Policier devant son ordinateur © LCILa polémique autour du décret instaurant le fichier policier Edvige n'est pas prête de retomber. Le collectif "Non à Edvige" et une partie de l'opposition souhaitent son retrait pur et simple. D'autres réclament un débat au Parlement et une loi. Tandis que la ministre de l'Intérieur, répondant à un souhait du chef de l'Etat, ne promet que des aménagements au texte. Ce mercredi, la commission des lois de l'Assemblée entame une série d'auditions avec des représentants du syndicat de la magistrature (SM), de l'ordre des avocats de Paris, de la ligue des droits de l'Homme, de l'Union syndicale de la magistrature (USM). Elle auditionnera également le président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) Louis Schweitzer, avant d'entendre Michèle Alliot-Marie jeudi après-midi.
La ministre de l'Intérieur a lancé depuis lundi une concertation en vue d'une redéfinition d'Edvige. Elle a promis des aménagements rapides, précisant qu'elle remettrait des textes d'ici la fin de la semaine au président de la République. Elle n'a toutefois pas précisé si ces textes relèveraient du décret ou de la loi, soulignant que ce serait un problème de juristes. Nicolas Sarkozy souhaite l'abandon des mentions concernant l'orientation sexuelle et la santé des personnes fichées. Il a envisagé l'abandon pur et simple du fichage de personnalités mais insiste pour conserver la possibilité de ficher les mineurs susceptibles de basculer dans la délinquance.
Fausse concertation ?
Problème : le collectif "Non à Edvige" et une douzaine d'organisations entendent toujours obtenir l'abrogation du décret sur le fichier de police. Hier, les principales organisations françaises de défense des droits des homosexuels (Aides, Act Up, Collectif contre l'homophobie, Fédération Autre Cercle et Inter-LGBT) ont boycotté une réunion organisée au ministère de l'Intérieur, dénonçant un "fausse concertation". Ils demandent à être reçus ensemble par le Premier ministre, François Fillon, soulignant que Michèle Alliot-Marie procède à des auditions alors que le texte est "probablement déjà bouclé." Une journée de mobilisation est toujours prévue le 16 octobre, pour la Sainte-Edwige. Le Conseil d'Etat, saisi par les principaux syndicats et le collectif, devrait rendre sa décision en décembre.
En l'état actuel du décret du 1er juillet, Edvige recense les personnes "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif". Y figurent aussi celles "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public", y compris les mineurs à partir de 13 ans.
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