Jean-Louis Georgelin et Nicolas Sarkozy lors du défilé du 14 juillet 2007 © AP"Cette affaire est inadmissible, c'est effectivement un comportement d'amateurs et on doit la juger avec la plus grande sévérité", a lancé vendredi matin sur Europe 1 le plus haut responsable des armées, Jean-Louis Georgelin. Elle est "inacceptable et inexcusable", a-t-il insisté. Dix-sept personnes ont été blessées dimanche à Carcassonne lors d'une démonstration du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) lorsqu'un sergent a substitué des balles réelles aux balles à blanc prévues. Deux jours plus tard, ce dernier était mis en examen pour homicide involontaire et le général Bruno Cuche démissionnait de ses fonctions de chef d'état-major de l'armée de terre.
Selon le général Georgelin, le président Sarkozy, qui s'était rendu lundi au chevet des blessés, avait "avec ses mots et son tempérament, relevé, pour une affaire particulière, un dysfonctionnement majeur, qualifié d'amateurisme et d'irresponsable". "Il ne s'est adressé ni au général Cuche personnellement ni à l'ensemble des armées", a assuré leur patron, démentant implicitement des informations de presse. Selon les sites internet Libération et du Point, le chef de l'Etat avait lancé à l'adresse du général Cuche : "Vous êtes des amateurs! Vous n'êtes pas des professionnels". Le général Georgelin a par ailleurs confié que la démission du responsable de l'armée de terre s'était décidée dans le secret de son bureau, assurant qu'elle ne répondait "absolument pas" à une demande du président Sarkozy.
Les sanctions vont tomber
"Tout ce qui régit l'emploi des armes doit être scrupuleusement maîtrisé", a-t-il souligné, faisant valoir qu'à Carcassonne "ce principe cardinal a été bafoué". "Nous sommes convenus que, compte tenu de la gravité des faits et de la remise en cause de ce principe cardinal, sa démission s'imposait", a-t-il poursuivi. Deux enquêtes judiciaires et "de commandement" sont en cours, a aussi rappelé le général Georgelin.
Pour autant, selon lui, "ce n'est pas toute l'armée de terre qui est visée, ni même tout le régiment, mais une unité particulière, le groupement de commandos parachutistes" auquel appartenait le sergent auteur des tirs à balles réelles. Après la suspension du sous-officier, "nous prendrons le moment venu les décisions et les sanctions sur le reste de la chaîne hiérarchique", a ajouté le chef d'état-major des armées.
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