Des soldats français en Afghanistan © TF1/LCIL'onde de choc de la mort de dix soldats français en Afghanistan est mesurée aujourd'hui par un sondage CSA pour Le Parisien : réalisé tout juste deux jours après l'annonce des combats meurtriers, il révèle que 55% des personnes interrogées estiment qu' "il faut retirer les troupes car la France s'enlise dans un conflit sur lequel elle n'a pas de prise", alors que 36% pensent qu' "il faut maintenir les troupes, car elles participent à la lutte contre le terrorisme international". 9% ne se prononcent pas.
48% des sondés font confiance à Nicolas Sarkozy sur ce dossier, alors que 46% ne lui font pas confiance. 6% ne se prononcent pas. Jusqu'à présent, la présidence de la République et le gouvernement assurent qu'il n'est pas question de changer de politique en Afghanistan. Selon le chef de l'Etat, "nous n'avons pas le droit de perdre là-bas", "de renoncer à défendre nos valeurs", "de laisser les barbares triompher, car la défaite à l'autre bout du monde se paiera d'une défaite sur le territoire de la République française". C'est ce qu'il a réaffirmé jeudi devant les cercueils des soldats dans la cour d'honneur des Invalides, tout en soulignant : "Jamais à un tel point je n'ai mesuré ce que peut être la solitude d'un chef de l'Etat face aux décisions qu'il doit assumer. J'ai pris mes responsabilités (...) j'en mesure la gravité".
"Le but des talibans est de faire douter les Européens"
Le président de la République, qui a annoncé en avril un renforcement du contingent français sur le théâtre afghan, a ainsi de nouveau assumé ses choix. Une fermeté saluée, à l'étranger, par le grand quotidien canadien The Globe and Mail, qui juge dans un éditorial que "la détermination de Sarkozy est un exemple". En France aussi, globalement, la presse juge difficile aujourd'hui d'envisager un retrait, même si la stratégie en Afghanistan est l'objet de critiques.
Dans Le Figaro, Hervé Morin souligne pour sa part que l'impact dans l'opinion des images de soldats tués est précisément le but des insurgés. "Les talibans savent qu'ils ne peuvent pas gagner cette guerre, ils subissent des pertes et doivent reculer face aux alliés dans certaines vallées qu'ils contrôlaient. Ils utilisent donc des moyens dont ils savent qu'ils déstabilisent les démocraties européennes. Leur but est de faire douter les populations européennes de la justesse de l'engagement international en Afghanistan. En frappant de la sorte ils cherchent à affaiblir les convictions des populations et à provoquer un retrait des forces de certains pays qui lui-même, par un effet domino, mènerait à l'effondrement des efforts consentis depuis 2001 à la demande de l'Onu".
Sondage réalisé par téléphone le 20 août auprès d'un échantillon national représentatif de 1003 personnes de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas.
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