Pour que se tienne "le procès de l'amiante"

le 11 octobre 2008 à 11h13 , mis à jour le 11 octobre 2008 à 21h07

Les victimes de l'amiante et leurs familles manifestaient samedi pour dénoncer le "scandale" d'une instruction judiciaire loin d'être close 12 ans après les premières plaintes.

amiante Andeva6.000 personnes selon les organisateurs ont défilé à Paris © TF1

Ils défilent depuis quatre ans et continueront à le faire tant qu'un procès n'aura pas lieu. Les victimes de l'amiante et leurs familles ont manifesté samedi pour que se tienne le "procès de l'amiante" et dénoncer le "scandale" d'une instruction judiciaire loin d'être close 12 ans après les premières plaintes. Selon les organisateurs, ils étaient près de 6.000 dans les rues de la capitale.

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Alors que l'amiante provoque environ 3.000 décès par an en France, "selon les estimations optimistes des officiers de police judiciaires en charge de l'enquête, l'instruction ne sera pas close avant 2014", souligne l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva), qui rappelle que jusqu'en 2005, "les dossiers n'ont quasiment pas été instruits".
 
Il a fallu la mobilisation acharnée des "veuves de Dunkerque" (épouses de victimes de l'amiante) contre la décision d'un juge d'instruction d'ordonner un non-lieu en décembre 2003, pour que soit finalement regroupé en mai 2005 l'ensemble des plaintes "amiante" au pôle judiciaire de santé publique à Paris, rappelle l'Andeva. Depuis, les enquêtes progressent, mais le manque de moyens pour traiter des dossiers extrêmement complexes, en raison du grand nombre de victimes, du temps de latence très long d'apparition de la maladie et des responsabilités multiples, fait craindre à l'Andeva que le procès n'ait jamais lieu. Dans un communiqué diffusé samedi, Rachida Dati, garde des Sceaux, a affirmé avoir obtenu "le triplement des moyens d'enquête dédiés au dossier.
 
Des demandes en augmentation
 
Utilisé dans les produits et bâtiments pour ses qualités d'isolation acoustique et thermique, l'amiante a causé des ravages parmi les travailleurs qui l'ont manipulé, mais a eu des conséquences aussi sur des personnes en contact avec ce produit sans le savoir. Elle provoque des maladies spécifiques, qui apparaissent 20, 30 et jusqu'à 40 ans après (mésothéliomes et cancers pulmonaires) et peut avoir pour effets des épanchements pleuraux ou sclérose du tissu pulmonaire qui atteignent la capacité respiratoire.
 
Mais ces maladies existent aussi parfois en dehors d'une exposition à l'amiante, d'où la difficulté pour les victimes qui sont atteints par un symptôme non spécifique d'obtenir une indemnisation. Les victimes de l'amiante peuvent demander réparation au Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (Fiva), qui, depuis son installation en janvier 2005 et jusqu'à la fin 2007, a versé 1,64 milliard d'euros d'indemnisation et reçu 63.325 demandes.
 
Les demandes sont en augmentation, (+33,2% par rapport à 2006), comme les contentieux indemnitaires (+112 %) liés à la contestation par les victimes des offres d'indemnisation qu'ils reçoivent. La grande majorité des demandeurs sont reconnus en maladie professionnelle. Ce sont essentiellement des hommes, âgés en moyenne de 62 ans lors de l'établissement du diagnostic lorsqu'il s'agit d'une maladie bénigne (plaque pleurale), de 66 ans pour les cancers dus à l'amiante.
 

(D'après agence)

le 11 octobre 2008 à 11:13
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