Nicolas Sarkozy, le 10 mai 2008 © LCISuivez dès 16 heures sur LCI.fr l'intervention de Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy fête ce lundi le bicentenaire du décret de 1808 fondateur du système éducatif français en recevant à l'Elysée les recteurs et inspecteurs d'académie, inspecteurs généraux et présidents d'université. Le chef de l'Etat évoquera à cette occasion les réformes de l'Education nationale, menées depuis un an ou à venir, avant un déplacement en province sur ce thème jeudi prochain. Selon son entourage, il réaffirmera que l'éducation est pour lui une "priorité absolue", au moment où il est confronté à un nouveau mouvement de mécontentement des enseignants, qui protestent notamment contre les réductions de postes.
Nicolas Sarkozy devrait évoquer la réforme de la formation des enseignants, pour laquelle des propositions seront faites avant l'été, dit-on à la présidence de la République. Le gouvernement souhaite que les enseignants soient recrutés au niveau du mastère (bac + 5), autrement dit après une année d'université supplémentaire, ce qui permettra de mieux payer les professeurs en début de carrière. "C'est l'université qui assurera la formation des enseignants, avec, à terme, la disparition des IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres)", explique l'entourage du chef de l'Etat.
Diviser par trois l'échec scolaire d'ici 2012
Le président et le gouvernement affirment d'autre part vouloir remédier à un double constat : le système éducatif français est aujourd'hui à la traîne par rapport à d'autres pays développés et prépare mal les élèves à l'enseignement supérieur. Si 64% d'une classe d'âge a le baccalauréat au lieu de 20% avant 1968, cette démocratisation de l'enseignement a en partie manqué sa cible, fait valoir l'Elysée : seulement 40% des enfants d'ouvriers accèdent à l'enseignement supérieur en France, contre 80% des enfants de cadres supérieurs. Et 15% des élèves sortent du primaire avec des lacunes telles qu'ils auront beaucoup de mal à les rattraper et qu'ils se retrouvent sur une "trajectoire d'échec".
"Nous avons deux objectifs : l'amélioration de la performance globale de l'appareil éducatif et la démocratisation réelle de notre école", explique l'entourage de Nicolas Sarkozy, qui veut diviser par trois l'échec scolaire d'ici 2012. Pour y parvenir, le gouvernement entend réorganiser le temps scolaire en réduisant de 26 à 24 le nombre d'heures de cours en primaire pour dégager deux heures de soutien personnalisé pour des petits groupes d'élèves et mettre en place un accompagnement éducatif après 16 h. Cet accompagnement éducatif, qui existe actuellement dans 20% des collèges, serait généralisé à partir de septembre 2008 à tous les collèges et aux écoles de l'éducation prioritaire. Le suivi de l'enseignement primaire sera renforcé, avec deux évaluations, en CE1 et en CM2, des inspections plus nombreuses, tandis que les nouveaux programmes seront "plus simples, plus clairs, plus lisibles, centrés sur les fondamentaux - français, maths, sports".
Dans le secondaire, le baccalauréat professionnel en trois ans sera mis en place en 2009, ce qui permettra de revaloriser cette filière. "Cela répond à un besoin de notre économie, car nous n'avons pas suffisamment de techniciens spécialisés", souligne la présidence de la République. Pour les autres filières, "il faut aller vers un lycée plus diversifié, où les élèves se préparent davantage à l'enseignement supérieur". Une nouvelle seconde sera mise en place en 2009 et un bac nouvelle formule en 2012. Le gouvernement entend aussi continuer à assouplir la carte scolaire et améliorer le système d'orientation, avec trois entretiens au lycée, en 3ème, 1ère et Terminale. Nicolas Sarkozy réaffirmera enfin son souhait de renforcer l'accueil des handicapés en milieu scolaire ordinaire.
D'après agence
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