© TF1/LCIPas plus que l'année dernière, il n'y aura de grâces collectives à l'occasion du 14 juillet. Pendant la campagne, puis depuis son élection, Nicolas Sarkozy l'a maintes fois répété : il est opposé par principe à un droit qu'il juge "quasi-monarchique". 2008 ne fait donc pas exception. Samedi, dans Le Figaro, Rachida Dati l'a confirmé. "Le président de la République l'avait annoncé pendant sa campagne présidentielle. Il a mis en œuvre sa promesse l'an passé. Il n'y a aucune raison que ça change cette année", a déclaré la Garde des Sceaux. Fin avril, Nicolas Sarkozy a toutefois annoncé qu'il étudiait une demande de grâce - individuelle - de l'ex-préfet du Var Jean-Charles Marchiani.
Mais alors, comment désengorger les prisons ? Car jusqu'à présent, la France profitait de la période estivale, souvent tendue dans les cellules, pour désengorger les prisons au moyen des grâces présidentielles du 14 juillet. D'ailleurs, le taux d'occupation des prisons atteint des records. Passée de 52.000 détenus en 2000 à plus de 63.000 en 2008, la France a atteint en juin un nombre inégalé de personnes incarcérées - 63.848 - dans des prisons trop petites pour les accueillir - 50.807 places. Avec un taux d'occupation de 126%, les quelque 200 prisons hexagonales se situent au même niveau que l'Espagne et légèrement au-dessus de la Belgique et de l'Italie. Seuls le Royaume-Uni et les Pays-Bas affichent des densités inférieures à 100%.
Des "soupapes" pour évacuer la pression
Pour les syndicats, les grâces collectives du 14 juillet servaient donc de "soupapes", qui permettaient d'évacuer un peu la pression dans les prisons françaises. Pour trouver des alternatives, la France, présidente depuis le 1er juillet de l'Union européenne, a donc accueilli vendredi à Paris cinq directeurs d'administration pénitentiaire - de Belgique, d'Espagne, d'Italie, des Pays-Bas et du Royaume-Uni - pour évoquer leurs réponses à l'augmentation de la population carcérale. Face à ce défi, l'Espagne a un plan de construction de dix-sept prisons d'ici 2012.
La Belgique a de son côté mis en avant "l'affiliation" d'organismes externes, comme les entreprises ou les collectivités à qui peuvent être confiées les activités prévues en détention. La Belgique, comme les Pays-Bas, organisent aussi des "journées portes ouvertes" où les prisons accueillent notamment des chefs d'entreprise. La France doit quant à elle achever en 2012 un plan de construction de 13.200 places supplémentaires. Le futur projet de loi pénitentiaire prévoit également de développer les assignations à domicile pour les condamnés à de courtes peines ou les personnes en attente de procès.
(D'après agence)
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