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> L'intervention de Nicolas Sarkozy |
L'annonce a été faite jeudi, au soir d'une journée de grève dans la fonction publique marquée par une forte mobilisation du corps enseignant... et par un piteux bilan du service minimum d'accueil à l'école : à peine 3000 communes avaient effectivement mis en place la mesure, soit par refus politique, soit pour des raisons de lourdeur du dispositif. Au cours d'une brève allocution à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a annoncé le dépôt avant l'été d'un projet de loi sur un "droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles" lors des grèves.
Une annonce qui a immédiatement suscité de vives réactions, tant auprès des syndicats que dans l'opposition. Le premier secrétaire du Parti Socialiste François Hollande a accusé le président "d'ouvrir une épreuve de force, inutile et blessante". Le maire de Paris Bertrand Delanoë a lui estimé qu'"imposer une telle mesure est contraire à la libre administration reconnue aux communes par la Constitution". Pour le député PS des Landes Henri Emmanuelli, l'annonce fait par le chef de l'Etat est "totalement démagogique". De son côté, le PCF accuse Nicolas Sarkozy de vouloir créer un "service public de casseurs de grève".
"Une fin de non-recevoir aux salariés"
Pour Daniel Sanchez, secrétaire confédéral de la CGT, "c'est une provocation". Gérard Aschieri, de la FSU, juge pour sa part "assez extraordinaire qu'au lieu de répondre à ce mouvement, (Nicolas Sarkozy) parle d'autre chose (...) Il dit qu'il respecte le droit de grève mais de fait, il en limite les conditions d'exercice. Le droit de grève, pour moi, c'est la ligne rouge à ne pas franchir". Gilles Moindrot (SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire) dénonce "une annonce exaspérante qui frise la provocation". Pour Gérard Gonthier (Unsa Education) "c'est une double déception, il n'y a rien sur la fonction publique, il n'y a rien sur l'éducation. On attendait des annonces importantes et on a la limitation du droit de grève".
Mais pour le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, le projet annoncé par Nicolas Sarkozy ne constitue "pas une remise en cause du droit de grève". Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, s'est lui félicité de ce que "l'instauration prochaine d'un véritable service minimum d'accueil à l'école" défende "les principes de continuité et d'égalité du service public".
D'après agence
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