Le commissariat virtuel débarque en France

Par , le 09 octobre 2008 à 21h00 , mis à jour le 09 octobre 2008 à 23h29

Le ministère de l'Intérieur s'apprête à lancer un site internet grâce auquel les citoyens pourront rédiger des pré-dépôts de plaintes. Objectifs : désengorger les commissariats et améliorer l'accueil des victimes.

Portable ordinateur

Après l'Italie et la Belgique, la France s'apprête à se lancer elle aussi dans l'aventure des commissariats virtuels. Dans les prochains jours, le ministère de l'Intérieur lancera un portail Internet permettant aux citoyens, qui s'estiment victimes, de faire des pré-dépôts de plainte en ligne depuis leur salon. "Nous peaufinons encore quelques aspects juridiques", précise-t-on dans l'entourage de la Ministre. L'expérimentation sera lancée dans un premier temps dans le département des Yvelines et à La Rochelle. La personne choisira sur le site Internet dans quel commissariat ou brigade de gendarmerie elle souhaite déposer sa plainte. Après s'être identifiée, elle ne pourra porter plainte que pour des faits dits "mineurs", comme les vols ou les dégradations. L'internaute recevra alors une réponse automatique de bonne réception.

Fini les files d'attente au commissariat
 
Mais contrairement à ce qui se fait en Italie ou en Belgique, ce système de pré-dépôt de plainte ne dispensera pas le plaignant d'une visite au commissariat. "Après étude de sa déposition sur Internet, il se verra proposer un rendez-vous pour venir finaliser et signer la plainte au commissariat. Ce n'est qu'au moment de cette validation physique, au commissariat ou à la brigade, que la plainte sera valable légalement", précise un gendarme. Dans les rangs de la police, on se réjouit déjà de la mise en place de ces commissariats en ligne. "Depuis des années nous demandions un allègement des contraintes de procédure par la dématérialisation de celles-ci, explique Patrice Ribeiro, secrétaire général adjoint du syndicat d'officiers Synergie Officiers. Ce système de pré-dépôt de plainte en ligne va permettre de gagner du temps car toutes les informations standard, comme le recueil de l'identité du plaignant, seront pré-formalisées. Avec ce système, le service public s'y retrouve, puisqu'il gagne en efficacité et l'usager s'y retrouve aussi, notamment en n'ayant plus à faire la queue au commissariat".

Le lancement de ce commissariat virtuel sera la concrétisation d'un projet qui tenait depuis longtemps à cœur la ministre de l'Intérieur.  Le 6 juillet 2007, dans un discours prononcé à l'occasion de la 7e rencontre des associations d'aide et de victimes, à Melun, Michèle Aliot-Marie avait annoncé, déjà, son souhait "pour faciliter l'accès des victimes" de développer "la possibilité de déposer plainte en ligne" pour les infractions "qui de manière quotidienne alimentent l'insécurité".

La ministre de l'Intérieur rencontre ce vendredi, lors d'une visite à la préfecture de police de Paris, les chefs de police de 22 pays européens venus pour échanger sur les nouveaux problèmes de sécurité publique. Au menu de cette rencontre, notamment, l'amélioration des services offerts par les commissariats et les projets de commissariats virtuels...

Police on web, l'exemple belge

En Belgique, le commissariat virtuel existe depuis 2007. Pour avoir accès au site "policeonweb", l'utilisateur doit entrer son numéro de carte d'identité électronique ou son token citoyen (carte personnalisée avec des codes, délivrée par la commune). À la différence du modèle adopté par la France, les plaintes déposées sur Internet par les citoyens belges ont immédiatement une valeur légale grâce à la signature électronique. Vol de vélo, vol à l'étalage, vandalisme, dégradation... la liste des infractions, toutes "mineures", est clairement définie. "Ce ne sont pas les infractions les plus importantes qui sont traitées en ligne, mais ce sont celles qui encombrent le plus nos commissariats, explique Laurent Bounameau , responsable de la section Internet au Federal computer crime unit. Avec ce système, nos policiers locaux peuvent consacrer plus de temps au terrain et aux vraies affaires". Le lundi se révèle être le jour où les internautes belges portent le plus souvent plainte. Ils se connectent essentiellement entre 8h et 10 h, avant d'arriver ou en arrivant au boulot, ou entre 18h et 21h, en en revenant.

