Les lycéens devant les résultats du bac, le 2 juillet 2007 © LCILe baccalauréat est un rite de passage pour la plupart des jeunes Français depuis près de 200 ans. Pour Xavier Darcos, cette étape dans la vie de chaque étudiant perd au fil des ans de son importance, et doit donc être plus "valorisée". Le ministre de l'Education nationale souhaite donc remettre à l'honneur les récompenses scolaires et notamment instituer une "médaille" pour les bacheliers, de couleur différente selon la mention obtenue. "Elle peut-être sur le mode des médailles sportives, or, argent, bronze, selon la mention obtenue", explique-t-il dimanche dans Le Parisien.
Le ministre de l'Education nationale ajoute que "pour symbolique qu'elle soit, la médaille aurait plus de signification que le seul diplôme de papier". La récompense devrait voir le jour pour les bacheliers de 2009. "Nous réfléchissons encore aux modalités, mais l'idée est validée", explique-t-il. Plus généralement, Xavier Darcos s'est dit favorable aux remises de prix dans les facs et les écoles : "Je crois très important que les adultes, si exigeants avec les élèves, leur retournent ensuite une reconnaissance. La remise de prix ou de diplôme n'est donc pas seulement une récompense mais une marque de gratitude de l'école envers les élèves qui illustrent les valeurs de l'école", a-t-il dit.
"Une médaille en chocolat pour les bacheliers au rattrapage"
De côté des lycéens et des parents d'élèves, on est plutôt surpris, ou au mieux, réservé sur la proposition du ministre. "Ce n'est pas du tout une demande des lycéens", assure dimanche Florian Lecoultre, président de l'UNL, premier syndicat lycéen. "C'est du bling-bling, c'est insignifiant. On peut multiplier les annonces inutiles comme celle-là, reste que pendant ce temps on ne s'attaque pas aux vrais problèmes", comme le fait que le bac est devenu un examen de "bachotage", a-t-il ajouté.
Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves du public, rappelle lui n'avoir "jamais demandé à ce que les enfants reçoivent des médailles". Il critique au passage le fait que le ministre veuille "féliciter l'élite, alors qu'aujourd'hui la question porte plutôt sur la résorption des inégalités". Pour la deuxième fédération de parents, la Peer, Anne Kerkhove reconnaît que "certains parents disent qu'ils aimeraient bien des remises de prix comme celles pratiquées dans les pays anglo-saxons", mais elle estime que cette idée relève du "détail. On a quand même des choses plus importantes à travailler, dont la réforme du lycée", qui doit progressivement se mettre en place entre les rentrée 2009 et 2011, estime-t-elle.
L'idée semble aussi faire grincer des dents chez les enseignants. Daniel Robin (Snes-FSU, principal syndicat d'enseignants des collèges et lycées) soupire: "c'est pathétique et dérisoire qu'un ministre de l'Education consacre son temps à faire des annonces de cette nature alors qu'il y a bien d'autres problèmes à régler. Tout ça c'est un coup de bling-bling". "Et pourquoi pas une médaille en chocolat pour les bacheliers obtenant leur bac au rattrapage", ironise pour sa part Thierry Cadart (Sgen-CFDT, 2e dans le second degré), parlant de mesure "complètement déphasée renvoyant à une vision de la société particulièrement rétrograde".
Darcos planche sur un "code de la paix scolaire" |
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a demandé à un jeune magistrat, Laurent Huet, de lui faire "une proposition, de rédiger un code de paix scolaire qui serait valable pour la totalité du territoire", a-t-il déclaré, assurant qu'il y aurait "des déclinaisons en fonction de la communauté éducative ici ou là". Ces "règles communes" doivent selon le ministre obéir à "trois principes". Tout d'abord la "recherche systématique de la responsabilité civile lorsque des dégradations sont commises, en particulier celles des parents : qui casse rembourse". Xavier Darcos souhaite également "faire en sorte que l'exclusion soit abandonnée", expliquant qu'il "faut au contraire qu'un élève qui se marginalise ne soit pas exclu mais qu'il soit ramené aux règles de la vie en collectivité - par exemple qu'il puisse, par des travaux d'intérêt collectif à l'intérieur de l'établissement, retrouver un comportement d'utilité collective". Il veut enfin des "procédures disciplinaires beaucoup plus rapides, beaucoup plus souples". "Il faut une commission disciplinaire qui permette à tous les représentants de la communauté éducative de réagir beaucoup plus vite qu'un conseil de discipline formel", a-t-il ajouté. |
D'après agence
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