Visite mouvementée pour Fillon dans un lycée parisien

le 02 juin 2008 à 11h51 , mis à jour le 02 juin 2008 à 13h56

En déplacement dans un établissement du XIVème arrondissement avec Xavier Darcos et Rachida Dati, le Premier ministre a trouvé un comité d'accueil houleux.

Lycéen arrêté lors de la visite de François Fillon au lycée parisien Paul-Bert (2 juin 2008)Lycéen arrêté lors de la visite de François Fillon au lycée parisien Paul-Bert (2 juin 2008) © TF1/LCI

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Les images de la visite mouvementée des ministres
 

François Fillon et deux membres de son gouvernement, Xavier Darcos et Rachida Dati, ont effectué lundi matin une visite dans un lycée parisien largement perturbée par des manifestants. Les trois ministres se rendaient au lycée Paul-Bert, dans le XIVème arrondissement, pour une visite sur le thème de prévention contre la drogue en milieu scolaire. Avant même leur arrivée, quelque 150 personnes (lycéens et parents d'élèves) manifestaient à proximité du lycée, la rue étant barrée par les forces de l'ordre.

Trois adolescents ont été interpellés par les forces de l'ordre alors qu'ils tentaient de franchir un barrage, dans une ambiance très tendue. Selon une source policière, un officier de gendarmerie a été "sérieusement blessé à la main" lors des échauffourées. L'un des lycéens était porteur d'une arme blanche, selon la même source, qui a précisé que les trois jeunes avaient été interpellés pour violence sur agent de la force publique. Selon un responsable de Sud lycéen, Aurélien Boudon, une partie des manifestants avait fait une chaîne humaine pour bloquer le passage aux ministres. Lors de l'intervention des forces de police pour "déchaîner" les manifestants, des policiers ont donné des coups de matraques, selon lui.

"Une provocation"

Les manifestants distribuaient des tracts intitulés "madame et messieurs les ministres vous n'êtes pas les bienvenus". "Nous ne cessons de réclamer des moyens", déclarent-ils, dénonçant "une dotation horaire amputée", "des heures supplémentaires qui alourdissent la charge de travail des enseignants" et le manque de surveillants. "On a appris leur venue (des ministres, NDLR) il y a trois jours seulement. Ça trouble la sérénité de l'établissement. C'est une provocation", a déclaré Elisabeth Coutrot, parent d'élève FCPE de l'établissement. L'Union nationale lycéenne a dénoncé "la répression policière". "Venant de personnes qui ont organisé pendant trois mois la confusion dans les établissements, c'est presque comique", a répliqué devant la presse Xavier Darcos. "C'est assez habituel pour moi qui ait été ministre de l'Education d'avoir des comités d'accueil. La police est là pour faire régner l'ordre, les manifestations ne sont pas une façon de régler les sujets", a pour sa part déclaré François Fillon.

Les membres du gouvernement ont ensuite poursuivi leur visite de l'établissement, avec notamment un débat d'une trentaine de minutes avec des élèves, des représentants de parents et un psychiatre. Avant de quitter l'établissement, sous les huées des manifestants, qui scandaient : "C'est pas les immigrés, c'est pas les sans-papiers, c'est le gouvernement qu'il faut virer", ou "libérez nos camarades".

"La venue du gouvernement, qui stigmatise ce lycée, intervient en pleine période de révisions. Elle s'apparente à une véritable provocation à l'heure où la communauté scolaire se mobilise à juste titre contre des coupes du budget de l'Education nationale", a accusé le maire socialiste de l'arrondissement, Pierre Castagnou. Pour lui, "l'opération du Premier ministre et des ministres de la Justice et de l'Education nationale a tourné au fiasco".

D'après agence

le 02 juin 2008 à 11:51
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