Des sans-abris dans le bois de Vincennes © TF1/LCILe Premier ministre tente de désamorcer la polémique. François Fillon a indiqué, jeudi depuis Arcachon, qu'il n'était "pas question d'obliger les SDF à rejoindre les hébergements d'urgence" en cas de grand froid. "J'ai un profond respect pour la liberté de chacun mais en même temps la non assistance à personne en danger c'est une faute, et c'est une faute qu'un gouvernement ne peut pas accepter", a-t-il toutefois ajouté. A Matignon, on précise que François Fillon faisait "une différence entre les circonstances ordinaires et les circonstances exceptionnelles, telles que les périodes de grand froid ou l'extrême vulnérabilité de la personne, qui nécessitent alors l'intervention des pouvoirs publics".
Des propos qui font suite à ceux de la ministre du Logement Christine Boutin, qui a annoncé mercredi le lancement d'une réflexion sur l'opportunité de rendre obligatoire la mise à l'abri des SDF en cas de grand froid, provoquant un tollé dans les milieux associatifs. Propos qu'elle a modérés jeudi matin : le projet "ne se concrétisera pas forcément", a-t-elle déclaré sur Canal+ (lire notre article), alors que certains UMP commençaient à critiquer l'idée, à la suite des associations. Ces dernières estiment que cette idée serait quasi-impossible à mettre en oeuvre, sauf à transformer les centres d'hébergement en lieux de détention, et appellent au respect de la dernière liberté des sans-abri.
"Tenter le maximum pour essayer de le mettre à l'abri"
"On est attaché à la liberté de chacun, il n'est pas question de revenir sur ces principes, mais à certains moments, notamment dans les grands froids, il y a un devoir d'assistance à personne en danger", a expliqué le chef du gouvernement. "On ne peut pas laisser quelqu'un, dont on sait qu'il risque de mourir, sans tenter le maximum pour essayer de le mettre à l'abri", a-t-il poursuivi. "C'est ce qu'on va faire notamment au bois de Vincennes. On est en train de regarder comment mobiliser les travailleurs sociaux, des personnels supplémentaires, pour, par tous les moyens, convaincre ceux qui sont en danger de mort de venir dans les centres d'hébergement, ce qu'aujourd'hui ils refusent", a expliqué le chef du gouvernement.
Le gouvernement, a-t-il précisé, concentre son action sur trois axes. "D'abord on essaye de construire des logements - je rappelle qu'on en construit deux fois plus que la majorité précédente -, deuxièmement, on a augmenté le nombre de places", a-t-il dit. "Et moi-même, j'ai encore rajouté dans le texte qui est en cours, la loi de finances rectificative, 50 millions d'euros supplémentaires parce qu'on a besoin de places supplémentaires", a-t-il indiqué.
Un 5e sdf retrouvé mort |
Un SDF âgé de 51 ans a été retrouvé mort mercredi soir dans la camionnette où il vivait à Gennevilliers, a indiqué jeudi la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) des Hauts-de-Seine, selon laquelle les causes du décès ne sont pas encore déterminées. Il s'agit du cinquième sans domicile fixe retrouvé mort depuis un mois en région parisienne. Le corps a été découvert vers 22h50 après qu'une personne ayant l'habitude de venir en aide à ce SDF a donné l'alerte après avoir constaté que les portières de la camionnette était verrouillées, a ajouté une source à la DDSP. "Le froid ne serait pas forcément la cause du décès", indique la DDSP, qui précisé que "deux bouteilles de gaz servant à chauffer la camionnette, un matelas, une couverture et des vêtements ont été découverts" dans le véhicule aménagé. |
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