Nicolas Sarkozy, le 28 novembre 2008 © TF1-LCIIl y a deux jours, Christine Boutin déclenchait un tollé en annonçant le lancement d'une réflexion sur l'opportunité de rendre obligatoire la mise à l'abri des SDF quand la température descend sous -6 degrés. Face à la polémique, elle avait modéré ses propos et François Fillon avait tenté jeudi de clore le débat, affirmant qu'il n'était "pas question d'obliger" les SDF à se rendre dans les hébergements d'urgence (lire notre article). Vendredi, alors qu'un nouveau SDF a été retrouvé mort à Paris (le 6e en un mois - lire notre article), Nicolas Sarkozy a repris le dossier en main... ménageant la chèvre et le chou, pour proposer une solution 'entre-deux'.
En réponse aux "intégristes de la liberté" et aux "intégristes de la mise d'office en centre d'urgence", le président a préconisé de "mettre les personnes (sans domicile fixe) en situation de décider" en leur proposant une assistance et un hébergement d'urgence qu'ils seront libres de refuser. "Il faut agir de façon à ce que plus personne ne meure de froid en 2008, dans l'un des pays les plus riches au monde. C'est un scandale", a déclaré le chef de l'Etat. Mais "il y a un équilibre de bon sens à trouver" entre un hébergement obligatoire et laisser le SDF dans une situation de danger, a-t-il affirmé, lors d'un discours sur la politique du logement à Meaux. Discours lors duquel il a également annoncé éco-prêt de 30.000 euros à taux zéro pour "rénover, isoler, son appartement ou sa maison" (lire notre article).
Fillon "a eu parfaitement raison"
La question est de savoir si cette personne sans domicile "est lucide pour décider de sa vie ou de sa mort". "Est-ce qu'un homme ou une femme en pleine nuit dans le bois de Vincennes, malade, peut-être ayant bu, vivant dans des conditions épouvantables depuis des semaines, est-ce qu'il a la lucidité de savoir s'il veut ou s'il ne veut pas ?" être hébergé, a-t-il demandé.
"Je propose que cette personne-là, on lui donne à manger, on lui propose de la soigner, on lui permette de prendre une douche ou un bain, on lui montre la chambre ou le lit qu'on lui propose. Si elle n'en veut pas, elle s'en va, elle reprend la rue, c'est le respect de la dignité de la personne" de son "autonomie" et de sa "liberté", a-t-il dit. "Avec cette formule on concilie tout le monde", a-t-il affirmé. "L'hébergement d'urgence ce n'est pas la prison" et "le Premier ministre a eu parfaitement raison de dire qu'on ne peut pas obliger quelqu'un à rester dans un centre d'hébergement s'il ne le veut pas", a ajouté Nicolas Sarkozy.
Le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, a quant à lui préconisé, vendredi à Nancy, de s'en remettre au "refus éclairé" des SDF auxquels il est proposé une assistance et un hébergement d'urgence. "En médecine, il existe la notion de 'consentement éclairé' du malade aux soins", c'est-à-dire un consentement absent de contrainte et précédé d'une information, a expliqué Martin Hirsch. De la même manière, "une personne SDF doit pouvoir se prévaloir d'un 'refus éclairé'", impliquant que tous les risques de son comportement lui ont été présentés clairement avant que ne lui soit proposé un hébergement d'urgence.
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