Rachida Dati © LCIRachida Dati se rend ce jeudi à la maison d'arrêt de Metz-Queuleu, après le suicide d'un adolescent de 16 ans dans sa cellule, le quatrième enregistré depuis le début de l'année dans cet établissement présenté jusqu'alors comme une "prison modèle" par la garde des Sceaux. Dès l'annonce de cette mort, la ministre avait ordonné mercredi une enquête administrative, dont elle devrait avoir les conclusions ce jeudi même.
Elle aura fort à faire pour calmer la grogne des personnels de prison, qui a été attisée par des drames récents. Outre le suicide de Metz-Queuleu, les dernières semaines ont été marquées par une série inhabituelle de graves incidents dans les prisons : prise d'otage d'un psychologue à Fleury-Mérogis, meurtre d'un homme par son codétenu à la maison d'arrêt de Rouen, meurtre d'un détenu de Varces par un tir de l'extérieur... et ce, alors que la surpopulation carcérale affiche un niveau record.
"Une colère immense"
Les trois principaux syndicats de surveillants de prison, affirmant représenter 90 % du personnel, ont demandé au début du mois à la ministre d'organiser "dans l'urgence absolue, la tenue de véritables états généraux sur le métier et les conditions de travail des personnels de surveillance". Dans un communiqué commun, l'Ufap, FO et la CGT avaient menacé : "Dans le cas contraire, l'unité syndicale et les personnels se mobiliseront et prendront leurs responsabilités". Les représentants syndicaux disaient se faire "l'écho d'une colère immense chez les agents unanimes dans le sentiment d'être oubliés et rejetés par les politiques".
En réponse, Rachida Dati avait répondu le lendemain par une lettre évoquant des "efforts sans précédent accomplis depuis mai 2007" en faveur des prisons, soulignant que le budget de la pénitentiaire avait augmenté de 6,8 % en 2008 et progresserait de 4,1 % en 2009, au moment où "l'Etat réalise un effort de maîtrise des dépenses exceptionnel".
D'après agence
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