L'arme aurait dû exploser

Par , le 02 juillet 2008 à 17h46 , mis à jour le 02 juillet 2008 à 18h12

Eclairage - L'arme avec laquelle le sergent du 3eRPIMa de Carcassonne a tiré involontairement des balles réelles sur la foule aurait normalement du exploser en raison de la présence d'un bouchon sur le canon.

Carcassonne fusillade vidéoImage extraite d'une vidéo amateur filmée lors de la fusillade © DR

Suite au drame de Carcassonne, où 17 personnes ont été blessées lors d'une démonstration au 3eRPIMa, LCI.fr a reçu plusieurs alertes d'internautes, se disant anciens militaires, et nous faisant part de leurs doutes sur les conditions dans lesquelles le sergent à l'origine des tirs à balles réelles avait manipulé son arme. Ces ex-militaires expliquent ainsi que pour tirer des cartouches à blanc "il est indispensable d'obturer une partie du canon pour avoir un réarmement du coup suivant".

ette obturation se fait à l'aide d'un BTB, un bouchon de tire à blanc en métal, "très visible au bout de l'arme". Un internaute poursuit : "il est impossible de tirer des balles réelles lorsque ce bouchon est présent sur l'arme", sinon "cela occasionne l'explosion du fusil". Des messages qui sous-entendent donc que le sergent mis en examen pour "homicide involontaire" aurait forcément retiré le bouchon avant de mettre les balles réelles, puisque l'arme n'a pas explosé.
 
Contacté par LCI.fr, le colonel Testu, du service de communication de l'armée de Terre confirme ce fonctionnement de l'arme. "Les munitions d'exercice ne contiennent que de la poudre. Quand il y a tir, la poudre se consume, cela créé des gaz qui par pression favorisent le mécanisme de réarmement. La mise en place d'un bouchon de tir à blanc renforce la compression de ces gaz, ce qui permet de tirer des rafales en automatique. Lorsque des balles réelles sont utilisées, en revanche, il n'y a pas besoin de ce bouchon car la pression est suffisante". Mais, surtout, explique le colonel Testu, si ce bouchon est maintenu, "normalement, cela provoque la rupture du canon, voire la destruction totale de l'arme et le militaire est forcément grièvement blessé".

La couleur des balles
 
D'après les premiers résultats de l'enquête, le militaire aurait donc eu, contrairement aux victimes, beaucoup de chance. "Le bouchon de tir à blanc était bien présent sur l'arme au moment des tirs à balles réelles, affirme sur LCI.fr Brice Robin, le procureur de la République de Montpellier. La vidéo de la démonstration militaire est très claire. On voit le BTB présent sur l'arme lors des tirs à blanc, puis on le voit exploser en deux fois avec les tirs réels. C'est sans appel", insiste le procureur, ajoutant au sujet du militaire : "ce qui l'a sauvé lui c'est que le bouchon s'est fragmenté en deux coups au lieu de résister".
 
Du côté des enquêteurs, on souhaite également tourner le cou à une autre rumeur selon laquelle on ne peut pas confondre les deux types de balles : réelle ou à blanc. "Avant c'était vrai, mais aujourd'hui c'est faux. Ces balles ont un cylindre de la même couleur et un diamètre identique. Seule la taille de l'ogive varie... de 1 mm !", "c'est d'ailleurs pour cela que l'on peut retrouver ces deux types de balles dans un même chargeur".

Par Alexandra Guillet le 02 juillet 2008 à 17:46
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience