Le dalaï-lama au sénat ce mercredi

le 12 août 2008 à 11h20 , mis à jour le 13 août 2008 à 11h53

Le chef du bouddhisme tibétain, arrivé discrètement lundi en France, sera reçu à huis clos par deux groupes de parlementaires.

Le dalaï lama, chef spirituel du bouddhisme tibétain, en avril 2008Le dalaï lama, chef spirituel du bouddhisme tibétain, en avril 2008 © LCI

Le dalaï-lama est attendu au Sénat, mercredi matin. Il sera reçu par les deux groupes parlementaires sur le Tibet. Cette rencontre apportera la seule touche discrètement politique d'une visite, qui s'achèvera le 23 août et dont le temps fort sera une série de conférences données à Nantes, du 15 au 20 août. Cette rencontre avec les élus français devrait se tenir à huis clos à la demande du président du Sénat qui craint, sinon, de fâcher la Chine. Plusieurs voix se sont élévées contre cette décision, notamment qualifiée de "honte" par le député UMP Lionnel Luca, président du groupe d'études sur  le Tibet à l'Assemblée.  "Le Sénat et l'Assemblée ont reçu en grande pompe Mme Betancourt, et on fait passer le dalaï lama par la cave!", proteste-t-il.

Bien qu'un temps envisagée, aucune rencontre avec le président Nicolas Sarkozy n'aura finalement lieu, devant l'hostilité exprimée par Pékin. Samedi, Matthieu Ricard, moine bouddhiste interprète français du dalaï-lama, avait justifié le report d'une rencontre entre les deux hommes en soulignant que pendant les Jeux olympiques, elle serait apparue comme "une provocation" avec pour seul résultat "un durcissement du gouvernement chinois".  Il est toutefois prévu que le chef spirituel tibétain rencontre Carla Bruni-Sarkozy, le 22 août prochain, à l'occasion de l'inauguration d'un temple bouddhique à Roqueredonde dans l'Hérault. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy recevra l'ensemble des prix Nobel de la Paix, dont le dalaï lama, à Paris le 10 décembre.

Au sujet de cette rencontre avec la première dame de France, le PS a dénoncé lundi la "mise en scène autour de l'épouse du président", investie d'une "mission pseudo-diplomatique auprès du dalaï-lama" destinée à "masquer le grave échec" de la viste diplomatique de son époux à Pékin. Côté UMP, le porte-parole Frédéric Lefebvre a de son côté assuré "ne même pas comprendre qu'il y ait de polémique"  sur ce sujet. En France, 770.000 personnes, dont les trois quarts sont d'origine asiatique, se réclament du bouddhisme, selon l'Union bouddhiste de France.

Pas d'allusion à la situation politique tibétaine

Le chef temporel et spirituel du bouddhisme tibétain a entamé mardi son périple religieux de 12 jours en France. Pour sa première journée, il avait béni le temple qui l'a accueilli à Veneux-les-Sablons, en Seine-et-Marne, lors d'une cérémonie "privée". "Le but de toutes  les démarches religieuses est de promouvoir la compassion humaine", a déclaré le dalaï-lama. "Notre responsabilité et notre intérêt communs sont de promouvoir l'harmonie entre les religions et la paix, au travers de cette harmonie", a-t-il poursuivi devant sept cents invités qui ont accueilli dans la ferveur et le recueillement ses paroles.

Se gardant de toute allusion à la situation politique tibétaine, il a appelé à la paix et au dialogue inter-religieux, avant de prononcer un enseignement sur le bouddhisme tibétain. Dans l'après-midi, il s'était rendu dans l'Essonne pour bénir le bouddha de 4 mètres de haut de la pagode vietnamienne Khanh-Anh d'Evry, la plus grande d'Europe. Il y a prononcé une allocution et a donné une conférence sur l'essence du bouddhisme et sa contribution à la paix, devant 1500 fidèles.

le 12 août 2008 à 11:20
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