Al-Assad et Betancourt s'invitent au défilé

le 13 juillet 2008 à 06h00 , mis à jour le 13 juillet 2008 à 22h44

Le président syrien et l'ex-otage vont assister lundi matin au traditionnel défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées, à Paris.

Les militaires lors du défilé du 14 juillet 2007Les troupes à pieds, soit 4224 militaires et policiers ont descendu les Champs Elysées © TF1/LCI

Un défilé sans précédent du point de vue du nombre de chefs d'Etat et de gouvernement présents dans la tribune officielle. Lundi matin, le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées à Paris s'annonce exceptionnel. Dans la tribune officielle notamment, tous les participants au sommet de l'Union pour la Méditerranée réuni la veille, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Invité controversé, le président syrien Bachar al-Assad assistera également au défilé, mais sa présence sous le dais géant bleu-blanc-rouge de la tribune officielle est loin de faire l'unanimité, à gauche mais aussi dans la majorité anti-syrienne au Liban ainsi que parmi les anciens Casques bleus.

Ceux-ci dénoncent "une atteinte à la mémoire" des 58 soldats français tués le 23 octobre 1983 dans l'attentat du Drakkar à Beyrouth, au Liban. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a lui-même confié que la présence de Bachar al-Assad ne le "remplit pas d'aise" mais qu'il est "important de parler avec des gens qui s'opposent". Jacques Chirac, proche de la famille de l'ex-Premier ministre libanais assassiné Rafic Harari, boudera quant à lui le défilé, comme il l'avait fait l'an dernier, malgré la présence d'Ingrid Betancourt, qui devrait figurer aux côtés de Nicolas et de Carla Sarkozy, douze jours après avoir été exfiltrée de la jungle colombienne.

Les Casques bleus en tête

Après le défilé aérien, le défilé des "troupes à pied" sera ouvert par les Casques bleus. Un premier contingent de soldats de la paix, porteurs du béret "bleu Onu", sera constitué d'éléments déployés à Chypre, dans le Golan ou au Liban. Il sera suivi d'un second contingent formé de soldats français de la Finul. Leur présence prendra une valeur particulière, tout juste un quart de siècle après l'attentat du Drakkar dans lequel nombre d'observateurs avaient vu la main des services secrets syriens. Un traumatisme encore bien présent en France, comme en témoignera sur les Champs Elysées la 46ème promotion de l'École militaire interarmes, baptisée du nom de l'un des soldats tombés dans cet attentat, le lieutenant Antoine de la Bâtie.

Au chapitre militaire, sept parachutistes seront, si la météo le permet, largués d'un hélicoptère avec un saut qui doit s'achever au pied de la tribune présidentielle, place de la Concorde. La fête pourrait cependant être ternie par l'actualité. Les militaires attendent fiévreusement les dizaines de suppressions de régiments et de bases décidées en haut lieu, et se remettent tout juste du drame de Carcassonne. Les rangs bruissent aussi de rumeurs sur l'enquête visant Surcouf, un groupe d'officiers anonymes ayant critiqué le Livre blanc sur la Défense signé par le président Sarkozy.

8000 policiers mobilisés

Huit mille policiers et gendarmes seront mobilisés lundi à Paris pour le défilé du 14 juillet. "Dans le cadre du plan vigipirate, les forces de police ont reçu des consignes d'extrême vigilance afin d'assurer le bon déroulement du défilé militaire puis de l'ensemble des traditionnelles festivités de la journée du 14 juillet", a indiqué la Préfecture de police dans un communiqué. En 2007, quelque 5000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés pour le défilé.

(D'après agence)

le 13 juillet 2008 à 06:00
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1 Commentaires

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  • Anne, le 13/07/2008 à 11h35

    Sarkozy continue de provoquer de manière frontale l'Armée Française en invitant al Assad, alors que même Bernard Kouchner est contre. Un président de la République se doit en principe d'être respectueux de son armée, mais non, à force d'agir ainsi, la crise de confiance déjà bien amorcée sera totale, il y aura un "clash", et les conséquences seront très graves.

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