Un éthylotest/image d'archives © TF1 |
| Borloo : "Que chacun puisse tester son état" |
La mise en place obligatoire d'éthylotests dans les débits de boisson, voulue par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, a été accueillie lundi avec circonspection par les professionnels, qui en redoutent le coût. De leur côté, les associations de victimes y ont vu "un premier pas" dans la lutte contre l'alcool au volant.
André Daguin, président de l'Union des métiers et industries de l'hôtellerie (Umih), a qualifié, sur LCI dès dimanche soir, la décision de "bonne" se félicitant que "chacun puisse se mesurer" et qu'ainsi les personnes ayant bu ne puissent plus rejeter la responsabilité sur quiconque. Plus inquiet, Francis Attrazic, vice-président de l'Umih a souligné que l'application de cette mesure risquait d'être "financièrement lourde". "Nous sortons de la loi sur l'interdiction de fumer et déjà on se lance sur les problèmes d'alcool (...) il faut faire attention à ce que cette mesure qui vient en surcroît ne prenne des proportions financières ingérables, surtout pour les petits établissements", a-t-il expliqué, chiffrant entre 2.500 et 3.500 euros le coût des éthylotests. Quant à Patrick Malvaes, président du Syndicat national des discothèques, il s'est montré plus réticent encore, en réclamant une réunion avec le ministre.
La puissance du lobby de l'alcool
Pour les associations de victimes de la route, ce souhait du ministère de l'Ecologie est "Un premier pas". "C'est bien d'encourager les auto évaluations, mais cela ne peut être qu'un premier pas, le prémisse d'une prise de conscience du gouvernement pour lutter massivement contre l'alcool au volant", a déclaré à l'AFP Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, en dénonçant notamment la puissance du lobby de l'alcool en France.
Après un week-end marqué par plusieurs accidents meurtriers sur les routes, Jean-Louis Borloo, a souhaité dimanche soir sur France 2 la mise en place d'éthylotests "obligatoires dans tous les débits de boisson" dès cet été. Dans l'entourage du ministre de l'Ecologie, on a précisé lundi que le décret permettant l'application de la mesure serait transmis au conseil d'Etat "mardi", pour une mise en oeuvre le 1er janvier 2009. On a souligné en outre que l'annonce d'une entrée en vigueur "dès cet été" n'était qu'un "souhait" de M. Borloo. Le ministre a affirmé que la mesure avait été testée "dans 350 sites dans l'ouest de la France" et que les professionnels étaient d'accord, parce qu'"eux-mêmes sont conscients" du problème.
Chaque jour, 13 morts sur les routes
Le week-end de la Pentecôte a été marqué par plusieurs accidents meurtriers sur les routes françaises, dont l'un, samedi soir près de Forbach (Moselle), a coûté la vie à quatre jeunes âgés de 15 à 26 ans. "D'une manière générale, on essaie de mettre en place les éthylotests anti-démarreurs. D'ores et déjà, il y a de belles alternatives: si vous avez un délit de conduite en état d'ivresse, le tribunal peut vous interdire d'avoir une voiture qui n'est pas équipée", a-t-il affirmé. Jean-Louis Borloo avait annoncé le 7 mai dans un entretien au Parisien son souhait que "les éthylotests antidémarrage ne soient plus une option mais soient à terme installés en série sur les véhicules".
Le ministère de l'Ecologie a lancé mercredi une nouvelle campagne de sensibilisation aux drames de la route qui joue sur la responsabilité de chacun, et rappelle le bilan quotidien des accidents: 13 morts et 300 blessés en moyenne en 2007.
(D'après agence)
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