© AFPLe parquet avait demandé mercredi une autopsie puisqu'"il y a un manque de précisions et des incertitudes qu'il faut éclaircir". Jeudi, des prélèvements ont été effectués. "Les résultats sont attendus dans plusieurs jours", a indiqué le parquet de Pontoise, ajoutant que les gendarmes ont également commencé à auditionner des "personnes qui, de près ou de loin, ont pu avoir connaissance de quelque chose". Rémy, un jeune homme de 23 ans, lourdement handicapé, s'est suicidé dimanche dernier après avoir reçu, selon ses parents, une réponse perçue comme négative de Nicolas Sarkozy à un courrier où il demandait qu'on lui "permette de mourir". Il avait été retrouvé mort par ses parents dimanche matin, après qu'il a avalé une forte dose de médicaments.
Ce jeudi également se tenaient les obsèques du jeune homme. Près de 200 personnes y ont assisté en l'église de Valmondois, dans le Val-d'Oise. Le père Brinon portait une étole verte "en signe d'espérance" et non pas la traditionnelle étole de deuil violette. Il a prononcé un prêche qu'il a voulu "discret étant donné que l'évènement est devenu médiatique".
"Il faut que la loi change"
"Comme Vincent Humbert, je demande à ce moment qu'on me permette de mourir pour me libérer de mes souffrances", avait écrit Rémy Salvat dans un courrier envoyé en mai dernier au président de la République. "Je sais qu'en France, il n'y a pas de loi qui permette aux équipes médicales de pratiquer l'euthanasie. Ca m'empêche de vivre en paix...(...) Il faut que la loi change !", ajoutait le jeune homme. "Le problème est que vous, Monsieur Nicolas Sarkozy, vous ne voulez pas en entendre parler. Moi, Rémy Salvat, je vous demande de laisser de côté votre avis personnel et d'arrêter d'être sourd. Vous le pouvez si vous êtes le Président de tous les Français", concluait-il. Atteint d'une maladie mitochondriale depuis l'âge de six ans, le jeune homme, qui vivait à Valmondois, dans le Val d'Oise, ne pouvait plus marcher depuis quelques mois.
Mercredi 6 août, Rémy a reçu une réponse de Nicolas Sarkozy. "Pour des raisons philosophiques personnelles, je crois qu'il ne nous appartient pas, que nous n'avons pas le droit d'interrompre volontairement la vie", a expliqué le chef de l'Etat. "Mais je ne veux pas fuir mes responsabilités (...) Je voudrais que soit privilégié le dialogue au chevet du malade, entre lui-même, le médecin et la famille, en toute humanité afin que soit trouvée la solution la plus adaptée à chaque situation", ajoutait-il. En 1999, Régine Salvat, la maman de Rémy, avait tenté de "mettre fin aux souffrances de Rémy". Elle avait échoué et été mise en examen pour tentative de meurtre. Un non-lieu avait été prononcé. "Dans l'enregistrement sonore de quelques minutes qu'il a laissé, il nous demande de poursuivre son action pour qu'il y a un vrai débat public sur le droit à l'euthanasie et au suicide assisté, pour que d'autres ne vivent pas cela", a expliqué Mme Salvat. Il y déclare à l'adresse de Nicolas Sarkozy : "vous ne m'avez pas laissé le choix".
Un rapport sur la loi Leonetti remis en novembre |
Le rapport de la mission d'évaluation de la loi Leonetti sur le droit des malades et la fin de vie devrait être remis courant novembre, a annoncé jeudi le député-maire UMP d'Antibes Jean Leonetti. "Nous terminerons les auditions en septembre, nous effectuerons deux voyages d'étude en Angleterre et aux Pays-Bas avant de rédiger le rapport courant octobre pour une remise en novembre", a indiqué Jean Leonetti. Cette loi de 2005 a instauré un droit au "laisser mourir" mais pas à l'euthanasie active. A la suite du cas de Chantal Sébire, qui demandait qu'on l'aide à mourir, le député Jean Leonetti a été chargé d'une mission d'évaluation de la loi. |
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