Des sans papiers font la queue au commissariat du XIVe en vue d'être régularisés. Juillet 2006. © TF1/LCITout commence mercredi après-midi à Montreuil. Peu avant un rassemblement prévu devant un foyer de travailleurs étrangers pour dénoncer des "rafles" de sans-papiers, une personne en situation irrégulière est interpellée. Une manifestation pour réclamer sa libération s'improvise devant le commissariat de cette ville de Seine-Saint-Denis. Dans la soirée, elle dégénère.
Vers 19 heures, une première charge de police sur une soixantaine de militants du "collectif anti-rafles" est suivie d'autres charges jusqu'à 23 heures, le groupe de manifestants se renforçant au fur et à mesure. A plusieurs reprises, la police fait usage de flash-ball. Selon la police, un policier et un manifestant interpellé sont légèrement blessés. Vers 23 heures, la situation s'apaise progressivement.
"Une politique arbitraire, une sorte de loterie"
Pendant plusieurs heures, la sénatrice-maire Dominique Voynet (Verts), accompagnée de plusieurs élus, écharpes tricolores sorties, s'interpose et réclame la libération des personnes arrêtées. Peu après minuit, une centaine de personnes attendaient la sortie, annoncée par Dominique Voynet à l'issue d'une entrevue avec le directeur de la Sécurité publique de Seine-Saint-Denis, de six personnes placées en garde à vue pour "délit d'entrave" et "refus de se disperser après sommation".
Pour deux autres manifestants, un sans-papiers soupçonné d'avoir frappé un policier, et un jeune homme qui aurait jeté un projectile, la garde à vue devait se prolonger, selon la maire. Ces incidents ont donné lieu à des dégradations à proximité du commissariat et de la mairie, dont des feux de poubelles pendant plusieurs heures à cent mètres du commissariat.
Selon Dominique Voynet, la situation s'est radicalisée parce que "depuis plusieurs semaines, la police multiplie les arrestations de sans-papiers". Jeudi sur France Inter, elle a dénoncé "une politique arbitraire, une sorte de loterie" dans ces interpellations. "Pendant que les forces de police sont mobilisées pour aller pêcher au hasard dans la foule des sans-papiers, elles ne sont pas suffisamment présentes dans nos quartiers où on a aussi besoin d'elles", a-t-elle déploré. Evoquant le cas de salariés sans-papiers "qui travaillent parfois depuis 15 ans en France", elle a dénoncé le fait que d'un côté on tienne "un discours assez ouvert qui donne à penser que le dialogue s'est instauré" alors que "de l'autre côté (il y a) une vraie difficulté à régulariser ces gens qui sont là et dont on sait très bien qu'ils ne repartiront pas".
(D'après agence)
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