Les grévistes en masse, pas le service minimum

le 20 novembre 2008 à 11h31 , mis à jour le 20 novembre 2008 à 22h33

160.000 manifestants ont défilé jeudi en France et la grève a été très suivie dans le primaire. Pour son 1er test national, le service d'accueil a montré ses limites.

enseignants grèveManifestation d'enseignants le 20 novembre 2008 © TF1-LCI

Gilbert Roger, maire PS de Bondy, explique à LCI.fr 
pourquoi il ne mettra pas en oeuvre le droit d'accueil


Ils avaient prévenu, le mouvement serait bien suivi. Selon les chiffres des syndicats, "plus d'un enseignant sur deux", d'après le Snes-FSU (majoritaire) et 69 % des professeurs des écoles, d'après le SNUipp-FSU (premier syndicat) ont fait grève jeudi. Le ministère de l'Education parle, lui, d'un tiers des enseignants (33,39%) en grève, dont 48,62% en primaire et 21,26% dans le secondaire.

Quant aux manifestations, elles ont rassemblé plus de 160.000 personnes, selon la police dans 48 villes de France. Dans le détail, 9.000 à 40.000 personnes ont défilé à Paris, de 5.500 à 20.000 à Bordeaux, 5 à 11.000 à Marseille, 6 à 10.000 à Lyon, 5 à 10.000 à Toulouse et à Nantes, ou encore 5.700 à 9.000 à Grenoble, 3.400 à 6.000 au Mans, 2.500 à 5.000 dans les rues de Rouen. Entre autres banderoles, "Suppression de 3.000 Rased = 150.000 élèves sans aide" était le message revenant le plus souvent, en référence aux 3.000 postes de maîtres spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire supprimés au budget 2009. Selon le Snes, "le message adressé est clair, et constitue une véritable interpellation au ministre (de l'Education Xavier Darcos, ndlr). Celui-ci doit  maintenant prendre en compte les revendications exprimées fortement par les  personnels" sur les 13.200 suppressions de postes inscrites au budget 2009, la  "revalorisation" des enseignants, la "réforme du lycée".

Cette grève a réuni plus d'enseignants grévistes dans le primaire et moins dans le secondaire que les trois précédentes grèves unitaires, selon les chiffres du ministère de l'Education comme des syndicats de la FSU. A noter que les trois grèves précédentes étaient des mobilisations au niveau de toute la fonction publique et bénéficiaient donc des appels des fédérations de fonctionnaires, alors que l'appel à la grève de ce jeudi n'était le fait que des syndicats de l'Education

Le service minimum au bon vouloir des communes

Quant à la loi sur le droit d'accueil à l'école en cas de grève, elle a connu jeudi son premier grand test national, après celui du 7 octobre limitée à certaines régions et du 16 octobre à Paris. Bilan : la loi a montré ses limites, de nombreuses communes s'affirmant incapables de la respecter tandis que les sanctions pour celles qui s'y refusent se révèlent sans effet. Ajoutez à cela une mise en place parfois chaotique. Pour les parents, ce ne fut parfois pas facile de s'y retrouver.

Paris et Lyon, toutes deux de gauche, ont refusé d'appliquer le Service minimum d'accueil (SMA), en invoquant la sécurité des enfants. Dans la capitale, "208 écoles auront 100% de grévistes" et les directeurs seront en grève "dans plus de 330 écoles (...), rendant impossible l'accès aux cahiers d'appel et aux fiches personnelles des élèves", selon la mairie. Elle estime "irréalisable", dans ces conditions, "d'organiser, en 48 heures, l'accueil de 87.300 enfants et, pour ce faire, de mobiliser 6.365 encadrants qualifiés et formés". D'autant que trois organisations syndicales représentant les personnels d'animation de la Ville susceptibles d'être mobilisés ont également déposé des préavis de grève. L'équipe de Bertrand Delanoë a déjà fait appel d'une décision de justice rendue en octobre après une grève non nationale comme celle de jeudi, lui ordonnant d'appliquer la loi. L'appel est en attente.
 
