"La tumeur de Chantal Sébire était opérable"

Par Propos recueillis par Alexandra GUILLET, le 25 novembre 2008 à 06h00 , mis à jour le 25 novembre 2008 à 15h22

Dossier : Euthanasie: le débat

Interview - Le député UMP et cardiologue Jean Leonetti dénonce dans un essai la complaisance qu'il y a eu autour du cas Chantal Sébire, au détriment de la vérité.

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Couverture de l'essai de JEan Leonetti, A la lumière du crépuscule de Jean Leonetti

  • "C'est idiot, nous coûtons cher à la société"

    <b> Témoignage - </b> Ce lundi, s'est déroulée la 2e journée mondiale du droit de mourir dans la dignité. André, 90 ans, est l'un de ceux qui réclament la légalisation de l'euthanasie, il raconte pourquoi.

    Publié le 02/11/2009 "C'est idiot, nous coûtons cher à la société"
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Mars 2008 : le visage de Chantal Sébire hante tous les écrans de télévision. Cette mère de famille, atteinte d'une tumeur, implore qu'on l'aide à mourir. Elle finira par se donner la mort elle-même, quelques mois plus tard. Suite à cette affaire, le député UMP et cardiologue Jean Leonetti, est chargé par le gouvernement d'évaluer à nouveau la loi qu'il a lui même mise sur pieds en 2005 sur le droit des patients en fin de vie.

Il publie cette semaine A la lumière du crépuscule, un essai sur l'euthanasie dans lequel il livre les témoignages et réflexions d'acteurs de terrain, de familles et de malades. Avec le désir de faire un peu de pédagogie sur un sujet aussi complexe que sensible.  

Jean  Leonetti : "J'ai voulu faire de la pédagogie"

Revenant sur l'affaire Sébire, Jean Leonetti laisse éclater sa colère dans son essai. Pour le député, à cause de la forte médiatisation, "complaisante", tout le monde s'est laissé emporter par l'émotion. Mais sur le fond, il déclare que Chantal Sébire n'avait pas une maladie incurable. "Elle avait tellement peur de se faire opérer qu'elle préférait mourir", ecrit-il dans son livre.

Affaire Chantale Sébire : "on a dit beaucoup de choses fausses

Pour Jean Leonetti, si le débat sur la fin de vie reste aussi tabou et difficile, c'est que toute la question reste finalement de savoir si on peut donner un droit à la mort. Pour répondre à cette question, il convient de bien distinguer euthanasie et suicide assisté, rappelle le cardiologue. 

Jean Leonetti : "Le problème n'est pas le même
selon qu'on parle d'euthanasie ou de suicide assisté
"

Le groupe de travail qui vient de plancher plusieurs mois sur la façon dont on pourrait améliorer la loi de 2005 rendra ses conclusions début décembre. Pour Jean Leonetti, la première conclusion "consternante" de la mission est que cette loi est "très peu connue du corps médical et donc très peu appliquée". Pour le député, le problème réside dans le fait que cette loi entraîne une "révolution culturelle" dans le milieu médical. Révolution à laquelle les médecins ne sont pas forcément prêts.

La loi de 2005 est mal et peu appliquée
car elle entraîne une révolution culturelle


Le manque d'unités de soins palliatifs en France, faute de moyens, n'est-il pas aussi à l'origine d'une mauvaise application de la loi ? En partie seulement, selon le député, pour qui la France n'a pas à rougir de son dispositif au regard des pays voisins.

"Les soins palliatifs progressent rapidement en France"


Jean Leonetti est convaincu que plus la France proposera d'unités de soins palliatifs, plus la demande d'euthanasie diminuera, comme on le constate déjà aux Pays-Bas ou en Belgique où l'euthanasie est légale. Car, selon le député, ce que demandent avant tout les patients, c'est de ne pas souffrir ni d'être abandonnés.

Les demandes d'euthanasie vont diminuer


Faut-il alors aller plus loin et légaliser l'euthanasie ? Jean Leonetti pense que l'on est arrivés aux "frontières de la loi". Désormais, "on touche au problème éternel qui est que l'homme a connaissance de sa finitude et que cela l'angoisse". Il faut, selon lui, savoir arrêter de légiférer et laisser place à la prise de responsabilité de chacun.

"On est arrivés aux frontières de la loi"

Suite aux déclarations de Jean Leonetti sur Chantal Sébire dans cette interview, le professeur Emmanuel Debost, qui a suivi cette patiente avant qu'elle ne se donne la mort, a réagi sur LCI. Il réaffirme que Chantal Sébire ne pouvait être opérée et que son cas n'a pas été instrumentalisé pour faire avancer le débat sur l'euthanasie. Ecoutez son interview.

A la lumière du crépuscule. Jean Leonetti. Ed Michalon, 14 euros.

 

Par Propos recueillis par Alexandra GUILLET le 25 novembre 2008 à 06:00
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