Des soldats reconnaissent des dysfonctionnements

le 10 septembre 2008 à 09h46 , mis à jour le 10 septembre 2008 à 17h18

Se basant sur les procès-verbaux, France Info révèle mercredi que plusieurs d'entre eux mettent en cause l'organisation du régiment impliqué dans la fusillade accidentelle en juin. 17 personnes avaient été blessées ce 29 juin lors de la démonstration.

Carcassonne fusillade vidéoImage extraite d'une vidéo amateur filmée lors de la fusillade © DR

Plusieurs soldats interrogés à la suite de la fusillade de Carcassonne le 29 juin, qui avait fait 17 blessés lors d'une démonstration, ont reconnu de "graves dysfonctionnements" dans le contrôle des munitions et l'organisation de la démonstration, révèle mercredi France Info.
 
La radio indique avoir eu accès aux procès-verbaux des auditions des militaires du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) dont le sergent qui avait tiré à balles réelles par erreur dans la foule, auditions effectuées par les gendarmes.
 
"Il n'y a pas de contrôle" 
 
Le ministre de la Défense Hervé Morin avait déjà fait état le 6 juillet de "dysfonctionnements sur les conditions de délivrance et de contrôle des munitions". "Il y avait des pratiques contraires au règlement et aux procédures décidés par l'état-major de l'armée de terre", avait-il déclaré.
 
Dans les PV cités par France Info sur son site internet, le sergent J reconnaît qu'il était "possible" de garder les balles réelles après un exercice, car "notre groupe tient sur la responsabilité de chacun". "Après les tirs à balles réelles, on se contrôle par binôme (...) je ne fais pas la vérification générale des armes", précise le lieutenant C, chef de l'une des deux équipes impliquées, ajoutant : "il n'y a pas de contrôle".
 
"La vérité (...) pour que cela ne se reproduise plus"
 
Le sergent B reconnaît l'échange de chargeurs entre militaires, "ça arrive". Quant à des échanges d'armes "ça peut arriver", dit-il. Le tireur, le sergent V explique de son côté: "lors d'un stage (...) je réalise à présent que je suis parti la bas avec des chargeurs contenant des munitions réelles". Quant à la démonstration du 29 juin, le lieutenant C explique qu'il y a eu "des correctifs (...) concernant le scénario". "Au départ, la tente avec le public devait se trouver dans l'angle opposé de là où elle se trouvait. Mes hommes se sont entraînés deux, trois jours avec cette configuration", ajoute le lieutenant.
 
Me Etienne Nicolau avocat des partie civiles, représentant l'enfant de 3 ans le plus grièvement atteint, "qui va sans doute rester handicapé à vie", a évoqué une "négligence générale" sur France Info et réclamé "la vérité (...) pour que cela ne se reproduise plus". 

(D'après agence)

le 10 septembre 2008 à 09:46
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