Un jeune handicapé se suicide après avoir écrit à Sarkozy

le 13 août 2008 à 15h55 , mis à jour le 13 août 2008 à 17h46

Dossier : Euthanasie: le débat

Il réclamait le droit de mourir. Après avoir lu la réponse du chef de l'Etat, le jeune homme de 23 ans, lourdement handicapé, s'est suicidé dimanche à Valmondois.

[Expiré] couloir hopital santé © sxc.hu

"Comme Vincent Humbert, je demande à ce moment qu'on me permette de mourir pour me libérer de mes souffrances". Rémy Salvat, 23 ans, était atteint d'une maladie mitochondriale depuis l'âge de six ans. Au mois de mai, le jeune homme, qui vivait à Valmondois, dans le Val d'Oise, avait écrit à Nicolas Sarkozy pour lui demander le droit à l'euthanasie. "Ces derniers mois, il ne pouvait plus marcher, son bras lui faisait aussi de plus en plus mal", explique sa mère, Régine Salvat.
  
"Je sais qu'en France, il n'y a pas de loi qui permette aux équipes médicales de pratiquer l'euthanasie. Ca m'empêche de vivre en paix...(...) Il faut que la loi change!", ajoutait le jeune homme dans sa lettre au président de la République. "Le problème est que vous, Monsieur Nicolas Sarkozy, vous ne voulez pas en entendre parler. Moi, Rémy Salvat, je vous demande de laisser de côté votre avis personnel et d'arrêter d'être sourd. Vous le pouvez si vous êtes le Président de tous les Français", concluait-il.
  
Mercredi 6 août, Rémy Salvat a reçu une réponse de Nicolas Sarkozy. "Pour des raisons philosophiques personnelles, je crois qu'il ne nous appartient pas, que nous n'avons pas le droit d'interrompre volontairement la vie", a expliqué le chef de l'Etat. "Mais je ne veux pas fuir mes responsabilités (...) Je voudrais que soit privilégié le dialogue au chevet du malade, entre lui-même, le médecin et la famille, en toute humanité afin que soit trouvée la solution la plus adaptée à chaque situation", a-t-il ajouté.

"Vous ne m'avez pas laissé le choix"

"Rémy attendait la réponse à sa lettre", a raconté à sa mère. "Il suivait les affaires de droit au suicide assisté comme l'affaire Chantal Sébire", cette femme atteinte d'une tumeur incurable au visage qui a été retrouvée morte chez elle en mars. "Il voulait que les lois changent, il voulait  avoir le droit de partir", a-t-elle ajouté. En 1999, Régine Salvat avait tenté de "mettre fin aux souffrances de Rémy".  Elle avait échoué et été mise en examen pour tentative de meurtre. Un non-lieu avait été prononcé.
  
Rémy Salvat avait participé en octobre au tournage d'un documentaire pour France 2 qui n'a pas encore été diffusé. Selon sa mère, il lui demandait, le moment venu, de l'aider à mourir. "Il savait", explique-t-elle, "que pour une maman c'est quelque chose de très dur, qu'une maman est là pour donner la vie,  pas pour la retirer".

Dans la nuit de samedi à dimanche, le jeune homme a avalé des médicaments.  Ses parents l'ont retrouvé dans sa chambre en tenue d'Aïkido. "Il aimait ce sport, c'était une philosophie de vie", se souvient sa mère. "Dans l'enregistrement sonore de quelques minutes qu'il a laissé, il nous demande de poursuivre son action pour qu'il y a un vrai débat public sur le droit à l'euthanasie et au suicide assisté, pour que d'autres ne vivent pas cela", a expliqué Mme Salvat. Il y déclare à l'adresse de Nicolas  Sarkozy : "vous ne m'avez pas laissé le choix".

le 13 août 2008 à 15:55
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20 Commentaires

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  • Oli, le 13/08/2008 à 18h07

    Faut arrêter de réagir avec l'émotion du moment !!! On ne peut pas légaliser l'euthanasie pour la simple raison que cela va se diriger sur des dérives. Un exemple tout bête : ma grand mère est pété de tunes (un exemple). Comme je suis un gros rat, je la "suicide" avec une lettre attestant de sa demande d'euthanasie (impossible de prouver la validité de cette lettre). Me voilà meurtrier mais comme une loi me protège, c'est la fête !!! On peut trouver des tas d'exemples. Bien entendu, les gens honnêtes comme vous et moi pensent à bien mais les autres... De plus, le rôle d'un médecin est justement de sauver des vies en s'acharnant, pas de baisser les bras !

