Plus de grévistes que prévu dans les écoles parisiennes

le 16 octobre 2008 à 13h12 , mis à jour le 16 octobre 2008 à 18h41

L'ampleur du mouvement de grève a pris de court jeudi les prévisions du rectorat de Paris. 34,36% des enseignants ont répondu à l'appel de l'intersyndicale.

classe école élève © LCI

La grève dans les écoles primaires parisiennes a été fortement suivie jeudi par les enseignants. "34,36% de grévistes par rapport au nombre total d'enseignants, ça veut dire que c'est une grève importante", a estimé le recteur de Paris, Maurice Quénet. "Une grève dont il va falloir décrypter le sens" car les participants sont "beaucoup plus que ce que je pensais", a-t-il ajouté. Le taux de grévistes est en effet assez proche des 40% d'enseignants qui avaient déclaré leur intention de faire grève (conformément à la loi sur le droit d'accueil), alors que le rectorat tablait sur un chiffre bien inférieur. Ainsi 1907 enseignants ont fait grève, sur les 5550 professeurs des 660 écoles maternelles et élémentaires de la capitale.

En revanche, "le service d'accueil a fonctionné, en dépit de la grève d'une catégorie d'agents" d'animation, a assuré le recteur Quénet, sans préciser le nombre d'écoles parisiennes ayant mis en oeuvre le droit d'accueil, légalement obligatoire à partir de 25% d'enseignants grévistes. Il a ajouté que, si des écoles ont fermé, "les directeurs devront s'expliquer".

3000 "Rased" supprimés à la rentrée 2009

L'élément déclencheur de la grève, à l'appel d'une large intersyndicale, a été le refus de l'inspecteur de l'académie de Paris d'accepter une réunion syndicale d'information sur le temps de classe des enseignants, contrairement à l'usage en vigueur depuis deux décennies. En outre, les grévistes voulaient dénoncer "l'autoritarisme" de l'inspecteur dans la mise en place des "réformes Darcos" en primaire : les deux heures par semaine "d'aide personnalisée", les suppressions de postes et le service minimum d'accueil.

Dans la matinée, près de mille enseignants, selon le syndicat SNUipp, ont manifesté devant le rectorat de Paris, en déployant notamment une banderole sur laquelle était écrit : "Ecole en grève. Halte à la destruction de l'école publique. Non aux suppressions de postes". Les manifestants, dont beaucoup de femmes, étaient nombreux à exprimer leur "colère" contre la suppression prévue à la rentrée 2009 de 3000 postes de maîtres des Réseaux d'aides spécialisées aux enfants en difficulté (Rased). Ces maîtres, au nombre de 9000, ont reçu une formation et un diplôme spécifiques pour lutter contre l'échec scolaire. Ils sont composés de psychologues scolaires, de "maîtres E" pour l'aide pédagogique (difficultés d'apprentissage) et de "maîtres G" pour les difficultés d'adaptation à l'école, qui interviennent en appui des instituteurs classiques pour aider tel ou tel élève en difficulté.

D'après agence

le 16 octobre 2008 à 13:12
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