Des policiers © TF1/LCIAu total, "24 chambres ont été visitées par la police", selon la préfecture des Hauts-de-Seine. Les forces de l'ordre sont intervenues mercredi, de 6h à 10h du matin, à la cité universitaire de Nanterre pour expulser des résidents considérés comme "squatters" par l'administration. L'opération, qui a mobilisé une centaine de policiers et un véhicule de CRS, était destinée à expulser des "occupants qui ne paient pas leur loyer ou qui ne sont plus étudiants", a indiqué la préfecture.
La préfecture, selon qui l'opération "est fondée sur des décisions de justice", a précisé qu'"une famille et une personne malade" devaient être relogées. "Certaines de ces personnes étaient sans droit ni titre pour occuper les lieux depuis 2003. Avant de recourir à la justice, ces dossiers sont passés devant la commission logement, où siègent des représentants des étudiants", a expliqué la directrice du Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires (Crous) de Versailles. Selon cette dernière, l'opération a eu lieu dans les deux derniers bâtiments de la résidence qui doivent être réhabilités cet été. Sur la totalité des chambres concernées, "il ne restait que 5 occupants", a-t-elle affirmé. "Les autres avaient déjà quitté les lieux et deux chambres étaient sous-louées", a-t-elle précisé.
Leurs affaires "déménagées"
Plusieurs résidents ont expliqué que les affaires des expulsés avaient été sorties des chambres et les serrures changées. La préfecture a confirmé que les "affaires ont été déménagées en présence d'un huissier. Elles seront stockées dans un lieu sous surveillance et pourront être évidemment récupérées par les personnes concernées". D'après le syndicat, "la directrice du Crous s'est engagée à trouver une solution d'hébergement au Crous pour l'ensemble des personnes expulsées justifiant de leur statut d'étudiant au cours de l"année 2007-2008", selon le communiqué. L'élu de l'Unef a également affirmé qu'il avait été interpellé et emmené au commissariat de Nanterre au cours de l'opération policière. "On m'a menotté parce que je défendais les étudiants, c'est n'importe quoi", a-t-il déclaré.
L'élu du syndicat étudiant Unef au conseil de résidence, Sissoko Bouillé, a protesté : "Personne n'a eu accès aux dossiers de ces personnes. J'avais demandé la semaine dernière une réunion sur ce sujet à la directrice du Crous de Nanterre, qui a refusé. Ce genre d'opération, sans consulter les syndicats et les associations, est inadmissible". La préfecture a indiqué que "deux personnes qui étaient un peu plus virulentes que les autres ont été emmenées au commissariat, mais ont été relâchées sans aucune poursuite".
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