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Profs et lycéens en tête de la contestation


le 15 mai 2008 à 10h45
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4min
manifestation enseignants fonctionnaires

Manifestation dans l'Education et la fonction publique le 15 mai 2008 / Crédits : TF1/LCI

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Notre sociétéPartout en France, plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté ce jeudi contre les suppressions de postes, notamment dans l'éducation nationale.

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Xavier Darcos dénonce le coût de la grève
 

La grève des fonctionnaires a été bien suivie jeudi en France, notamment dans l'Education nationale où de nombreuses écoles ont fermé malgré les tentatives de mise en place d'un service minimum d'accueil. La grève était observée en fin de journée par 34,4% des employés de l'Education nationale, 15,4% des autres fonctionnaires d'Etat, 6% de la fonction publique territoriale et 5,4% des personnels hospitaliers, selon le gouvernement. Dans l'Education nationale, le syndicat FSU estime à 63% les enseignants des écoles en grève et à 55% ceux dans les collèges et lycées. Le ministère de l'Education a de son côté fait état en fin de matinée de 46,16% de grévistes chez les enseignants des écoles et de 33,55% dans le second degré.

Les grévistes, auxquels se sont joints lycéens et étudiants, ont manifesté à Paris et en province, mobilisant des dizaines de milliers de personnes s'opposant aux suppressions de postes dans la fonction publique. A Paris, 50.000 à 60.000 personnes, selon les organisateurs,
18.000 selon la police, ont défilé de la place d'Italie jusqu'à celle de la République derrière une banderole proclamant : "Tous ensemble pour défendre et améliorer la fonction publique". A Marseille, un cortège de 30.000 manifestants selon les syndicats, 7000 d'après la police, a défilé dans la matinée derrière une banderole où l'on pouvait lire "halte à la casse des services publics". Deux à trois mille personnes, principalement des enseignants et des lycéens, ont défilé à Strasbourg ; entre 6000 et 10.000 à Toulouse. D'autres cortèges ont rassemblé plusieurs milliers de personnes, notamment à Bordeaux, Nantes, Lille... En tout, ce sont entre 200.000 personnes selon la police et 300.000 selon la FSU qui ont défilé. 

"Un climat de dénigrement de l'Ecole"

Les responsables syndicaux, à l'image de Gérard Achieri (FSU), se sont félicités d'un "mouvement puissant" face à la fermeté affichée par le gouvernement, dans l'attente d'une nouvelle mobilisation le 22 mai pour la défense des retraites. Cette mobilisation révèle "l'inquiétude des enseignants, dans un climat de dénigrement de l'Ecole", a estimé Gilles Moindrot, de SNUipp-FSU, majoritaire au primaire. Jean-Claude Mailly, de Force Ouvrière, a lui affirmé qu'"il y a une grogne et un mécontentement qui persistent et qui montent. Au lieu d'un service minimum dans l'Education, le gouvernement ferait mieux de faire un service minimum pour répondre aux revendications".

Mais la détermination du ministre de l'Education nationale n'est pas entamée. "Nous avons du respect pour ceux qui défilent, qui font grève, mais nous ne croyons pas que leur protestation règlera quoi que ce soit", a dit Xavier Darcos lors des questions d'actualité au Sénat. Le recours à la grève est un "mode de réclamation qui est certainement daté", a estimé le secrétaire d'Etat à la Fonction publique André Santini sur RTL. Après le 20 novembre et 24 janvier, c'est la troisième grève de la fonction publique depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, qui maintient sa volonté de réduire les effectifs.  

54% des Français estiment que la grève est justifiée

Selon une enquête d'OpinionWay pour Le Figaro et LCI, les Français considèrent à 54% que la grève de jeudi dans l'Education nationale est justifiée. 46% des personnes interrogées jugent en revanche injustifié le mouvement de protestation contre la suppression de 11.200 postes dans l'Education à la rentrée 2008.

D'après agence

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