© AFPAssociations et syndicats ont choisi de recourir à l'humour pour saborder le fichier de police Edvige. Après plusieurs jours de forte mobilisation dans les médias, leurs représentants ont présenté mardi, lors d'un point presse à Paris, une parodie de fiche de police, qu'ils appellent à remplir et envoyer au ministère de l'Intérieur, avec la réponse à des questions telles que : "Avez-vous été au cours de votre existence en contact avec un autre être humain ?". Cette fiche, baptisée "facilitez le travail de la police" invite par ailleurs à lécher le coin gauche de la fiche pour y déposer son ADN. Le collectif appelle par ailleurs à une journée d'action le 16 octobre, jour de la Sainte-Edwige. Ce sera l'occasion de "faire sa fête" à ce fichier, ont-ils déclaré, promettant une série d'actions dont ils se refusent à dévoiler le détail. Les protestataires disent avoir réuni plus de 130.000 signatures sur leur site http://www.nonaedvige.ras.eu.org.
Un décret étoffe le "fichier des personnes recherchées"
Personnes recherchées pour une enquête, mais aussi étrangers en situation irrégulière ou même supporteurs interdits de stade : ce nouveau fichier recouvre des catégories très hétérogènes. Ce qui avait suscité les craintes de la Cnil.
Publié le 30/05/2010
La contestation enfle depuis la rentrée sur ce fichier de police créé par un décret paru au Journal officiel le 1er juillet. Edvige recensera les personnes "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif" et celles qui "en raison de leur activité individuelle ou collective sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public", y compris les mineurs. Outre l'origines ethnique, les choix politiques ou philosophiques, pourront désormais, sous conditions, être inscrites des informations sur la sexualité et la santé de ces personnes fichées.
La mobilisation commence à payer
"Se mobiliser contre Edvige, c'est se mobiliser contre le contrôle de toute la population", a dit lors de la conférence de presse Agnès Nahon, secrétaire confédérale de la CGT. Pour le président de la Ligue des droits de l'homme, Jean-Pierre Dubois, ce fichier marque "le basculement vers une société de surveillance". Une douzaine d'organisations et de particuliers ont déposé un recours auprès du Conseil d'Etat pour obtenir l'annulation de la création de ce fichier. Ces recours seront examinés en décembre et la décision est attendue avant la fin de l'année.
Depuis le week-end dernier la polémique a dépassé la sphère associative pour s'inviter dans le débat politique. Le premier ministre François Fillon a même du se fendre d'un rappel à l'ordre à son ministre de la Défense Hervé Morin, après que ce dernier est émis des réserves sur l'opportunité de ce fichier. Cet après-midi, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie a montré le premier signe d'inflexion, en se disant prête à proposer aux associations opposées au fichier Edvige le "droit à l'oubli" pour les mineurs, permettant d'en effacer ceux qui n'auraient finalement participé à aucun délit après un certain temps...
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