Les grands oubliés de la crise financière

le 17 octobre 2008 à 11h28 , mis à jour le 17 octobre 2008 à 20h17

Exclus de la croissance, les plus pauvres risquent aussi, en temps de crise, de se retrouver les premiers frappés. Ce que dénonçait ce vendredi la Journée du refus de la misère.

SDF mendicité sans abri misère sans domicile fixe clochard Image d'archives © Sxc Kalilo

Lancée en 1987 par le père Joseph Wresinski, fondateur du mouvement ATD Quart Monde, et devenue "mondiale" à partir de 1993, la Journée du refus de la misère de cette année s'est inscrite dans un contexte très particulier, alors que la planète entière fait face aux conséquences de la crise financière. Si les personnes démunies semblent très éloignées de la tempête boursière, elles vont en revanche subir les conséquences d'une crise économique, qui s'inscrit dans un contexte déjà peu favorable depuis plusieurs mois en matière d'emploi ou de logement. Les clignotants sont en effet déjà au rouge pour les plus pauvres. Avant même la crise financière, les permanences d'accueil du Secours populaire ont ainsi reçu 15 à 20% de demandes d'aides supplémentaires sur un an.

Pour Bruno Tardieu, délégué national d'ATD Quart Monde, "ceux qui ont du mal à s'en sortir vont souffrir, l'augmentation des prix, la montée du chômage les touchent en premier chef, les pauvres payent toujours les crises plus fort que les autres". Mais pour l'instant, les conséquences sont plutôt de l'ordre du "ressenti", dit-il, c'est un fort sentiment de "dégoût" qui prime parmi les personnes liées au mouvement ATD. "Les gens entendent des chiffres incroyables, quand le patron de Dexia dit que partir avec 3,7 millions d'euros c'est normal, pour les gens à qui il reste 50 euros par mois pour vivre, c'est insultant", affirme Bruno Tardieu. Pour le dirigeant d'ATD, "les pauvres se sont fait berner", "on les a poussés à consommer, et maintenant il faut voir les chiffres du surendettement (qui a augmenté de 33% de 2002 à 2006), on a créé la méfiance".

Les jeunes sont les plus fragiles 

Embarqués dans les problèmes de survie quotidienne, souvent dépendants pour finir le mois, de l'aide des associations, les démunis ont témoigné ce vendredi, un peu partout en France mais aussi dans le monde, pour ne pas être les "oubliés" des gouvernements, au chevet aujourd'hui des banques et des entreprises. Mercredi, à Marseille où une table ronde européenne se tenait sur la pauvreté, le Haut commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch a appelé les 27 pays de l'Union européenne, à "ne pas réduire" le niveau des protections sociales, car ce sont elles qui permettront, selon lui, de faire une "différence fondamentale par rapport à la crise de 1929" où les "gens tombaient comme des mouches".

Les jeunes représentent une catégorie particulièrement fragile en ce temps de crise. C'est donc sous ce signe des jeunes qu'avait été placée cette Journée mondiale du Refus de la misère. Au Conseil économique et social, se sont tenues les deuxièmes Assises nationales de la Jeunesse, qui ont réuni quelque 600 jeunes "acteurs économiques et sociaux" pour débattre des thèmes qu'ils avaient eux-mêmes choisis, et qui reflétaient leurs préoccupations majeures, l'emploi et le logement.

D'après agence

le 17 octobre 2008 à 11:28
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6 Commentaires

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  • Alexis, le 17/10/2008 à 13h41

    Coluche disait "la crise appauvrit les pauvres et enrichit les riches, alors je vois pas en quoi c'est une crise!" Votre article donne, malheureusement, raison à Coluche des années après... !

  • Dan, le 17/10/2008 à 13h20

    La crise financière est mondiale. Il serait donc important de ne pas oublier les Jeunes africain, qui sans cesse gémissent dans la misère noire. Merci de tenir compte de ce message.

  • Jud, le 17/10/2008 à 12h50

    Je pense que si ri1 n'est fait dans l'immédiat cette crise repercutera dans le monde entier, en particulier les pays du tiers monde.

  • Marcel, le 17/10/2008 à 12h14

    Les jeunes ,les vieux ,même situation ,et alors ! serais ce une forme de discrimination ? ou un même oubli ,voir un mépris ou une brutalité ,chacun pour soi .La société de demain n'est qu'un rêve entretenu par notre passé sur lequel s'appuient ceux qui ont eu l'audace de le comprendre et de le mettre en oeuvre .Les hommes et les femmes ne demandent qu'une équité ,chacun à sa place raisonnablement ,après tout nous ne sommes que des morts en sursis

  • Mimi7, le 17/10/2008 à 12h06

    Bien sur qu il faut aider les plus démunis surtt a les aider a sortir de la rue mais ,il faut aussi que ces gens se reprennent et acceptent un boulot n importe lequel au debut ,il s agit de s en sortir ,du boulot ou une formation il y en a pr celui ou celle qui veut bosser je crois qu il faut revaloriser et reprendre gout au travail et puis si les gens attendent des boulots faciles ,bien payés avec sans ou peu de diplomes bennnn ils peuvent rever mon mari bosse dur ds le batiment et cela depuis 35 ans mais au moins il a cette fierté de faire vivre sa famille sans rien devoir a personne

  • Maurice, le 17/10/2008 à 12h01

    Et en quoi sont ils directement touchés par un krash boursier exactement ?

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