Nicolas Sarkozy le 15 mai 2008 © TF1/LCI| La déclaration de Nicolas Sarkozy |
Nicolas Sarkozy, accusé de provocation par l'opposition (lire notre article) pour avoir décidé d'imposer un service minimum à l'école, s'en est remis vendredi au jugement des Français. "Parler d'inconstitutionnalité, c'est vraiment une curieuse conception, un, du service public, deux, du droit d'accueil des familles", a déclaré le chef de l'Etat à des journalistes en marge d'un déplacement en Seine-et-Marne sur la politique de l'emploi. "Si les socialistes sont contre, c'est leur droit, je respecte leur opinion, mais les Français jugeront".
A l'origine de la polémique, l'annonce faite la veille par le chef de l'Etat, au soir d'une journée de mobilisation dans la fonction publique particulièrement suivie au sein de l'Education nationale, et marquée par un échec net du service minimum d'accueil à l'école. Nicolas Sarkozy avait promis le dépôt avant l'été d'un projet de loi sur un "droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles" lors des mouvements de grèves et une déclaration préalable des enseignants grévistes. "En cas de grève, les professeurs grévistes se feront connaître 48 heures à l'avance", avait-il précisé. Tout en se défendant par avance des accusations d'atteinte au droit de grève : "Je respecte le droit de grève. C'est une liberté fondamentale qui est garantie par la Constitution. J'ai bien l'intention de la respecter".
"Je respecte les enseignants, mais j'ai des convictions aussi"
Les accusations n'ont pourtant pas tardé de la part de l'opposition comme des syndicats : limitation du droit de grève bien sûr, mais également "provocation", ou encore atteinte au principe, garanti par la Constitution, de libre administration des collectivités locales. A ces accusations, le chef de l'Etat a donc répondu vendredi depuis la Seine-et-Marne : "Si avoir une opinion, une conviction, c'est une provocation, alors mieux vaut arrêter avec la démocratie. Je respecte beaucoup les enseignants", mais "j'ai des convictions aussi".
"De la même façon que j'avais promis aux Français le service minimum dans les transports, et bien je veux leur garantir le droit d'accueil des enfants dans les écoles les jours de grève", a encore plaidé le chef de l'Etat. "Les Français réfléchiront à tout cela, ils verront à qui il faut donner raison". Vendredi après-midi, le ministère de l'Education nationale a indiqué que les professeurs qui feront grève sans s'être déclarés grévistes 48 heures à l'avance s'exposeront à "des sanctions disciplinaires".
D'après agence
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