Service minimum : la "ligne rouge" est-elle franchie ?

le 16 mai 2008 à 07h07 , mis à jour le 16 mai 2008 à 15h40

"Provocation", "diversion" : l'annonce par Nicolas Sarkozy d'une loi sur un "droit à l'accueil des enfants" lors des grèves fait bondir syndicats et opposition.

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> L'intervention de Nicolas Sarkozy
L'avis de Jacques Pelissard, président de l'AMF

 

L'annonce a été faite jeudi, au soir d'une journée de grève dans la fonction publique marquée par une forte mobilisation du corps enseignant... et par un piteux bilan du service minimum d'accueil à l'école : à peine 3000 communes avaient effectivement mis en place la mesure, soit par refus politique, soit pour des raisons de lourdeur du dispositif. Au cours d'une brève allocution à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a annoncé le dépôt avant l'été d'un projet de loi sur un "droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles" lors des grèves.

Une annonce qui a immédiatement suscité de vives réactions, tant auprès des syndicats que dans l'opposition. Le premier secrétaire du Parti Socialiste François Hollande a accusé le président "d'ouvrir une épreuve de force, inutile et blessante". Le maire de Paris Bertrand Delanoë a lui estimé qu'"imposer une telle mesure est contraire à la libre administration reconnue aux communes par la Constitution". Pour le député PS des Landes Henri Emmanuelli, l'annonce fait par le chef de l'Etat est "totalement démagogique". De son côté, le PCF accuse Nicolas Sarkozy de vouloir créer un "service public de casseurs de grève".

"Une fin de non-recevoir aux salariés"

Pour Daniel Sanchez, secrétaire confédéral de la CGT, "c'est une provocation". Gérard Aschieri, de la FSU, juge pour sa part "assez extraordinaire qu'au lieu de répondre à ce mouvement, (Nicolas Sarkozy) parle d'autre chose (...) Il dit qu'il respecte le droit de grève mais de fait, il en limite les conditions d'exercice. Le droit de grève, pour moi, c'est la ligne rouge à ne pas franchir". Gilles Moindrot (SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire) dénonce "une annonce exaspérante qui frise la provocation". Pour Gérard Gonthier (Unsa Education) "c'est une double déception, il n'y a rien sur la fonction publique, il n'y a rien sur l'éducation. On attendait des annonces importantes et on a la limitation du droit de grève". 

Mais pour le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, le projet annoncé par Nicolas Sarkozy ne constitue "pas une remise en cause du droit de grève". Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, s'est lui félicité de ce que "l'instauration prochaine d'un véritable service minimum d'accueil à l'école" défende "les principes de continuité et d'égalité du service public".

D'après agence

le 16 mai 2008 à 07:07
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55 Commentaires

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  • JGH, le 16/05/2008 à 11h04

    Le gouvernement serait bien inspiré de s'iteresser à ce qui ce se passe chez nos voisins, où il n'y a, que rarement, des grêves dans la fonction publique: l'état prenant, en effet, le soin de rencontrer régulièrement les syndicats pour discuter de l'ensemble des problêmes sociaux, contribuant, ainsi, du coup, à entrenir un bon climat entre les parties, et à limiter recours à la force ...

  • Altar, le 16/05/2008 à 11h03

    Bravo, y'en a marre des fonctionnaires qui abusent de leurs privilèges. Pour une fois que l'on prend en considération la gêne des usagers, on ne va pas s'en plaindre. Je ne vois pas pourquoi seuls les fonctionnaires auraient le droit de pourrir la vie des autres sans contrepartie ! Et les profs feraient mieux de se retrousser les manches pour offrir un véritable enseignement de qualité car lorsque l'on voit le niveau des élèves après le bac, il y a de quoi avoir peur. C'est une catastrophe. Et utiliser les lycéens pour servir ses seuls intérêts est innommable. Marre des profs qui politisent au lieu d'éduquer. De toute façon le service public disparaîtra, non pas à cause d'une volonté politique mais à cause de la gabegie de ses membres... C'est NOUS qui vous payons, c'est NOUS qui supportons le poids financier de cette immense gâchis.

  • FLo, le 16/05/2008 à 11h00

    Toujours les memes qui ne veulent faire aucun effort ...

  • Paselli, le 16/05/2008 à 10h59

    Il est grand temps que ces personnes se mettent au travail, plutôt qu ede trainer dans les rues. Si on écoute leurs propositions, et on les accepte, dans 2 mois, ils seront encore à manifester, acr c'est leur raison d'exister. STOP à cetet hypocrisie: qu'ils bossent comme 95% des autres salariés !

  • Jean-Charles, le 16/05/2008 à 10h47

    Enfin une décision qui ne relève pas de la "langue de bois". Tous ceux qui sont contre ne sont que des hypocrites. Ils font grève les enseignants avec 18h par semaine ! Quelle honte !

  • Pére, le 16/05/2008 à 10h47

    Enfin un homme de courage Nicolas Sarkozy

  • Momont, le 16/05/2008 à 10h47

    La ligne rouge n'est pas franchie, quand notre président a été élu, son programme a été de garantir le service minimum, et il tient sa promesse. Pourquoi devrait-on être pris en otage par des fonctionnaires qui ont eux la sécurité de l'emploi !

  • La majorité silencieuse, le 16/05/2008 à 10h45

    La majorité des gens veulent un service minimum, on trouve ENCORE le moyen de pas le faire et le critiquer. Mais quelle France! Quelle France !

  • Lizz, le 16/05/2008 à 10h43

    Sarko est obsédé par le droit de grève qu'il voudrait bien supprimer .. sincèrement il y a des choses bien plus importantes à s'occuper en France que le service minimum .. que les parents prennent leurs responsabilités et se débrouillent .. quand on fait des enfants on assume, ce n'est pas à la Collectivité d'assumer pour eux, faut arrêter un peu ce culte de la famille et des enfants .. y'a pas que des familles dans ce monde !! Il y a aussi des gens qui vivent seuls et sans enfants .. célibataires, veufs, personnes âgées ..

  • Math, le 16/05/2008 à 10h37

    Je ne vois pas ou est le pb: faire greve signifie que l'on cesse le travail et non qu'on empeche les autres de travailler!!! Avec le service minimum tout le monde sera content: les enseignants car ils pourront continuer a faire greve et donc cesser le travail et les parents d'eleves qui pourront continuer a travailler... Le PS est encore une fois a cote de la plaque (et pourtant j'etais encore un actif militant jusqu'a l'election de Madame Royale pour representer le PS aux elections presidentielles)... ceux qui souffre le plus aujourd'hui de ces greves sont les plus pauvres qui n'ont pas les moyens de faire autrement que de poser (perdre) une journee pour s'occuper de leur(s) enfant(s)... c'est incroyable, a croire qu'ils n'y arriveront/comprendront jamais... c'est desolant...

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