Nicolas Sarkozy en visite à la base militaire de l'Ile Longue, le 13 juillet 2007 © TF1-LCIEn juin, des officiers de l'armée, réunis au sein du groupe Surcouf, avaient dans une tribune anonyme au Figaro, critiqué le nouveau Livre blanc de la Défense. Ils estimaient entre autres que le projet conduisait à un "véritable déclassement militaire" de la France, ravalée "dans la division de l'Italie". Nicolas Sarkozy, particulièrement irrité par les critiques avait alors ordonné le 19 juin à la Direction de la Protection et de la sécurité (DPSD, ex-Sécurité militaire) de trouver les coupables.
La DPSD, organisme militaire, où l'on partage généralement les opinions de Surcouf, semble avoir été peu diligente dans la conduite de son enquête. Pourtant, les « rebelles » de Surcouf sont connus par bien des militaires. Qu'à cela ne tienne. Selon le Nouvel Observateur, le Président de la République a demandé, en sous-main, aux policiers de la Direction de la sûreté du territoire, la DST (partie intégrante de la DCRI, la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur) - de rechercher les officiers coupables. Fait sans précédent, les hommes de la DCRI travaillent sur cette affaire de façon non-officielle. Ils auraient par ailleurs identifié les coupables.
'Connerie"
Mercredi, le ministre de la Défense Hervé Morin, qui ne semble a priori pas au fait de cette enquête parallèle ordonnée par Nicolas Sarkozy, a indiqué quant à lui qu'il avait donné des "ordres très précis" aux enquêteurs des armées qui tentent d'identifier les membres de Surcouf : "En aucun cas, il ne s'agit de se lancer dans une traque quelconque et c'est ainsi que j'ai donné des ordres très précis à la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense) la semaine dernière". Le ministre de la Défense était notamment interrogé sur la saisie d'ordinateurs portables des officiers du Centre des hautes études militaires (CHEM) par l'ex-sécurité militaire, révélée par le blog "Secret Défense" sur Libération.
Vendredi dernier, le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, avait estimé que la publication de la tribune de Surcouf était une "connerie" qui ne devait pas donner lieu à "une chasse aux sorcières".
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