Le chef des armées fustige un "comportement d'amateurs"

le 04 juillet 2008 à 10h51 , mis à jour le 04 juillet 2008 à 11h23

Le général Georgelin a fustigé vendredi un "comportement d'amateurs" à propos du drame de Carcassonne, reprenant à son compte des termes prêtés à Nicolas Sarkozy.

Jean-Louis Georgelin et Nicolas Sarkozy lors du défilé du 14 juillet 2007Jean-Louis Georgelin et Nicolas Sarkozy lors du défilé du 14 juillet 2007 © AP

"Cette affaire est inadmissible, c'est effectivement un comportement d'amateurs et on doit la juger avec la plus grande sévérité", a lancé vendredi matin sur Europe 1 le plus haut responsable des armées, Jean-Louis Georgelin. Elle est "inacceptable et inexcusable", a-t-il insisté. Dix-sept personnes ont été blessées dimanche à Carcassonne lors d'une démonstration du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) lorsqu'un sergent a substitué des balles réelles aux balles à blanc prévues. Deux jours plus tard, ce dernier était mis en examen pour homicide involontaire et le général Bruno Cuche démissionnait de ses fonctions de chef d'état-major de l'armée de terre.

Selon le général Georgelin, le président Sarkozy, qui s'était rendu lundi au chevet des blessés, avait "avec ses mots et son tempérament, relevé, pour une affaire particulière, un dysfonctionnement majeur, qualifié d'amateurisme et d'irresponsable". "Il ne s'est adressé ni au général Cuche personnellement ni à l'ensemble des armées", a assuré leur patron, démentant implicitement des informations de presse. Selon les sites internet Libération et du Point, le chef de l'Etat avait lancé à l'adresse du général Cuche : "Vous êtes des amateurs! Vous n'êtes pas des professionnels". Le général Georgelin a par ailleurs confié que la démission du responsable de l'armée de terre s'était décidée dans le secret de son bureau, assurant qu'elle ne répondait "absolument pas" à une demande du président Sarkozy.
 
Les sanctions vont tomber
 
"Tout ce qui régit l'emploi des armes doit être scrupuleusement maîtrisé", a-t-il souligné, faisant valoir qu'à Carcassonne "ce principe cardinal a été bafoué". "Nous sommes convenus que, compte tenu de la gravité des faits et de la remise en cause de ce principe cardinal, sa démission s'imposait", a-t-il poursuivi. Deux enquêtes judiciaires et "de commandement" sont en cours, a aussi rappelé le général Georgelin.
  
Pour autant, selon lui, "ce n'est pas toute l'armée de terre qui est visée, ni même tout le régiment, mais une unité particulière, le groupement de commandos parachutistes" auquel appartenait le sergent auteur des tirs à balles réelles. Après la suspension du sous-officier, "nous prendrons le moment venu les décisions et les sanctions sur le reste de la chaîne hiérarchique", a ajouté le chef d'état-major des armées.

le 04 juillet 2008 à 10:51
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4 Commentaires

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  • Castillo José, le 04/07/2008 à 11h52

    Quoique que dise M. Mariton, le comportement de notre président a été lamentable. Son mépris à l'égard de l'Armée est inacceptable. Je suis un officier en retraite et conseille vivement à L'U.M.P. de se choisir un autre champion pour les prochaines présidentielles.

  • Jean Bonnot, le 04/07/2008 à 11h51

    Il ne faut pas crier haro sur le baudet, mais on pourrait exiger de l'armée qu'elle gère au moins ses armes et ses munitions selon les principes de la qualité contrôlée et avec la plus grande rigueur, comme la plupart des industriels savent le faire. C'est un peu contraignant mais pas très compliqué. Les principes sont simples et les militaires qui ont un grand respect de la discipline et des réglements ont toutes capacités pour s'y soumettre sans difficulté. Continuons de leur accorder notre confiance. L'armée sait gérer les plus grandes détresses et sa capacité d'adaptation n'est pas un mythe mais bien une réalité.

  • Thierry, le 04/07/2008 à 11h50

    Il y a en fait vol de munitions par le sergent qui a tiré à balles réelles. On peut comprendre qu'il ait perdu un chargeur lors d'entrainements à balles réelles, nul n'est parfait, mais le fait qu'il le portait encore sur lui prouve qu'il avait délibérément voulu le garder avec lui. Trophée, complexe, idiotie certainement. En tous cas nous avons ici des blessés à VIE. Ne l'oublions pas, des gens qui vont porter un lourd handicap à vie. Tout ça à cause de l'idiotie d'un type qui voulait faire mumuse avec plus de balles que ses copains et qui se croyait fort ou encore qui voulait faire le beau. Pitoyable. Ce n'est pas un partie de paintball. Celà ne va pas redorer le blason de l'armée française, qui est si souvent la risée de beaucoup à l'étranger et en particulier au Royaume-Uni. ( peut-être à juste titre). Quel manque de professionalisme, de dissernement et d'intelligence...

  • Thmess, le 04/07/2008 à 11h39

    ... le 3ème RPIMa fait partie des unités du commandement des forces spéciales. Si, effectivement, le bilan humainest lourd, il est facile de tirer sur l'ambulance. Attention à la réaction de l'Armée.

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