Le message de Sarkozy aux militaires

le 13 juillet 2008 à 22h08 , mis à jour le 13 juillet 2008 à 22h51

Après le drame de Carcassonne, des propos attribués au chef de l'Etat évoquaient "l'amateurisme" de l'unité. Ces propos avaient suscité une vive polémique au sein de l'armée.

Nicolas Sarkozy au Creusot, le 3 juillet 2008Nicolas Sarkozy au Creusot, le 3 juillet 2008 © LCI

A la veille du 14 juillet, Nicolas Sarkozy, a tenu à adresser un message d'apaisement  aux militaires secoués par les vives critiques du chef de l'Etat après le drame de Carcassonne.
"En tant que chef des armées et au nom de tous nos compatriotes, je vous  assure de toute mon estime et mon amitié et je vous renouvelle ma confiance dans  vos capacités à exécuter vos missions quotidiennes et à construire notre défense  de demain", a affirmé le chef de l'Etat dans un "message aux armées".

Il a ensuite évoquer le drame de Carcassonne au cours duquel plusieurs personnes, dont plusieurs enfants,  avaient été blessées par un militaire tirant  "par erreur" à balle réelle lors d'une démonstration du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine . "Comme vous et comme tous les Français, j'ai été profondément meurtri et  choqué par le drame de Carcassonne", affirme-t-il avant de renouveler sa confiance aux trois corps de métiers auquel s'adressait le message. "Un tel événement n'engage pas la confiance que j'ai dans nos armées ni  celle que les Français leur témoignent",  même si,  dit-il, l'incident de Carcassonne rappelle que "le métier des armes (...) exige  en permanence rigueur et réflexion".

Carte militaire

Une mise au point qui semblait nécessaire au chef de l'Etat et à son ministre de la défense car ses relations avec l'armée se sont tendues au cours des dernières semaines. Suite au drame de Carcassonne des propos qui lui ont été attribués évoquaient l'"amateurisme" de l'unité. Deux jours plus tard, le général Bruno Cuche, chef d'état-major de l'armée  de terre, démissionnait, renforçant un sentiment de malaise exprimé par de  nombreux militaires.

Le malaise des armées, qui s'est accentué avec Carcassonne, était déjà  alimenté parl'annonce à la mi-juin de 54.000 suppressions de postes d'ici six à  sept ans, conséquence d'une redéfinition des priorités stratégiques de la  France. Hervé Morin, le ministre de la Défense a réaffirmé dimanche qu'il présenterait d'ici à la fin juillet le  second volet de la réforme: la "carte militaire", qui se traduira par des  dizaines de fermetures de casernes, de bases et de régiments, dans l'est et le  nord de la France en particulier. Une cinquantaine de communes françaises, sur les 471 qui comptent une  implantation liée à la défense, pourraient perdre toute présence militaire sur  leur territoire. Des manifestations ont déjà réuni plusieurs centaines de personnes à travers  la France, de Sourdun à Brest, Bourges, Cherbourg, Bitche ou Commercy.

le 13 juillet 2008 à 22:08
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