Nicolas Sarkozy au Creusot, le 3 juillet 2008 © LCIA la veille du 14 juillet, Nicolas Sarkozy, a tenu à adresser un message d'apaisement aux militaires secoués par les vives critiques du chef de l'Etat après le drame de Carcassonne.
"En tant que chef des armées et au nom de tous nos compatriotes, je vous assure de toute mon estime et mon amitié et je vous renouvelle ma confiance dans vos capacités à exécuter vos missions quotidiennes et à construire notre défense de demain", a affirmé le chef de l'Etat dans un "message aux armées".
Il a ensuite évoquer le drame de Carcassonne au cours duquel plusieurs personnes, dont plusieurs enfants, avaient été blessées par un militaire tirant "par erreur" à balle réelle lors d'une démonstration du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine . "Comme vous et comme tous les Français, j'ai été profondément meurtri et choqué par le drame de Carcassonne", affirme-t-il avant de renouveler sa confiance aux trois corps de métiers auquel s'adressait le message. "Un tel événement n'engage pas la confiance que j'ai dans nos armées ni celle que les Français leur témoignent", même si, dit-il, l'incident de Carcassonne rappelle que "le métier des armes (...) exige en permanence rigueur et réflexion".
Carte militaire
Une mise au point qui semblait nécessaire au chef de l'Etat et à son ministre de la défense car ses relations avec l'armée se sont tendues au cours des dernières semaines. Suite au drame de Carcassonne des propos qui lui ont été attribués évoquaient l'"amateurisme" de l'unité. Deux jours plus tard, le général Bruno Cuche, chef d'état-major de l'armée de terre, démissionnait, renforçant un sentiment de malaise exprimé par de nombreux militaires.
Le malaise des armées, qui s'est accentué avec Carcassonne, était déjà alimenté parl'annonce à la mi-juin de 54.000 suppressions de postes d'ici six à sept ans, conséquence d'une redéfinition des priorités stratégiques de la France. Hervé Morin, le ministre de la Défense a réaffirmé dimanche qu'il présenterait d'ici à la fin juillet le second volet de la réforme: la "carte militaire", qui se traduira par des dizaines de fermetures de casernes, de bases et de régiments, dans l'est et le nord de la France en particulier. Une cinquantaine de communes françaises, sur les 471 qui comptent une implantation liée à la défense, pourraient perdre toute présence militaire sur leur territoire. Des manifestations ont déjà réuni plusieurs centaines de personnes à travers la France, de Sourdun à Brest, Bourges, Cherbourg, Bitche ou Commercy.
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