Fichier de police Edvige © LCILes modifications apportées par le gouvernement au décret instaurant le fichier Edvige n'auront pas suffi à stopper la mobilisation. Il reste encore "beaucoup à dire sur les fichiers en général", selon les opposants au fichage policier. Ce jeudi, le collectif "Non à Edvige", qui regroupe notamment la Ligue des droits l'homme, la FSU, la CGT, la CFDT et Aides, avait donc organisé "une quarantaine d'initiatives" en régions, généralement des rassemblements devant les préfectures. A Paris, à partir de 16h30 devant l'Assemblée nationale, les passants ont été symboliquement invités à remplir une fiche "pour faciliter le travail de la police", selon Philippe Castel, représentant la FSU - première fédération de l'Education.
Le collectif estime que dans la nouvelle mouture - transmise le 19 septembre à la Cnil - "l'essentiel est resté", à savoir l'inscription, dès 13 ans, des mineurs susceptibles de troubler l'ordre public. "On est dans l'ère du soupçon", proteste Marie Jacek, de la CGT. "On considère les gens coupables d'avance", renchérit Jean-Pierre Dubois, de la LDH. "Comment peut-on parler de droit à l'oubli pour des actes qui n'existent pas?", s'interroge Hélène Franco, du syndicat de la magistrature.
Le collectif "Non à Edvige" estime qu'au-delà de l'opposition au fichier policier Edvige, il est urgent de s'interroger sur les menaces que font peser, selon lui, sur les libertés publiques tous les fichiers informatisés. "Il y a beaucoup de choses à dire sur les fichiers en général comme sur le Stic (système de traitement des infractions constatées par la police nationale, ndlr), dont on nous dit que 25% des données sont totalement fausses", estime Philippe Castel. "Le Fnaeg (fichier national automatisé des empreintes génétiques) est un fichier monstrueux recensant des personnes poursuivies ou non, condamnées ou non", dénonce aussi Hélène Franco.
Edvige : canular ou nouveau dérapage à Lyon |
Un courrier demandant aux Lyonnais de participer à un "recensement" policier dans le cadre du fichier Edvige a suscité des remous mercredi : la préfecture a dénoncé un "faux" et le parquet a évoqué une possible "démarche politique". "Dans le cadre de la mise en place du fichier EDVIRSP (Exploitation documentaire et valorisation de l'information relative à la sécurité publique), anciennement EDVIGE, institué par décret le 29 septembre 2008, le commissariat du premier arrondissement procède au recensement des personnes domiciliées à Lyon", dit ce courrier, transmis à l'AFP par un site d'actualités locales d'extrême-gauche, rebellyon.info. "L'ensemble des personnes domiciliées à Lyon est concernée", précise la lettre, en date de lundi et co-signée par la "Direction régionale des renseignements généraux" et le commissariat du 1er arrondissement de Lyon. |
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