Le Teknival sur l'ancienne base militaire de Crucey-Villages, le 1er mai 2008 © LCIIls sont pour le moment 15.000, mais leur nombre pourrait grossir jusqu'à 50.000. Des milliers de teufeurs ont pris possession du site de l'ancienne base militaire de Crucey-Villages, en Eure-et-Loir et pour l'instant, "aucun incident majeur n'a été constaté", assurent les forces de l'ordre. L'ambiance est même "détendue", selon le préfet d'Eure-et-Loir, Jean-Jacques Brot. Voitures, camionnettes et parfois bus arrivent en continu sur le site après avoir, la plupart du temps, été contrôlés sur l'un des barrages de gendarmeries.
Dès jeudi matin, les premiers DJ ont commencé à faire rugir leurs murs d'enceintes tandis que la majeure partie d'entre eux commençaient juste à monter les leurs. "Il nous faut environ une demi journée afin que tout soit prêt", explique un groupe d'amis venus du Mans, dont le sound system se nomme Têtes à claques. Durant les quatre jours, ils doivent se relayer pour assurer en continue le flot de musique techno. "Chacun a amené ses enceintes, et l'on construit notre mur avec. On aura 20 kilos de puissance quand tout sera relié. Ça va bien claquer", se réjouit un membre du groupe. "Pour l'électricité, on s'est arrangé à louer un groupe électrogène pour 100 euros le week-end, alors que ça coûte 130 euros par jour normalement", affirme-il. Si la majorité des sounds system arrivent en amateurs, certains viennent s'implanter sur le site en professionnel.
"Un événement qui s'impose à nous"
C'est le cas de l'association Wavefarm de Tours qui a monté un véritable chapiteau de cirque. Les moyens techniques sont conséquents et l'organisation rodée. "Cela fait 15 ans que l'on fait du spectacle et que l'on anime des soirées", affirme celui qui se présente comme le turbo de l'association. "Toute l'année, on parcourt les routes en France et ailleurs. On vient ici pour proposer autre chose que de la techno. On souhaite inviter les teufeurs à l'éclectisme", selon lui. Plusieurs groupes sont d'ailleurs programmés sous le chapiteau pour des "live" avec instruments. Jusqu'en milieu de nuit, les teufeurs étaient toujours très clairsemés, simplement éclairés par le champ des effets laser et des phares des voitures qui circulent sur le tarmac de la base. Certains sounds system crachaient du son sans que personne ne s'y arrête, alors que les averses s'enchaînaient.
C'est la seconde fois que le teknival est organisé sur cette base militaire. Et ce choix fait polémique. En 2005 déjà, 45.000 fans s'étaient rejoints à Crucey-Villages, provoquant la colère du député-maire de Dreux, Gérard Hamel, qui a dit cette semaine se sentir "trahi" par Nicolas Sarkozy et la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie. "En 2005, quelques jours après le premier teknival qui s'était déroulé sur cette base de l'Otan à Crucey-Villages, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur à l'époque, m'avait promis qu'il n'y aurait plus jamais ce type de manifestation à cet endroit", a assuré l'élu. "Son message m'avait été relayé par Michèle Alliot-Marie. Elle m'avait indiqué que ce terrain militaire était stratégique et utilisé par l'armée". En tant que président de l'association des maires d'Eure-et-Loir, Gérard Hamel s'est dit "furieux et scandalisé".
D'après agence
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