"Un climat d'agression" à l'égard des enseignants

le 02 juin 2008 à 19h41 , mis à jour le 02 juin 2008 à 20h48

Les annonces du chef de l'Etat en matière d'éducation ont été accueillies avec méfiance par le PS et scepticisme par une partie de la communauté éducative.

Ecole classe enseignante élèves enfants primaire coursImage d'archives © TF1

Nicolas Sarkozy a tracé lundi les grands axes de la réforme des études au lycée ainsi que du recrutement des enseignants, deux chantiers accueillis de façon mitigée par la communauté éducative et fustigés par l'opposition. Le Parti socialiste a dénoncé "un climat d'agression continue à l'égard de la communauté éducative". "Après la suppression de 11.000 postes dans l'Education nationale, le président de la République et le gouvernement s'attaquent à la formation des enseignants, avec une logique, la suppression des 24.000 fonctionnaires stagiaires", a déclaré le député Bruno Le Roux lors du point de presse hebdomadaire de son parti. "C'est la liquidation de la formation professionnelle qui s'organise et cela suscite une vive inquiétude sur le recrutement futur, notamment pour la mixité sociale". Le président du PRG, Jean-Michel Baylet, a exprimé ses "nombreuses interrogations". Et le parti communiste a dénoncé "des économies sur le dos de la formation des enseignants".

L'Unsa-Education a dénoncé pour sa part "une vision gestionnaire du système éducatif", estimant qu'il s'agit "d'économiser quelque 30.000 emplois de stagiaires". Elle craint "un abandon de la formation professionnelle des enseignants". Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, a dit sur sur France Info "partager les objectifs" exprimés par Nicolas Sarkozy (réussite des élèves, lutte contre les inégalités, contre l'échec scolaire), "mais quand on y regarde de près, le problème c'est que le président continue à afficher et à faire un plaidoyer pro domo pour une politique dont je pense qu'elle ne va pas dans le sens de la réussite de tous les élèves".

"Un projet guidé par une logique d'économies budgétaires"

L'Unef (premier syndicat étudiant) a dénoncé aussi "un projet guidé par une logique d'économies budgétaires conduisant à la suppression des IUFM et au désengagement de l'Etat de la formation des enseignants". Selon le syndicat, "en confiant aux universités le soin de construire les futurs masters ouvrant aux concours de l'enseignement, le gouvernement fait le choix de liquider la formation professionnelle dispensée au sein des IUFM, au profit d'une formation strictement académique et disciplinaire".

Parmi les satisfaits des annonces du président : la Fage (deuxième organisation étudiante), a fait savoir qu'elle "approuve nettement les mesures annoncées par le président de la République". Et de détailler : "Sur le baccalauréat, nous estimons depuis longtemps qu'une réforme s'impose pour combler le fossé pédagogique qui demeure entre le lycée et l'enseignement supérieur (...) Sur la formation des enseignants, la Fage soutient le fait de rendre les concours accessibles au niveau Master". De même, la Conférence des présidents d'universités a salué le discours du chef de l'Etat, jugeant notamment "complètement logique" que les universités forment les enseignants.

D'après agence

le 02 juin 2008 à 19:41
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4 Commentaires

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  • clotiiilde, le 06/09/2011 à 20h14

    C'est vrai qu'en supprimant des milliers de postes d'enseignant, on favorise nettement les enfants. Quelle belle logique que d'obliger même certains villages à payer eux même un enseignant en primaire car les enfants devraient être plus d'une cinquantaine par classe. Je pense que dans des classes fondamentales comme le CP, à titre d'exemple, où l'enfant apprend à lire et à écrire, il est impensable d'imaginer ce genre de conditions d'étude. Je pense que vous réagiriez comme les enseignants si vous deviez vous occupez d'une classe d'enfant pleine à craquer, avec la responsabilité de dispenser un bon enseignement et les parents qui pensent que leurs enfants ont tout les droits.

  • Emmanuel66, le 02/06/2008 à 22h59

    Enfin de bonnes reformes pour l education nationale......il etait temps!!!! evidemment la gauche va s insurger.....

  • Pascal Oudot, le 02/06/2008 à 20h52

    Passé par l'école normale il y a bientôt trente ans, je serai un des derniers "hussards" de la République, ces femmes et ces hommes qui ont fait de ce pays une nation fière, éduquée, libre... Quand on se rendra compte de la dramatique erreur que sera la disparition d'une formation professionnelle adaptée pour le primaire, au bénéfice d'une formation universitaire superfétatoire, il sera comme de juste trop tard. Et cette nation aura sacrifié sur l'autel de son orgueil des générations d'élèves qui ne sont pas encore nés pour la plupart. Ita diis placuit...

  • André, le 02/06/2008 à 20h46

    Il y aurait peut-être agression si les enseignants Français étaient très bons, mais malheureusement l'éducation Nationale Française est considérée comme la plus mauvaise d'Europe. Nous sommes les derniers de la classe. Alors Mesdames et messieurs les enseignants, arrétez de ne penser qu' à votre petit confort personnel, et un peu plus à nos enfants.

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