Blocage en Guyane contre les prix du carburant © TF1-LCI
Face à la hausse du prix du carburant, le ciel devra attendre. Les blocages routiers de protestation vont entraîner un report du prochain tir d'Ariane 5 initialement prévu le 10 décembre de Kourou (Guyane), a indiqué jeudi soir le Centre National d'Etudes Spatiales (Cnes). Il est reporté au 16 décembre, a indiqué le secrétariat d'Etat à l'Outremer. Autre conséquence, et pas des moindres, sur décision du président de la chambre de commerce, l'aéroport international de Rochambeau (Cayenne) a été fermé aux vols commerciaux et les vols de samedi d'Air France et d'Air Caraïbes ont été annulés. "L'aéroport reste utilisable, nous ne sommes pas coupés du monde, et pour continuer à assurer les urgences et les évacuations sanitaires le préfet peut réquisitionner des avions", a cependant déclaré le directeur de cabinet du préfet. Un avion militaire avec des produits pharmaceutiques était attendu dans la journée de samedi en provenance des Antilles, selon la préfecture. Quant au porr, le seul port de commerce de la Guyane, il devait également être fermé.
Pourtant, après 5 jours de blocage, le secrétaire d'Etat à l'outremer Yves Jégo avait annoncé vendredi soir une baisse de 30 centimes des prix des carburants dès le 1er décembre en Guyane, "après négociations avec les compagnies pétrolières concernées". Hélas, cela ne semble pas suffire aux manifestants puisque samedi, les barrages routiers n'avaient toujours pas été levés. 25 barrages routiers paralysaient toujours ce département d'outre-mer dans la journée de samedi, selon la préfecture. Et pour cause, les manifestants, qui protestent contre le prix des carburants à la pompe (1,77 euro pour l'essence et 1,55 euro le gasoil) réclament une baisse de "50 centimes" sur les carburants.
Depuis jeudi, quatre barrages sont installés encore sur les principales artères de Kourou. Des violences urbaines y ont été constatées dans la nuit de mercredi à jeudi pendant laquelle quatre véhicules ont été incendiés. Une vingtaine de personnes ont été arrêtées en deux jours en Guyane, à la suite de violences urbaines à Cayenne survenues en marge des manifestations.
Evacuations sanitaires impossibles
Le directeur du Centre Spatial Guyanais a expliqué que "chaque jour de blocage génère un jour de retard dans les opérations de préparation au lancement". La campagne de lancement étant arrêtée, Ariane 5 ne pourra emporter ses deux satellites pour le compte de l'opérateur de télécommunications européen Eutelsat le 10 décembre prochain, comme initialement prévu. Le tir, qui devait être le sixième et dernier pour l'année 2008, est reporté.
Du côté de la Chambre de commerce, la décision de fermer port et aéroport n'a qu'un but : pousser les différents acteurs impliqués dans l'épineux problème à s'engager à baisser le prix de l'essence. Le président de la CCIG s'est d'ailleurs lui-même à engagé à baisser la taxe que cette dernière perçoit sur chaque litre de carburant à la pompe (0,14% pour l'essence et 0,19% pour le gasoil) "au prorata de l'effort que consentiront les autres acteurs de ce dossier".
En Guyane, cinq évacuations sanitaires vers la métropole ou les Antilles sont effectuées en moyenne chaque jour, ce qui deviendrait impossible en cas de fermeture de l'aéroport. Affirmation qui ne devrait pas calmer la grogne : le préfet de Guyane, Jean-Pierre Laflaquière, a affirmé qu'une baisse de 50 centimes du prix du carburant, réclamée par des manifestants qui paralysent le département depuis cinq jours, n'est pas envisageable, tout en lançant un appel au calme.
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