Aides, Act Up, Collectif contre l'homophobie, Fédération Autre Cercle et Inter-LGBT : les cinq principales organisations françaises de défense des droits des homosexuels ont décidé de boycotter la réunion organisée mardi après-midi au ministère de l'Intérieur sur le controversé fichier de police Edvige. Dénonçant un "fausse concertation", elles réclament que "le fichier soit annulé", a déclaré le porte-parole de l'association Aides. Selon le ministère de l'Intérieur, les organisations Flag et Gay Lib ont confirmé pour leur part leur venue.
Dans sa nouvelle version, le fichier créé par un décret paru le 1er juillet, devrait notamment abandonner les mentions concernant l'orientation sexuelle et la santé des personnes répertoriées. Pour les cinq associations ayant refusé de rencontrer Michèle Alliot-Marie, ce recul ne suffit pas, car "c'est le fichier en lui-même qui est porteur de graves dérives". "Le gouvernement n'entend pas revenir sur l'essentiel, à savoir un fichier qui mélange des finalités d'ordre administratif et d'autres relatives à la protection de l'ordre public", déplorent-elles.
En l'état actuel, Edvige recense les personnes "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif". Y figurent aussi celles "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public", y compris les mineurs à partir de 13 ans. L'opposition demande l'abrogation du décret, option que doit aussi examiner en décembre le Conseil d'Etat, saisi par les principaux syndicats et un collectif d'associations. Le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a regretté mardi le refus par la Conférence des présidents de l'Assemblée nationale de créer une mission d'information parlementaire sur le fichier. Une journée d'action est prévue le 16 octobre, pour la Sainte-Edwige.







