"La lutte contre l'homophobie piétine"

le 17 mai 2008 à 10h41 , mis à jour le 17 mai 2008 à 16h22

A l'occasion de la 4ème journée mondiale contre l'homophobie, une association lance un cri d'alarme et souligne les cas de "radicalisation" en France.

Le logo de SOS homophobieLe logo de SOS homophobie © TF1/LCI

Alors que ce 17 mai marque la 4ème journée mondiale contre l'homophobie, l'association SOS-Homophobie s'inquiète d'une "radicalisation" en France de ce sentiment hostile. Selon elle, "les cas d'homophobie sur internet augmentent de façon inquiétante", avec régulièrement des appels à la haine et au meurtre, "tout comme les conflits de voisinage". Dans son rapport annuel, l'association souligne que "la fréquence des meurtres homophobes nous alarme particulièrement" (deux pour le seul mois de janvier 2008), ajoutant que "la jeunesse des agresseurs, souvent des mineurs, nous effraie".

Une résurgence paradoxale : "On assiste à une meilleure acceptation globale de l'homosexualité en France", mais "parallèlement, à une radicalisation de l'homophobie, surtout chez les très jeunes", souligne un des co-présidents de l'association, Jacques Lizé. En 2007, l'association a reçu 1263 témoignages de manifestations d'hostilité envers les homosexuels, contre 1332 en 2006. Les témoignages reçus par téléphone et mails par SOS-Homophobie concernent majoritairement des hommes, âgés de 25 à 50 ans. 132 agressions physiques lui ont été signalées en 2007, soit 21 de moins qu'en 2006.

Les départements les plus touchés

Quatre départements sont particulièrement touchés : Paris, Rhône, Nord et Moselle, alors que dans de nombreux départements ruraux, les TOM-DOM et la Corse aucune agression n'est signalée. "En Corse, cela ne veut pas dire que l'homosexualité est acceptée, mais que la pression homophobe est tellement forte que les homosexuels sont transparents, invisibles", nuance toutefois Jacques Lizé.

L'association a analysé les 14 meurtres homophobes commis depuis 2002, toujours sur des hommes, souvent de plus de 60 ans (6 cas sur 14). Pour 11 de ces meurtres, les agresseurs avaient moins de 26 ans et dans cinq de ces affaires, des mineurs sont impliqués. "Pour ces agressions, il ne faut pas montrer du doigt les jeunes adolescents issus de l'immigration, il y a aussi des gens de l'extrême droite et des intégristes religieux", souligne Jacques Lizé. Sept meurtres ont fait l'objet d'un procès, dont cinq ont abouti à des peines de douze à vingt ans de réclusion criminelle.

L'association a par ailleurs publié vendredi une enquête de 58 pages, sur la lesbophobie, "première enquête statistique nationale de ce type" selon une des rédactrice, Sylvie Gras. 1793 femmes ont répondu à un questionnaire et 63% ont déclaré avoir vécu au cours de leur vie des épisodes lesbophobes. Parmi elles, 69% évoquent des insultes, 27% des diffamations et 20%, dans un contexte de voisinage, ont subi des dégradations de biens. 39 lesbiennes ont évoqué des violences physiques et 4 des viols. "Des avancées ont eu lieu et la situation des gays et des lesbiennes s'est globalement améliorée durant la dernière décennie : des lois ont été votées, la justice les applique, les médias se font l'écho du combat des personnes lesbiennes, gay bi-sexuelles et transsexuelles", reconnaît toutefois SOS-Homophobie, qui réclame un renforcement de la prévention et la reconnaissance de la spécificité des discriminations visant les homosexuels.

Paris pour une "dépénalisation universelle" de l'homosexualité

La France compte demander aux Nations unies d'agir pour une "dépénalisation universelle de l'homosexualité", a annoncé samedi la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, à l'occasion de la journée internationale contre l'homophobie. L'initiative sera portée devant l'Assemblée Générale des Nations unies durant la présidence française de l'UE, au second semestre 2008, a-t-elle ajouté.

D'après agence

le 17 mai 2008 à 10:41
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1 Commentaires

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  • Nicogay21, le 08/05/2009 à 20h50

    Je suis d accord la lutte contre l homophobie piétine.Vous parlez de ces 14 meurtres en France, et 5 seulement ont fait l objet de procès, avec des peines d apres moi légéres car en principe le meutre en France est beucoup plus lourdement condamné.Mais bon je pense que l ajustice ne considere pas le meutre d un gay comme etant un meutre contre une personne normale.Mais je pense que c est l ensemble de notre socitété qui n est pas a la hauteur du problem, en premier lieu les médias qui ne relatent jamais ces agressions ou meutres c est inadmissibles et ca se pretend respectueux de le déontologie.Ou es la déolontologie des journalistes quand ils selectionnent les categories de personne qui sont assassinées.Nous devons lutter beaucoup plus pour que la société entiere prenne conscience du probleme.

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