Yves Jégo, le 30 novembre sur LCI © TF1-LCI 
L'interview d'Yves Jégo dimanche soir sur LCI
Yves Jégo a promis vendredi soir une baisse de 0,30 euro. Insuffisant, ont répondu les camionneurs et automobilistes qui, depuis une semaine maintenant, manifestent contre le prix trop élevé des carburants par des barrages routiers qui paralysent la Guyane. Mais, a répondu dimanche soir sur LCI le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, il ne peut pas faire mieux. Si le carburant est plus cher en Guyane qu'en métropole, c'est notamment parce que le territoire est grand et que "l'Etat ne touche pas de taxe dessus", a rappelé Yves Jégo. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer a ainsi répété qu'il ne pouvait pas monter au dessus de cette baisse de 0,30 euro proposée par lui vendredi soir, du fait justement de cette absence de taxe.
Désormais, ce sont aux collectivités de Guyane de faire des efforts, a-t-il dit en substance, affirmant être "assez optimiste" sur l'issue de la crise. "Ma porte est ouverte aux élus de Guyane", a-t-il invité, estimant avoir "fait des propositions assez élevées". Son "objectif : ramener la Guyane à la moyenne des Caraïbes". Concrètemement, Yves Jégo a proposé vendredi de débloquer 5 millions d'euros pour compenser pendant trois mois le manque à gagner des collectivités, si elles acceptent la baisse de 10 centimes.
Les élus guyanais prennent fait et cause pour les manifestants
De leur côté, huit mouvements politiques de Guyane en appellent à Nicolas Sarkozy dans une lettre (communiquée à la presse dimanche). Les huit partis politiques, dont l'UMP/Guyane, le Parti Socialiste Guyanais (PSG), les Verts Guyane, le Mouvement de Décolonisation et d'Emancipation Sociale (MDES) et Walwari (Eventail en amérindien, le groupe de Christiane Taubira) demandent au président de la République de prendre "toutes les décisions nécessaires à l'aboutissement de la juste demande du peuple guyanais"."L'ensemble des partis politiques de Guyane réaffirme son soutien à la revendication populaire juste et légitime", écrivent les responsables politiques dans cette lettre adressée samedi au chef de l'Etat.
L'aéroport international a été fermé aux vols commerciaux samedi, et le prochain tir de la fusée Ariane 5, prévu le 10 décembre, reporté, du fait de l'impossibilité de circuler pour les personnels de la base spatiale. Le préfet de Guyane a pris samedi un arrêté concrétisant la baisse de 30 centimes du litre de carburant à la pompe, fixant à 1,47 euro celui de l'essence et à 1,25 euro celui de gazole à partir de lundi dans le département, conformément à l'engagement pris vendredi par le secrétaire d'Etat à l'outremer Yves Jégo. Ce dernier avait alors demandé que les collectivités baissent de leur côté de 10 centimes leur taxe sur les carburants. Cette demande "s'avère impossible, les collectivités ne disposant pas des moyens (...) nécessaires à leur mission", déclarent cependant les signataires de la lettre au président Sarkozy.
"La venue annoncée d'une mission d'inspection" sur le prix des carburants "doit voir son champ d'investigation élargi à la problématique du pouvoir d'achat" demandent, par ailleurs, les huit groupes politiques. L'évêque de Cayenne, Mgr Emmanuel Lafont, a estimé samedi soir sur RFO télé que ce mouvement de protestation, qui s'est jusqu'à présent déroulé sans incident grave, "est juste". "Pour apporter leur soutien au mouvement", des élus de Guadeloupe, favorables au mouvement de protestation étaient en outre attendus dimanche en Guyane. La mesure annoncé par Yves Jégo bénéficiera à la Martinique et à la Guadeloupe, où le prix du sans plomb et du gazole baissera respectivement de 15 et 10 centimes.
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