Image d'archives © TF1Elle est celle dont la virginité fait débat depuis une semaine. Celle dont l'hymen est devenu une affaire nationale. Celle dont tout le monde évoque le mariage annulé parce qu'elle n'était plus vierge. Elle, cette jeune femme de 23 ans, qui veut rester anonyme malgré le tollé suscité depuis une semaine par son histoire. Ou quand un tribunal reconnaît la virginité comme "qualité essentielle".
Cette décision du TGI de Lille, qui date d'il y a deux mois lui avait apporté "du soulagement", selon les mots son avocat, Me Charles-Edouard Mauger. Depuis, il y a eu polémique et son avalanche de réactions d'indignation : dans le monde associatif, dans le monde politique. Mardi, le procureur de Lille a fait appel, comme le lui avait demandé sa ministre de tutelle, Rachida Dati. Et depuis, toujours selon son avocat, l'ex-épouse se sent "très, très mal".
"C'est très difficile"
"Que l'on puisse faire appel du jugement alors que je n'ai rien demandé me révolte". Depuis le début de l'affaire, la jeune infirmière ne disait rien voulant juste vivre sa vie tranquillement quelque part en région parisienne. Dans le Nouvel Observateur publié cette semaine, réfugiée derrière l'anonymat, la jeune femme raconte pour la première fois son histoire, son point de vue. "Entendre tout le monde parler de moi, c'est très difficile", confie-t-elle à l'hebdomadaire. "Depuis le début, je subis tout dans cette histoire".
Son histoire, c'est celle d'une jeune femme de confession musulmane dont le tout nouvel époux, un ingénieur d'une trentaine d'années, musulman comme elle, découvre le soir des noces qu'elle n'est plus vierge et qui demande l'annulation pure et simple du mariage s'estimant bafoué par la tromperie de sa jeune femme. "Il m'a expliqué qu'il ne pouvait pas bâtir une union solide sur du mensonge", raconte l'avocat du marié Me Labbé. C'était il y a presque deux ans. Il la voulait pure. Elle le pensait gentil et intelligent. La jeune femme consent à faire effacer ce mariage.
"J'allais me planter des années avec ce type"
Si le motif de l'annulation, son rejet pour non-virginité, reste une meurtrissure pour la jeune femme, selon son avocat cité par Le Nouvel Observateur, l'officialisation de la décision il y a deux mois la libère. "J'allais me planter des années avec ce type", confie la jeune femme au newsmagazine. "'j'ai ma vie à reconstruire. Je n'ai pas à être victime du système politique (...). Je comprends la polémique mais elle absorbe ma vie'", dit-elle aussi à son avocat.
Avec l'appel du parquet de Lille, les deux ex-époux devraient bientôt se voir notifier une nouvelle audience civile devant les magistrats de la cour d'appel. Il y sera de nouveau question de savoir si la virginité peut être considérée comme qualité essentielle. Il y sera de nouveau question de l'hymen de la jeune femme.
Référé pour éviter l'enregistrement à l'état civil |
Le procureur de Lille a demandé en urgence que ce jugement d'annulation ne soit pas exécuté, c'est-à-dire ne soit pas enregistré à l'état civil. "L'arrêt de l'exécution provisoire" du jugement d'annulation rend notamment impossible un nouveau mariage de l'un ou l'autre des ex-époux. En cas de nouvelle union, la cour d'appel de Douai ne pourrait plus que confirmer l'annulation du premier mariage, car sinon il y aurait bigamie, a-t-on expliqué de même source. Pour éviter cette hypothèse, le procureur de Lille Philippe Lemaire a assigné les parties en référé pour demander l'arrêt de l'exécution du jugement d'annulation rendu le 1er avril par le tribunal de Lille. Cette demande sera examinée le 12 juin par le premier président de la cour d'appel de Douai. Le procureur de Lille a agi après que l'avocat de l'époux, Me Xavier Labbée, a demandé lundi aux services de l'état civil de la mairie de Mons-en-Baroeul (Nord) - où l'union a eu lieu - de transcrire le jugement d'annulation du mariage. |
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