Image d'archive : Le teknival organisé le week-end du 8 décembre 2006 en marge des Transmusicales de Rennes © TF1/LCIL'édition 2008 du teknival doit se dérouler sur l'ancienne base de l'Otan de Crucey-Villages, près de Dreux. Quatre mille teufeurs et huit camions sound-system sont déjà arrivés dans la nuit de mercredi à jeudi. Au total, environ 50.000 participants sont attendus pour cette rave-party qui doit durer jusqu'à la fin du week-end. Comme à chaque édition, d'importants renforts de forces de l'ordre sont mobilisés. Un plan d'action est également mis sur pied au niveau judiciaire. Et tout au long du week-end prolongé, un poste de commandement avancé sera sur place.
C'est la seconde fois que le teknival est organisé sur cette base militaire. Et ce choix fait polémique. En 2005 déjà, 45.000 fans s'étaient rejoints à Crucey-Villages, provoquant la colère du député-maire de Dreux, Gérard Hamel, qui a dit cette semaine se sentir "trahi" par Nicolas Sarkozy et la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie. "En 2005, quelques jours après le premier teknival qui s'était déroulé sur cette base de l'Otan à Crucey-Villages, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur à l'époque, m'avait promis qu'il n'y aurait plus jamais ce type de manifestation à cet endroit", a assuré l'élu. "Son message m'avait été relayé par Michèle Alliot-Marie [alors ministre de la Défense]. Elle m'avait indiqué que ce terrain militaire était stratégique et utilisé par l'armée". En tant que président de l'association des maires d'Eure-et-Loir, Gérard Hamel s'est dit "furieux et scandalisé".
"Un événement qui s'impose à nous"
Qu'en dit le préfet d'Eure-et-Loir ? Il assure, sans enthousiasme, que la tenue de ce teknival est "un événement qui s'impose à nous". Lui-même n'a été averti que dimanche après-midi. "Les choses étant ce qu'elles sont, nous avons d'ores et déjà pris les décisions qui s'imposent pour que tout se passe pour le mieux", a-t-il indiqué, en soulignant : "Je serai très attentif à ce que la sécurité des riverains et des animaux qui sont autour du site soit assurée". Le préfet a, d'ores et déjà, fait constater par huissier l'état des lieux de la base aérienne de l'OTAN et des environs.
Quant aux organisateurs de la fête techno, ils ne semblent guère davantage emballés par ce choix. Ils regrettent surtout un teknival trop encadré, un déploiement policier trop important et des mesures de sécurité disproportionnées à leurs yeux. D'où la tentation d'organiser une contre-manifestation. Mais pas dans l'Eure-et-Loir... Sur internet et par boîte vocale, rendez-vous avait ainsi été donné aux "teufeurs" sur le parking du Zénith au sud de Clermont-Ferrand, pour un "revival teknival du 1er mai", "manifestation pacifique pour les libertés d'expression". "Il y a des rumeurs d'un second teknival en Auvergne sans que nous ayons été contactés par des organisateurs", reconnaissait il y a quelques jours le sous-préfet de Riom, Jean-Yves Lallart. Lequel avait prévenu : "Nous sommes prêts à faire face en fonction des événements et du lieu où cela va se passer".
Des arrêtés interdisant tout rassemblement de type teknival dans les quatre départements d'Auvergne jusqu'au lundi 5 mai ont été pris "par mesure de précaution". Devant cette mobilisation des forces de l'ordre, les "teufeurs" semblent avoir renoncé au teknival auvergnat... mais pas au principe du "revival teknival". Environ 300 d'entre eux étaient ainsi rassemblés jeudi soir dans l'Ardèche à Montpezat-sous-Bauzon, près de Largentière. Deux escadrons de gendarmes mobiles, soit 130 hommes, 12 motards CRS ainsi que des renforts de gendarmerie de la Drôme et l'Isère ont été envoyés sur place. "La situation est sous contrôle. Il y a du matériel (de sonorisation) qui a été saisi et les gendarmes contrôlent tous les accès (du site)", a indiqué le préfet de l'Ardèche.
D'après agence
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