvre qui va travailler a l'usine et qui ne peu pas se permettre une nourrice .... on nous parle de droit de grève mais qui fait grève en france? toujours les mêmes alors oui mr darcos il est grand temps de mettre les français sur un pied d'égalité n'en déplaise aux 47% qui n'on pas voter sarkozy.dans tous les pays du monde les minorités foutent le bordel ces pas un scoop.

  • Thomas, le 13/05/2008 à 11h00

    Quel bon sens Mr DARCOS ! Bravo et bon courage pour faire bouger le "mammouth" :-).Ca ne parait pas délirant de demander aux gens (pas que l'éducation nationale) de prévenir des grèves...les français pourront s'organiser en conséquence(covoiturage, garde d'enfants mutualisée, prise de JRTT,...).Une poignée de français ne peuvent bloquer un pays entier! et puis ce sont nos impôts qui payent tout ce cirque. Personne ne vous a obligé a bosser dans l'éducation nationale !!!

  • Jules, le 13/05/2008 à 10h59

    "Il ne manque pas d'air", X. Darcos. Le gouvernement n'a pas tenu compte de l'avis des Français qui ont dit Non à l'Europe par référendum, et là il veut tenir compte d'un sondage qui l'avantage en poussant en plus des cris de vierge effarouchée. Au fait, à qui appartiennent les instituts de sondage ? à Mme Parisot, la responsable du Medef et aux amis du Président. Ce gouvernement se moque vraiment des Français.

  • GARAU, le 13/05/2008 à 10h58

    Je pense qu'il ne s'agit pas d'une atteinte au droit de grève, mais d'un simple sens pratique afin d'organiser le service minimum plébiscité par les Français. Il faudra bien que les enseignants comprennent qu'ils font partis du service public et à se titre doivent tenir compte de l' opinion des Français.

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