© sxc.hu"Comme Vincent Humbert, je demande à ce moment qu'on me permette de mourir pour me libérer de mes souffrances". Rémy Salvat, 23 ans, était atteint d'une maladie mitochondriale depuis l'âge de six ans. Au mois de mai, le jeune homme, qui vivait à Valmondois, dans le Val d'Oise, avait écrit à Nicolas Sarkozy pour lui demander le droit à l'euthanasie. "Ces derniers mois, il ne pouvait plus marcher, son bras lui faisait aussi de plus en plus mal", explique sa mère, Régine Salvat.
"Je sais qu'en France, il n'y a pas de loi qui permette aux équipes médicales de pratiquer l'euthanasie. Ca m'empêche de vivre en paix...(...) Il faut que la loi change!", ajoutait le jeune homme dans sa lettre au président de la République. "Le problème est que vous, Monsieur Nicolas Sarkozy, vous ne voulez pas en entendre parler. Moi, Rémy Salvat, je vous demande de laisser de côté votre avis personnel et d'arrêter d'être sourd. Vous le pouvez si vous êtes le Président de tous les Français", concluait-il.
Mercredi 6 août, Rémy Salvat a reçu une réponse de Nicolas Sarkozy. "Pour des raisons philosophiques personnelles, je crois qu'il ne nous appartient pas, que nous n'avons pas le droit d'interrompre volontairement la vie", a expliqué le chef de l'Etat. "Mais je ne veux pas fuir mes responsabilités (...) Je voudrais que soit privilégié le dialogue au chevet du malade, entre lui-même, le médecin et la famille, en toute humanité afin que soit trouvée la solution la plus adaptée à chaque situation", a-t-il ajouté.
"Vous ne m'avez pas laissé le choix"
"Rémy attendait la réponse à sa lettre", a raconté à sa mère. "Il suivait les affaires de droit au suicide assisté comme l'affaire Chantal Sébire", cette femme atteinte d'une tumeur incurable au visage qui a été retrouvée morte chez elle en mars. "Il voulait que les lois changent, il voulait avoir le droit de partir", a-t-elle ajouté. En 1999, Régine Salvat avait tenté de "mettre fin aux souffrances de Rémy". Elle avait échoué et été mise en examen pour tentative de meurtre. Un non-lieu avait été prononcé.
Rémy Salvat avait participé en octobre au tournage d'un documentaire pour France 2 qui n'a pas encore été diffusé. Selon sa mère, il lui demandait, le moment venu, de l'aider à mourir. "Il savait", explique-t-elle, "que pour une maman c'est quelque chose de très dur, qu'une maman est là pour donner la vie, pas pour la retirer".
Dans la nuit de samedi à dimanche, le jeune homme a avalé des médicaments. Ses parents l'ont retrouvé dans sa chambre en tenue d'Aïkido. "Il aimait ce sport, c'était une philosophie de vie", se souvient sa mère. "Dans l'enregistrement sonore de quelques minutes qu'il a laissé, il nous demande de poursuivre son action pour qu'il y a un vrai débat public sur le droit à l'euthanasie et au suicide assisté, pour que d'autres ne vivent pas cela", a expliqué Mme Salvat. Il y déclare à l'adresse de Nicolas Sarkozy : "vous ne m'avez pas laissé le choix".
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