Menacé d'expulsion pour avoir sauvé une vieille dame

le 16 mai 2008 à 09h16 , mis à jour le 16 mai 2008 à 09h40

Un Tunisien sans papiers de 21 ans, qui a permis de sauver une femme de 96 ans dont l'appartement était en feu, fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire.

Des sans papiers font la queue au commissariat du XIVe en vue d'être régularisés. Juillet 2006. TF1/LCIDes sans papiers font la queue au commissariat du XIVe en vue d'être régularisés. Juillet 2006. © TF1/LCI

Il se prénomme Anis, il a 21 ans ; il est tunisien et sans papiers. Il risque aujourd'hui d'être expulsé. Il aurait peut-être pu rester longtemps ignoré des autorités s'il ne s'était signalé en aidant au sauvetage d'une femme âgée et handicapée. Un bienfait ne restant jamais impuni, l'attention ainsi attirée sur lui a valu au jeune homme une obligation de quitter le territoire français, situation que dénonce aujourd'hui le Réseau Education Sans Frontières (RESF).

Selon Nadia N'Guyen, membre de RESF, tout s'est produit le 21 avril. Ce jour-là, le jeune homme, habitant l'Essonne mais qui se trouve alors chez sa soeur à Villejuif, dans le Val-de-Marne, sent une odeur de fumée dans l'immeuble. Il décide de réagir et se rend à tous les étages afin de trouver l'origine de cette odeur.

Un courrier qui reste introuvable à la préfecture

La fumée s'échappe du dessous de la porte d'un appartement occupé par une dame de 96 ans, en fauteuil roulant. Le jeune homme alerte alors  les secours, qui pourront secourir l'occupante de l'appartement.

L'affaire n'en reste pas là. Une voisine, apprenant qu'Anis se trouve en situation irrégulière, contacte les préfectures du Val-de-Marne et de l'Essonne afin d'avertir l'administration de "l'acte de citoyenneté" accompli par le jeune homme. Bien mal lui en prend : quelques jours plus tard, Anis reçoit son obligation de quitter le territoire français.

Contactée par Le Parisien, la préfecture de l'Essonne n'a pas été en mesure de retrouver le fameux courrier. Le secrétaire général Michel Aubouin assure ne pas en avoir eu connaissance et suggère : "si la voisine veut bien le renvoyer..." Tout en assurant que "si l'acte de civisme est réel, cela pourrait jouer en la faveur" du jeune sans-papiers.

D'après agence

le 16 mai 2008 à 09:16
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