© SXC.HULa magistrate du tribunal de grande instance de Lille, dont la décision d'annuler un mariage parce que l'épouse avait menti sur sa virginité a suscité une vague de protestations dans toute la France et une querelle polémique qui n'est toujours pas close, a reçu "des lettres de menace", a affirmé dimanche Rachida Dati. La ministre de la Justice, qui était invitée sur Canal+, a regretté en faisant cette annonce un "emballement" autour de cette affaire. Le procureur de la République a précisé que "la magistrate a déposé plainte pour outrage à magistrat" et qu'une "enquête est en cours".
Sur le fond du dossier, Rachida Dati a demandé cette semaine au parquet de faire appel de ce jugement alors qu'elle avait estimé d'abord qu'il pouvait être un moyen de "protéger" les personnes. "Je n'ai pas changé d'avis", a insisté sur Canal+ la garde des Sceaux. "J'ai fait appel pour que les avocats puissent étayer leurs conclusions, leurs demandes", a-t-elle expliqué en soulignant également que la procédure d'appel prévoit "qu'il y aura trois magistrats (et non plus un seul, ndlr) qui rendront une décision plus circonstanciée".
"Pas un acte de soumission mais de libération"
La ministre a répété par ailleurs que cette décision avait pour but de "protéger" l'épouse. Sur le fond du dossier, Rachida Dati a expliqué que "ce n'est pas la non-virginité qui a impliqué l'annulation du mariage. C'est qu'il y a eu mensonge", en vertu de l'article 180 du Code civil qui permet l'annulation du mariage en cas d'erreur "sur les qualités essentielles de la personne".
Rejetée par son mari après qu'il eut découvert lors de leur nuit de noces, le 26 juillet 2006, qu'elle n'était pas vierge, l'épouse avait accepté - après s'y être opposée - l'annulation voulue par son époux, devant la crainte d'une procédure trop longue. Son "acquiescement" à cette annulation "n'était pas un acte de soumission mais de libération", a souligné depuis l'avocat de la jeune femme.
D'après agence
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