Image d'archives © TF1Décembre 2007, Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, confirme l'assouplissement de la carte scolaire. Certains parents respirent. Depuis 1963, elle leur imposait un établissement, collège ou lycée, en fonction de leur lieu d'habitation. Aujourd'hui, les parents peuvent demander plus facilement leur inscription dans le collège de leur choix. Et ils ne s'en privent pas. Les demandes de dérogation ont fortement augmenté, voire explosé. Le point sur la situation avec Didier Jouault, directeur des services départementaux de l'Education dans le Val-de-Marne.
LCI.fr : La "libéralisation" de la carte scolaire a provoqué une forte augmentation des demandes de dérogations. Qu'en est-il dans votre département ?
Didier Jouault : C'est surtout dans les 105 collèges que la demande a été forte. L'an dernier, à l'entrée en 6e, nous avions reçu environ 670 demandes de familles souhaitant un autre collège que celui de leur secteur. Cette année, nous en avons eu 1180, soit un peu près le double sachant que 13.000 élèves entrent au collège dans notre département. Donc, oui il y a eu effectivement une augmentation, mais cela concerne 10% des familles seulement. Environ 80% des demandes ont reçu une réponse positive. Et là, oui, on peut parler d'explosion puisque l'an dernier, 40% des familles avaient été satisfaites.
LCI.fr : Est-ce le même constat du côté des lycées ?
D.J. : Les demandes sont toujours moindres pour les lycées. Cette année, nous avons reçu 900 demandes de dérogation, contre 600 en 2007. Le taux de satisfaction, lui, est passé de 50 à 60%. Cette augmentation est plus faible puisqu'il y a moins de lycées que de collège et qu'ensuite ces lycées où il "faut absolument aller" dans l'esprit des parents sont ceux qui, en présentant des options particulières telles l'art plastique ou les langues rares, ont déjà fait le plein en élèves. Il y a donc moins d'espace pour des dérogations nouvelles contrairement au collège.
LCI.fr : Depuis cet assouplissement, comment décidez vous ou non d'octroyer une dérogation ? Et d'ailleurs, qui le décide ?
D.J. : Depuis cette année, c'est l'inspection académique, c'est-à-dire mes collaborateurs et moi, qui étudions les dossiers. C'est simple, il y a deux situations : le collège demandé dispose de suffisamment de place et dans ce cas là, la consigne du ministre a été claire, "il faut dire oui", donc on dit oui. Soit il y a plus de demandes que de places et dans ce cas là, on applique une série de critères très clairs. Les élèves handicapés et boursiers seront prioritaires.
LCI.fr : A une époque, les parents rivalisaient d'ingéniosité pour tricher sur leur domiciliation. Cette pratique a-t-elle vécu ?
D.J. : Il n'y a actuellement plus de raison de mentir sur sa domiciliation. Tout est devenu beaucoup plus transparent, plus facile à discuter avec les parents.
LCI.fr : N'y a-t-il pas des effets pervers à tout cela ? Le risque que la mixité sociale soit un peu malmenée dans certains établissements délaissés par les "bons éléments".
D.J. : Non. Un élève boursier qui, par définition n'est pas issu d'un environnement favorable, va être en tête des demandes de dérogation. Il pourra rejoindre un collège plus favorisé. Donc là, ça va améliorer cette mixité sociale. Quant à ces collèges d'où sont partis un certain nombre d'élèves, on laisse tous les moyens aux équipes pour améliorer la vie scolaire, permettre aux collégiens de travailler en petits groupes, offrir des heures de soutien etc. Bref, tout faire pour que ce collège ait l'image d'un endroit où on peut réussir. On verra si ça marche.
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