Les militaires répètent le défilé du 14 juillet à VillacoublaySuivez en direct, mardi à 11 h, sur lci.fr le discours de Nicolas Sarkozy sur le Livre banc
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Après dix mois de gestation, le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale est prêt. Il sera présenté mardi matin par le Chef de l'Etat à quelque 3000 militaires, gendarmes et policiers réunis porte de Versailles, à Paris. Mais on en connaît d'ores et déjà les grandes lignes.
54 000 EMPLOIS SUPPRIMES
Les armées vont être confrontées à une cure d'amaigrissement sans précédent dans les prochaines années. Quelque 54.000 des 320.000 postes civils et militaires de la Défense seront supprimés dans les 6 ou 7 prochaines années. Les effectifs des seules armées seront ramenés de 271.000 à 224.000 personnes (-47.000).
L'armée de l'Air sera la plus touchée avec une réduction de 24% de ses troupes, suivie de l'armée de Terre avec 17% puis de la Marine avec 11%. Les quelque 7.000 autres suppressions de postes affecteront la Délégation générale pour l'armement (DGA), commanditaire des programmes d'armement, et le Secrétariat général pour l'administration (SGA) de la Défense. L'objectif est de tendre vers une inversion du ratio forces de soutien/forces opérationnelles, actuellement de 60% pour les premières, 40% pour les secondes. L'Etat s'est engagé à réinvestir intégralement les économies ainsi réalisées dans la remise en condition des matériels de l'armée.
Concernant la refonte de la carte militaire, il faudra attendre début juillet pour connaître quelles seront les bases ou sites supprimés.
VOLUME OPERATIONNEL
Le "contrat opérationnel" de l'armée de Terre est ramené à 30.000 hommes déployables en six mois et pour un an jusqu'à 7 à 8.000 km de la métropole (contre 50.000 aujourd'hui). Mais une
nouvelle force de 10.000 hommes est prévue en cas de "crise majeure" sur le territoire national. De même, une force de 5.000 hommes pourra être mobilisée pour des opérations extérieures ponctuelles, comme l'évacuation de ressortissants.
LE RENSEIGNEMENT : PRIORITE N°1
Erigé en "fonction" stratégique, le renseignement est l'enfant chéri du Livre blanc. Symbole de cette place de choix : la fonction "connaissance et anticipation" rejoint les quatre piliers actuels de la Défense (dissuasion, protection, prévention et intervention). Le spatial militaire bénéficiera notamment d'un sérieux coup de pouce avec le doublement des crédits qui lui sont consacrés d'ici à 2020 (380 millions d'euros en 2008). Les "capteurs" seront privilégiés, imagerie ou écoutes (satellites, capteurs embarqués à bord d'avions, drones, stations terrestres, navires...).
Autre innovation majeure, en juillet, Bernard Bajolet, un ambassadeur de 59 ans rompu aux missions sensibles, de Bagdad à Alger, deviendra le premier "coordonnateur national du renseignement" auprès de Nicolas Sarkozy. Outre ce coordonnateur, un Conseil national du renseignement, présidé par le chef de l'Etat et à la table duquel siègeront ministres et patrons des services orientera l'activité des quelque 12.000 hommes et femmes de l'ombre que compte la République. Quant à la formation des futurs agents, elle sera assurée par une "académie du renseignement" pour le compte de l'ensemble des services, militaires ou civils.
377 MILLIARDS D'EUROS POUR MODERNISER L'ARMEE
Le Livre blanc a fixé les crédits de la Défense à 377 milliards d'euros pour la période 2009-2020.
En termes de grands équipements, la décision de construire ou non un second porte-avions, d'un coût évalué à 3,5 milliards d'euros, est reportée à 2011-2012, comme l'avait annoncé le président Nicolas Sarkozy fin mai.
Pour le reste, les armées disposeront de 250 chars Leclerc, 300 avions de combat (Rafale et Mirage 2000-D modernisés), 18 frégates dites de "premier rang" (susceptibles d'intervenir en première ligne dans un conflit). Mais surtout, le nombre de sous-marins nucléaires restera inchangé avec quatre sous-marins porteurs de missiles nucléaires et six sous-marins d'attaque.
La priorité étant donnée aux moyens de transport aéroportés (A400M, avions ravitailleurs et hélicoptères) ainsi qu'aux ravitailleurs, des programmes comme le Rafale ou les frégates multimissions (FREMM) "pourraient être étalés dans le temps", explique l'Elysée.
PRESENCE MILITAIRE A L'ETRANGER
Le centre de gravité de la présence militaire française à l'étranger devrait se déplacer de l'Afrique noire vers un arc de crise allant de l'Atlantique à la Méditérannée, au Golfe et à l'océan Indien. Ce mouvement se traduira par la fermeture de bases françaises à l'étranger dont la liste n'est pas encore arrêtée. On évoque aussi la création d'une base à Abou Dabi.
OTAN ET EUROPE DE LA DEFENSE
Le Livre blanc préconise une pleine participation de la France aux structures de l'Otan à l'exception de son Groupe des plans nucléaires, souveraineté de la dissuasion oblige. Dans le même temps, la France, qui s'apprête à prendre la présidence de l'UE, entend poursuivre la construction de l'Europe de la Défense avec des mesures comme un "net" renforcement des "capacités de planification et de conduite" des opérations militaires de l'Union européenne.
Les Français divisés sur la question des crédits alloués |
Selon un sondage Ifop pour Le Monde et Acteurs Publics, les Français se montrent divisés sur la question des crédits alloués par la France à la Défense nationale, 42% trouvant l'effort budgétaire "ni trop, ni pas assez important" mais 34% le jugeant "trop important". A l'inverse, 22% des Français considèrent que la France ne consacre pas assez d'argent à la Défense. |
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