Une caisse de supermarché © TF1/LCIPierre-Damien Kitenge, agent de sécurité du centre commercial Carrefour de Charenton-le-Pont, de nationalité française, avait porté plainte le 26 avril pour diffamation et injure à caractère racial après s'être fait, dit-il, traiter de "sale noir" et de "sans-papiers" par Gautier Béranger, adjoint du secrétaire général du ministère de l'Immigration, en charge de la communication interne. Les faits s'étaient passés, selon lui, au moment où il avait demandé ses papiers d'identité au fonctionnaire du ministère afin de procéder à des vérifications lors d'un paiement par chèque, s'agissant d'une somme supérieure à 250 euros.
Face aux accusations, Gautier Béranger dément "formellement avoir prononcé une quelconque injure, de surcroît à caractère raciste" à l'encontre du plaignant. Son avocat, Me Mathieu Davy, a souligné l'existence de "témoignages concordants" en faveur de son client. L'enquête, confiée à la brigade de répression de la délinquance à la personne, est toujours en cours. Mais depuis qu'elle est lancée, le vigile affirme subir des pressions pour retirer sa plainte. "Le directeur du magasin Carrefour dans lequel je travaille m'a dit : Vous nous mettez dans le pétrin, M. Béranger est un haut placé et je ne veux pas d'un contrôle inopiné", a-t-il notamment confié à un journaliste de Africa n°1. Et il assure que les membres du personnel qui comptaient témoigner pour lui ont subi des pressions semblables.
"Affaire Kitenge, on veut la vérité"
Face à ces accusations de pressions, SOS Racisme a manifesté samedi devant le centre commercial pour rappeler les témoins éventuels à se faire connaître. Les quelque 70 militants de SOS Racisme (une trentaine selon la police) ont bloqué une partie des caisses pendant environ 20 minutes en scandant "Affaire Kitenge, on veut la vérité". Selon Dominique Sopo, le président de SOS Racisme, "il règne sur ce lieu une ambiance qui n'est pas propice aux témoignages des gens, la situation est ubuesque car personne n'a rien vu et rien entendu. Les témoins sont des éléments essentiels dans cette histoire et c'est un devoir de citoyen de participer à la manifestation de la vérité".
Dans cette affaire, SOS Racisme a déjà déposé plainte contre X le 20 mai pour subornation de témoins. Dans son communiqué, l'association jugeait alors qu'il "semble clair que des pressions ont été effectuées sur des personnes susceptibles d'apporter des confirmations au récit" du vigile.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





