Quand l'ex-DST enquête au sein de l'armée

le 09 juillet 2008 à 11h03 , mis à jour le 09 juillet 2008 à 14h31

Mécontent de l'enquête faite par la sécurité militaire sur les officiers auteurs d'une tribune contestataire, Nicolas Sarkozy a demandé à la DST d'enquêter en parallèle.

TF1-LCI : Nicolas Sarkozy en visite à la base militaire de l'Ile Longue, le 13 juillet 2007Nicolas Sarkozy en visite à la base militaire de l'Ile Longue, le 13 juillet 2007 © TF1-LCI

En juin, des officiers de l'armée, réunis au sein du groupe Surcouf, avaient dans une tribune anonyme au Figaro, critiqué le nouveau Livre blanc de la Défense. Ils estimaient entre autres que le projet conduisait à un "véritable déclassement militaire" de la France, ravalée "dans la division de l'Italie". Nicolas Sarkozy, particulièrement irrité par les critiques avait alors ordonné le 19 juin à la Direction de la Protection et de la sécurité (DPSD, ex-Sécurité militaire) de trouver les coupables.

La DPSD, organisme militaire, où l'on partage généralement les opinions de Surcouf, semble avoir été peu diligente dans la conduite de son enquête. Pourtant, les « rebelles » de Surcouf sont connus par bien des militaires. Qu'à cela ne tienne. Selon le Nouvel Observateur, le Président de la République a demandé, en sous-main, aux policiers de la Direction de la sûreté du territoire, la DST (partie intégrante de la DCRI, la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur) - de rechercher les officiers coupables. Fait sans précédent, les hommes de la DCRI travaillent sur cette affaire de façon non-officielle. Ils auraient par ailleurs identifié les coupables.

'Connerie" 

Mercredi, le ministre de la Défense Hervé Morin, qui ne semble a priori pas au fait de cette enquête parallèle ordonnée par Nicolas Sarkozy,  a indiqué quant à lui qu'il avait donné des "ordres très précis" aux enquêteurs des armées qui tentent d'identifier les membres de Surcouf : "En aucun cas, il ne s'agit de se lancer dans une traque quelconque et c'est ainsi que j'ai donné des ordres très précis à la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense) la semaine dernière". Le ministre de la Défense était notamment interrogé sur la saisie d'ordinateurs portables des officiers du Centre des hautes études militaires (CHEM) par l'ex-sécurité militaire, révélée par le blog "Secret Défense" sur Libération.

Vendredi dernier, le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, avait estimé que la publication de la tribune de Surcouf était une "connerie" qui ne devait pas donner lieu à "une chasse aux sorcières".

 

le 09 juillet 2008 à 11:03
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6 Commentaires

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  • Emmanuel, le 09/07/2008 à 14h27

    Sarkozy n'est pas fana mili comme l'étais Chirac. Il ne devrait pas négligé autant ce corps prestigieux... mais bon faut pas lui en voulloir l'armée c'est le seul truc que l'on ne peut pas privatiser !! lol

  • Pierrot, le 09/07/2008 à 13h49

    A force de se mettre tout le monde à dos...les militaires en particulier, le jour ou cela pétera, et ça viendra, l'armée sera de quel côté ? Certaines révolutions ont commencé par la gronde et la fronde de la population, puis l'armée s'est retournée contre l'état

  • Oui, le 09/07/2008 à 13h35

    C'est quand même incroyable ! On dirait que le chef des armées fait tout pour se mettre les armées à dos ! Qu'il veuille réduire les financements pour des raisons budgétaires, ça se comprend, mais qu'il arrête les insultes et humiliations permanentes à l'égard de l'institution militaire ! Il avait déjà affiché la couleur en arrivant, en remplacant les gendarmes d'élite qui assuraient la sécurité du Président par des policiers, et en remplacant la garde républicaine par des CRS pour son escorte... Après, il fair courir des bruits sur les baisses des indemnités pour les opérations extérieures, il retire toutes les promotions de généraux et promotions militaires de la légion d'honneur ! Chacun se souvient aussi de ses réactions disproportionnées au drame de Carcassonne, où il a accusé comme s'il avait perdu tout controle de lui même toute la hiérarchie et l'armée de Terre en général ! Et maintenant, le ponpon : la police qui est chargée de venir faire les anquètes internes dans l'armée... tout ça pour quoi ? Pour quelques militaires qui ont dit tout haut ce que tout le monde pensait tout bas !!! Alors que ses chers policiers, eux, ont tous les droits de s'exprimer et de manifester comme ils veulent ! Et tout ça vis à vis de militaires qui sont près à sacrifier leur vie de famille, voire leur vie, pour servir en Afghanistant ou ailleurs... sur décision de ce même Président ! On ne peut pas à la fois demander au militaire des sacrifices sur leur vie personnelle, sur leur budgets de fonctionnement, et en plus leur cracher en permanence à la figure !!!

  • Sloboda, le 09/07/2008 à 13h32

    En réalité je plains nullement l'armée dont le coeur a toujours été à droite. Imaginez les remous, les cris au scandale de la droite si la gauche avait fait le 1/4 des restructurations prévues par le gouvernement actuel. Allons Messieurs les officiers prenez vous-en à vous mêmes, vous avez tellement critiqué la gauche maintenant acceptez la trahison de vos amis.

  • Rémi, le 09/07/2008 à 13h25

    Le divorce est consommé entre l'armée et ce président paranoïaque et ne souffrant pas la critique. Il ne supporte sans doute pas d'avoir été démasqué par les vrais défenseurs de la France. Par ailleurs Je me demande s'il sagit vraiment de militaires, Surcouf était un corsaire civil et l'effet majoritaire de la lettre "Surcouf" est surtout politique, puisqu'elle ne peut faire quoi que ce soit sur la réforme elle-même. Si les militaires osaient ils devraient ne pas défiler le 14 juillet. Mais, c'est dans leur nature de ne pas oser cela...

  • Querci, le 09/07/2008 à 11h39

    Nous sommes sur une drole de pente !ca glisse

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