L'école au coeur de la 7e Marche des fiertés homosexuelles

Par A.Z. avec agence, le 28 juin 2008 à 06h30 , mis à jour le 28 juin 2008 à 08h30

Pour que l'homosexualité ne soit plus un douloureux problème, la 7e édition de la Marche des fiertés prône samedi "une école sans aucune discrimination".

TF1 / LCI Le Marche des fiertés homosexuelles à Paris, le 30 juin 2007Le Marche des fiertés homosexuelles à Paris, le 30 juin 2007 © LCI

Pour vivre heureux, ne vivons plus cachés. Samedi, la 7e édition de la Marche des fiertés lesbiennes, gay, bi et transsexuelles réunit mixité, politique, débat, électro, musette et bien sûr bonne humeur. Cette manifestation haute en couleur prône l'égalité et la tolérance pour toutes les orientations sexuelles et les identités de genre. C'est à la fois un rassemblement festif et politique. Cette année la Gay Pride française a choisi de mettre l'Ecole au premier plan : "Pour une école sans aucune discrimination", prône cette année le mot d'ordre fédérateur.
 
Ce thème, moins politique que les années précédentes s'inscrit dans un contexte moins favorable aux idées portées par les associations. "Nicolas Sarkozy a clairement dit qu'il s'opposait au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels, mais il a laissé des ouvertures sur la question des discriminations", a expliqué Alain Piriou, porte-parole de l'Interassociative lesbienne, gay, bi et transsexuelle (Inter LGBT, qui réunit 60 associations). "Plutôt que de s'arc-bouter sur les questions où nous sommes en opposition avec la majorité, nous préférons ne pas perdre de temps et travailler sur les thèmes qui peuvent faire consensus", a-t-il poursuivi.
 
Mais si le message diffusé cette année parait moins virulent, il prend en compte une réalité sociale décisive pour de nombreux jeunes homosexuels. En effet, ce choix de l'Ecole s'est fondé sur deux constatations nécessitant de traiter le problème à sa racine. Premièrement, "dans les affaires d'homophobie, une des caractéristiques est d'avoir des agresseurs souvent très jeunes, de 20 ans ou moins. Quelque chose n'a pas été fait en matière de prévention des comportements discriminatoires", selon M.Piriou. Deuxièmement, "les jeunes homosexuels se suicident 13 fois plus que les hétérosexuels et 32% des homosexuels de moins de 20 ans ont fait une tentative de suicide", ajoute Philippe Castel de la FSU, principal syndicat enseignant. "Un quart des tentatives de suicide des garçons de 15 à 25 ans et 10% des filles du même âge sont très liés à un problème d'homosexualité dont ils ne peuvent parler qu'à la suite de ce geste", précise Dominique Versini, Défenseur des enfants, dans son rapport 2007.  
 
Les revendications concrètes en jeu : "Nous ne demandons pas de loi mais des actions de terrain de formation et des outils d'intervention auprès des jeunes. Si des choses se font dans les lycées, il y a un point de blocage avec le ministère de l'Education pour les collèges", a expliqué M.Piriou. Le ministre de l'Education n'est pas resté sourd à ce cri d'alarme des associations : mercredi, dans un entretien à Libération, Xavier Darcos a formulé le souhait que "tout élève qui pourrait subir des vexations, voire des violences liées à son orientation sexuelle soit protégé", soulignant " l'omerta qui entoure l'homophobie à l'école".
 
Cette déclaration d'intention ne restera pas lettre morte si l'on en croit la circulaire de rentrée 2008 du ministère qui mentionne pour la première fois explicitement la lutte contre l'homophobie.  M. Darcos entend "rendre systématique à la rentrée l'affichage de la ligne Azur (0 810 20 30 40, pour les questions sur l'identité sexuelle) dans les lycées". De plus, la brochure "Homophobie: savoir et réagir", à destination des enseignants et professionnels, sera disponible au sein de tous les établissements. 
 
Les organisateurs espèrent rassembler plusieurs centaines de milliers de personnes, à la hauteur des 600.000 réunies en 2007. Les prochaines Marche des Fiertés auront lieu à Bordeaux et Marseille le 5 juillet.

 

Le programme de la journée

13h00 : Rassemblement et formation du cortège place Denfert-Rochereau.
 
14h00 : Départ. Passage par l'avenue Denfert-Rochereau, l'avenue de l'Observatoire, le boulevard Saint-Michel et le boulevard Saint-Germain. Puis, traversée du pont de Sully où les marcheurs sont invités à payer l'"octroi", seule source de financement de l'Inter-LGBT, association non subventionnée. Suite du parcours sur le boulevard Henri IV
 
15h00 : Installation du podium FG>DJ Radio.
 
16h30 : trois minutes de silence contre le sida : En France, un gay sur cinq est séropositif.
 
17h30: Arrivée du cortège à Bastille.
 
Soirées spéciales filles et spéciales garçons organisées en divers endroits.


Plus d'informations sur le site de la Gay Pride : http://www.gaypride.fr/

Par A.Z. avec agence le 28 juin 2008 à 06:30
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3 Commentaires

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  • Thesse, le 28/06/2008 à 13h52

    C'est désolant!!! Vraiment et au risque de me faire insulter, contredire, bafouer ect j'assume. Cependant je suis contre l'homophobie et toute sorte de violence ou de haine à l'encontre des personnes.

  • Liliane, le 28/06/2008 à 13h12

    L'idée c'est donc d'apprendre aux gamins que l'homosexualité est incontournable et même souhaitable ! eh ben c'est avec des idées comme çà qu'ils vont s'attirer la sympathie..... au contraire çà fout la trouille !

  • Laurent, le 28/06/2008 à 12h05

    Alors quoi, pas encore de commentaires directement tirés du moyen age qui règne dans les cerveaux de certains lecteurs ici ? étonnant...

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