  • Made in..., le 13/08/2008 à 18h01

    Mon cousin était atteint d'une maladie incurable. Il ne supportait plus de souffrir le martyre et ce en dépit, d'une lourde médication. Il y a quelques jours, il a choisi sa philosophie. Il voulait , certes vivre, mais puisqu'il ne pouvait pas ne plus souffrir, il a opté pour la dernière solution... ne plus vivre...Il est à présent délivré...

  • Jean-Marc, le 13/08/2008 à 18h01

    Pauvre philosophie, qui du coup, est imposée à l'ensemble des français...

  • Carol, le 13/08/2008 à 17h42

    Nul n'a le droit de diriger qui que ce soit vert la mort ! En second lieu, il n'y a pas que les matérialistes agnostiques qui ont droit à la parole. Les personnes ayant la foi ont encore le droit de s'exprimer, la dignité c'est de vivre . La réponse du président Sarkozy est parfaite. En quoi l'Etat a t'il ,un lien avec le corps médical ? Les médecins savent ce qu'ils font et aident leurs patients à partir dans la dignité lorsque cela devient insuportable. N'avez-vous par ailleurs rien d'autre à faire que de décrier en permanence le chef de l'Etat ! Je vous invite, néanmoins, à poursuivre vos critiques, comme disait le Grand Guitry, l'important c'est que l'on parle de moi ! Alors continuez à déverser votre venin, cela sert sa cause !

  • Flo, le 13/08/2008 à 17h39

    Facile cette réponse du Président! Je lui souhaite longue vie ainsi qu'à ses proches, mais un jour peut-être devra-t-il s'affronter au pire dans ses propres entrailles comme nous tous. Cependant le président et tous les "grands" de ce monde ne s'inquiètent pas de leur mort, ils détiennent les moyens et le pouvoir d'arrêter de vivre que les autres n'avons pas. L'égalité des chances dont on nous rebat les oreilles à tous les niveaux, N'EXISTE PAS: il y a les gens de pouvoir et les autres. C'est HONTEUX!

  • Ventadour, le 13/08/2008 à 17h34

    L'affaire Vincent Humbert et l'affaire Chantal Sébire n'étaient pas aussi claires qu'on voulait bien nous le matraquer. Il a fallu plusieurs années pour la première, et plusieurs semaines pour la seconde, avant de pouvoir fendre le mur de propagande pro-euthanasie et rétablir plus de raison et de vérité. Qu'en est-il cette fois ?

  • Peggy, le 13/08/2008 à 17h31

    "Nous n'avons pas le droit d'interrompre la vie" : c'est bien hyppocrite ! Si c'est le choix du malade !!!! Il existe un ordre de ne pas réanimez que le malade formule lors d'une hospitalisation, la sédation est légale en france si je ne m'abuse ! Il serait grand temps que la France légifère sur l'euthanasie ou bon nombre d'affaire similaire à celle de Vincent humbert vont voir le jour !!! Je connais très bien les soins pallaitifs et la souffrance des gens ! Sachons enfin respecter la volonté des gens jusqu'à leur dernier souffle et laissons les mourir dans la dignité si tel est leur choix !!!!!!

  • Catherine, le 13/08/2008 à 17h25

    La France c'est le pays de la langue de bois. Tout le monde pense qu'il faut autoriser l'euthanasie mais aucun de nos dirigeants aura le courage aura le courage de le dire!

  • Laurent, le 13/08/2008 à 17h25

    Paix a son ame

  • Seb, le 13/08/2008 à 17h23

    Ce n'est pas au médécin dont le but est de sauver des vies, de devenir un bourreau. Stop au délire. Si cette personne ne pouvait plus de sa vie, il a prit ses responsabilités. Maintenant, je suis 100% contre l'euthanasie. Ce n'est pas au médécin de devenir bourreau. Point final.

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