Malgré les craintes, cette possibilité de porter plainte en ligne n'a pas entraîné une avalanche de mails. En juillet dernier, 234 plaintes avaient été déposées sur policeonweb, 187 en août. Pas non plus de rupture avec les policiers, ceux en chair et en os ? "Non, assure Laurent Bounameau. Il faut être pragmatique. Même quand les gens viennent au commissariat, on ne peut pas répondre à tous". Mieux, policeonweb pourrait augmenter le nombre de cas résolus. "Lorsque quelqu'un porte plainte pour un vol de vélo, l'affaire est souvent classée. Mais si, via le site, on se rend compte que dans le même secteur, il y a plusieurs plaintes similaires, alors, il y aura une enquête".

La Belgique possède également depuis janvier 2007 un site de signalement "ecops.be", sur lequel les citoyens peuvent dénoncer toutes les choses étranges qu'ils croisent sur le web, dans tous les domaines : terrorisme, hacking, xénophobie, pédopornographie, escroquerie...Depuis janvier 2007, il y a eu 20 500 signalements enregistrés.

Par Alexandra Guillet le 09 octobre 2008 à 21:00
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17 Commentaires

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  • Josy67, le 10/10/2008 à 14h00

    C'est tres bien! il faut trouver des solutions face a ce qui se passe actuellement en france! il faut aussi que la police, (je parle des gades), fassent encore beucoup plus pour qu e l'identite du plaignant soit efficacement tenue secrete, pour eviter les pressions, les represailles de la part de ceux qui sont accuses!

  • Helene, le 10/10/2008 à 12h11

    Il faut bien comprendre que le but n'est pas de rendre service aux citoyens mais de supprimer des emplois!!!!!!!

  • Ruade, le 10/10/2008 à 11h09

    La france copie rarement ce qui se fait de plus intelligent ailleurs. Par contre, nous sommes champions pour copier les bétises.

  • Sphinx, le 10/10/2008 à 10h50

    C'est curieux. Dès qu'une nouveauté apparaît, aussitôt les rétrogrades se réveillent. Mais cessez donc d'avoir peur de tout et de tous ! Si l'on vous écoutait, il faudrait supprimer les couteaux de table, car on peut tuer quelqu'un avec. Un outil n'est ni bon, ni mauvais. C'est l'usage qu'on en fait qui donne un sens. Et puis, pensez-vous que la police soit sotte au point de ne pas savoir faire la part des choses ? Keep cool et portez le soleil en vous !

  • JGH, le 10/10/2008 à 10h39

    Y aura-t-il également, dans la foulée, des peines "virtuelles" prononcées par la justice ?

  • COCO, le 10/10/2008 à 10h06

    Ce qu'il faudrait surtout ce sont des cambrioleurs virtuels, des voleurs virtuels, des tueurs virtuels et des clandestins virtuels. On aurait enfin la paix !

  • POULAIN, le 10/10/2008 à 09h33

    J'ai déposé plainte au commissariat de la Plaine Saint Denis il y a 2 semaines. Le PV comporte 59 fautes sur 30 lignes... et encore j'en ai corrigé verbalement au moins le double à l'agent qui prenait ma plainte. Je tiens à votre dispo l'original... digne d'un élève de CP (l'agent ne sait même pas écrire le nom de la ville dans laquelle il officie...) ce nouveau service va donc faciliter la lecture et compréhension au TI et TGI !!!

  • Gouja, le 10/10/2008 à 09h30

    A quand les prisons virtuelles, les détenus auront plus le droit de sortir de chez eux !!! ???

  • GOGNET, le 10/10/2008 à 08h37

    N'importe quoi, voilà que les voisins qui se chiffonnent entre eux vont pouvoir prédéposer plainte sur ce site les uns envers le autres, le gamin qui se sera fait remonter les bretelles par ses parents pourra en faire autant, c'est l'américanisation du système judiciaire, peut-être avec plus de zèle encore, on va se faire déborder avec ce genre de système, çà va encore couter à la société pour s'occuper de dossiers qui il ya encore quelques années auraient été irrecevables. Quand vous pensez qu'un voisin porte plainte contre un autre parce que son coq chante le matin, ou encore, qu'on porte plainte parce les cloches de l'église font bruit, çà laisse une idée de l'avanir de ce truc.

  • Phaphane, le 10/10/2008 à 08h12

    Comme le précise l'article, les plaintes virtuelles se feront pour des cas mineurs ! En plus, il faudra se déplacer au commissariat pour les valider. Arrêtez de lire entre les lignes et de comprendre seulement ce qui vous intéresse, pensez au temps que vous allez gagner sans faire la queue ! Une corvée en moins pour un français incapable d'attendre plus de cinq minutes !

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