
Après l'Italie et la Belgique, la France s'apprête à se lancer elle aussi dans l'aventure des commissariats virtuels. Dans les prochains jours, le ministère de l'Intérieur lancera un portail Internet permettant aux citoyens, qui s'estiment victimes, de faire des pré-dépôts de plainte en ligne depuis leur salon. "Nous peaufinons encore quelques aspects juridiques", précise-t-on dans l'entourage de la Ministre. L'expérimentation sera lancée dans un premier temps dans le département des Yvelines et à La Rochelle. La personne choisira sur le site Internet dans quel commissariat ou brigade de gendarmerie elle souhaite déposer sa plainte. Après s'être identifiée, elle ne pourra porter plainte que pour des faits dits "mineurs", comme les vols ou les dégradations. L'internaute recevra alors une réponse automatique de bonne réception.
Fini les files d'attente au commissariat
Mais contrairement à ce qui se fait en Italie ou en Belgique, ce système de pré-dépôt de plainte ne dispensera pas le plaignant d'une visite au commissariat. "Après étude de sa déposition sur Internet, il se verra proposer un rendez-vous pour venir finaliser et signer la plainte au commissariat. Ce n'est qu'au moment de cette validation physique, au commissariat ou à la brigade, que la plainte sera valable légalement", précise un gendarme. Dans les rangs de la police, on se réjouit déjà de la mise en place de ces commissariats en ligne. "Depuis des années nous demandions un allègement des contraintes de procédure par la dématérialisation de celles-ci, explique Patrice Ribeiro, secrétaire général adjoint du syndicat d'officiers Synergie Officiers. Ce système de pré-dépôt de plainte en ligne va permettre de gagner du temps car toutes les informations standard, comme le recueil de l'identité du plaignant, seront pré-formalisées. Avec ce système, le service public s'y retrouve, puisqu'il gagne en efficacité et l'usager s'y retrouve aussi, notamment en n'ayant plus à faire la queue au commissariat".
Le lancement de ce commissariat virtuel sera la concrétisation d'un projet qui tenait depuis longtemps à cœur la ministre de l'Intérieur. Le 6 juillet 2007, dans un discours prononcé à l'occasion de la 7e rencontre des associations d'aide et de victimes, à Melun, Michèle Aliot-Marie avait annoncé, déjà, son souhait "pour faciliter l'accès des victimes" de développer "la possibilité de déposer plainte en ligne" pour les infractions "qui de manière quotidienne alimentent l'insécurité".
La ministre de l'Intérieur rencontre ce vendredi, lors d'une visite à la préfecture de police de Paris, les chefs de police de 22 pays européens venus pour échanger sur les nouveaux problèmes de sécurité publique. Au menu de cette rencontre, notamment, l'amélioration des services offerts par les commissariats et les projets de commissariats virtuels...
| Police on web, l'exemple belge |
En Belgique, le commissariat virtuel existe depuis 2007. Pour avoir accès au site "policeonweb", l'utilisateur doit entrer son numéro de carte d'identité électronique ou son token citoyen (carte personnalisée avec des codes, délivrée par la commune). À la différence du modèle adopté par la France, les plaintes déposées sur Internet par les citoyens belges ont immédiatement une valeur légale grâce à la signature électronique. Vol de vélo, vol à l'étalage, vandalisme, dégradation... la liste des infractions, toutes "mineures", est clairement définie. "Ce ne sont pas les infractions les plus importantes qui sont traitées en ligne, mais ce sont celles qui encombrent le plus nos commissariats, explique Laurent Bounameau , responsable de la section Internet au Federal computer crime unit. Avec ce système, nos policiers locaux peuvent consacrer plus de temps au terrain et aux vraies affaires". Le lundi se révèle être le jour où les internautes belges portent le plus souvent plainte. Ils se connectent essentiellement entre 8h et 10 h, avant d'arriver ou en arrivant au boulot, ou entre 18h et 21h, en en revenant. |
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