Le maillot jaune en prison ?

le 01 mai 2008 à 10h02 , mis à jour le 01 mai 2008 à 10h07

Les députés ont adopté un projet de loi prévoyant une peine de prison pour les sportifs utilisant ou pris en possession de produits dopants.

Seringue (archive)Seringue (archive)

Que ce soit lors du prochain Tour de France, ou lors de toute autre compétition sportive, la détention, l'usage personnel ou le trafic de produits dopants seront passibles de prison. Les députés ont adopté mercredi un projet de loi qui prévoit une peine maximale de cinq ans de prison et 75.000  euros d'amende, a précisé le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte, qui défendait son premier texte, après le budget, depuis son entrée au gouvernement en octobre.
 
La peine est portée à sept ans de prison et 150.000 euros d'amende lorsque les faits sont commis en bande organisée ou sur un mineur. Elle sera ramenée à un an de prison et 3750 euros d'amende dans le cas d'une infraction commise par un sportif "en vue de son usage personnel", a ajouté Bernard Laporte, rappelant que "toutes les formes de détention médicalement justifiée ne feront pas l'objet de sanctions". "A l'heure actuelle en effet, la détention ainsi que les autres actions caractérisant un trafic -production transport, importation et exportation - ne  peuvent être réprimées", a souligné l'ex-sélectionneur du XV de France.
 
Laporte : "C'est dur, même pour moi"
 
Dans une Assemblée clairsemée, l'opposition a dénoncé un texte "imprécis", "incomplet", et surtout "de circonstance" avant le Tour de France, dont la  dernière édition avait été marquée par les affaires Rasmussen et Vinokourov. Ex-ministre des Sports (1997-2002), auteur d'une loi antidopage en 1999, Marie-George Buffet (PCF) a aussi regretté la pénalisation des sportifs. "L'histoire de Franck Vandenbroucke brisé par le dopage relève-t-elle de la  prison ou faut-il aider cet homme à sortir d'une conduite dangereuse?",  s'est-elle interrogée, évoquant le destin tragique de l'enfant terrible du cyclisme belge qui a tenté plusieurs fois de se suicider.  "Pour les pourvoyeurs, des sanctions pénales, pour les sportifs, des sanctions sportives", a résumé Alain Néri (PS).
 
"C'est dur, même pour moi, de l'accepter, je vous le garantis. Mais si on veut vraiment combattre ce fléau, il faut mettre les sportifs aussi devant leurs  responsabilités et arrêter de dire qu'ils sont victimes", a répondu le  secrétaire d'Etat. Le socialiste Alain Néri a aussi plaidé pour "multiplier des contrôles inopinés dans les périodes de préparation", rappelant que le cycliste danois Michael Rasmussen n'a jamais été contrôlé positif. Ce nouveau texte -qui doit encore passer au Sénat- doit aussi permettre à la France d'harmoniser son dispositif législatif avec le Code mondial antidopage et  de mieux lutter contre les trafics.
 
D'après agence

le 01 mai 2008 à 10:02
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