A Lyon, 107 écoles sur 198 devaient être touchées par la grève. "C'est au moins 720 vacataires à trouver et on ne les a pas ! En théorie, on a 48 heures pour trouver des vacataires, en pratique on n'a qu'une demi-journée", a déclaré Yves Fournel (PS), adjoint de Gérard Collomb chargé de l'Education. Le préfet du Rhône a demandé l'annulation de la décision de ne pas appliquer le SMA, mais le tribunal administratif a rejeté sa requête, estimant que la ville a fait le "nécessaire pour s'acquitter de ses obligations légales" : elle a notamment adressé "plus de 1.900 lettres" pour recenser les vacataires volontaires "et recueilli 298 accords". Autre exepmple : Saint-Etienne (PS) n'a pas appliqué non plus le SMA, tout comme 282 des 327 communes de la Loire. Le préfet a été débouté, n'ayant pas soulevé les bons moyens devant la justice. A Montpellier comme à Dijon (PS), le SMA n'a pas été organisé pour des raisons à la fois pratiques et politiques. En Alsace, des dizaines de communes ont demandé aux parents de ne pas envoyer leurs enfants à l'école.

le 20 novembre 2008 à 11:31
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39 Commentaires

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  • Fred, le 21/11/2008 à 09h47

    Prof : "aujourd'hui c'est pour les enfants que nous étions dans la rue!" Parce que d'habitude c'est pour quoi? Pour ta pomme ou pour le service public?? T'inquiète, on avait compris... Bel aveu! Sans rancune....

  • Martine, le 21/11/2008 à 09h45

    Et c'est en faisant greve plusieurs jours/an que la reussite de nos enfants va se faire?

  • Eric25, le 21/11/2008 à 09h30

    Depuis , que se gouvernement est en place il a prouver. qu'il est totalement incompetent sur tout les sujet.

  • Gilles, le 21/11/2008 à 09h08

    Depuis des années se sont les syndicats d'enseigants qui font la pluie et le beau temp dans l'éducation national, alors qu'ils assument le nauvrage de leur navire.

  • Henri, le 21/11/2008 à 08h40

    Je propose que les maires ne pratiquant pas le SMA soient rendus inéligibles pour non-respect de la loi et que les mairies soient pénalisées et que l'argent reçu soient versé aux familles pour les dédommager.

  • BOUBA, le 20/11/2008 à 22h47

    Je suis outree qu'en cette periode excessivement douloureuse finacierement pour tous que lesenseignants se mettent encore en greve.Je dire encore car ils le sont toujours .Vous avez un poste à vie alors que d'autres bataillent pour trouver du travail.Securite de l'emploi bons salaires , vos syndicats qui vont vous aider a payer vos jours de greves( je sais comme cela se passe )Apprenez plutot aux enfants a lire et ecrire car de cote vous n'etes pas bons du tout .Allez en formation .Et je ne regrette pas d'avoir mis mes enfants ds le prive

  • Prof, le 20/11/2008 à 21h48

    Concernant la réforme de la seconde du lycée : Je voulais juste rappeler que les sciences expérimentales, contrairement à ce que l'on peut lire dans certains articles, ne sont pas sauvées sous prétexte qu'elles sont maintenues dans le tronc commun. On nous a fait croire pendant un temps qu'elles disparaîtraient du tronc commun puis on les a remises, fortement amputées, dans l'espoir de mieux faire passer la pilule. On fusionne les sciences physiques et les SVT en un module de 3H ce qui fait que les élèves n'auront plus 3H30 de sciences physiques en seconde mais seulement 1H30. (Sans être assurés que la classe soit dédoublée pour les séances de travaux pratiques, trop coûteux donc dans la ligne de mire de notre cher ministre qui cherche à tout prix à faire des économies).

  • Cecile, le 20/11/2008 à 21h45

    La greve est un droit. Les enseignant en la faisant tentent de sauvegarder l'avenir du pays, en garantissant un enseignement de qualité à nos enfants...pourquoi le gouvernement veux faire des économie sur çà? 31 en classe de maternelle !!! comment peut on aider les plus faible dans une classe de 31 ? Si il y avait cours le mercredi matin pour faire de l'aide , ça gênerai qui? Parce que les faire venir plutot ou rester plustard c'est un pis aller !!!! Bon courage aux profs, car il en faut désormais plus, dans ce métier qui n'est plus reconnu comme "le plus beau métier du monde"

  • Martin, le 20/11/2008 à 21h29

    Tout les ouvriers les artisants les travailleurs obscurs ont depuis des annees travaillès de plus en plus pour faire avance l'economie sans possibilitees de greves avec les plus petits salaires messieurs les enseignants retroussez vos manches arretez de vous plaindre

  • Sam, le 20/11/2008 à 21h10

    David de Paris, vous pensez que l'éducation dans le privé est de meilleure qualité? remarquez, rêver n'a jamais fait de mal à personne... et pour certains autres, svp, cessez de considérer les enseignants comme des nantis, ça commence à être pénible, en plus d'être stupide... de toute façon, en s'y prenant comme ça avec l'éducation de nos enfants, on aura la génération de tarés que l'on mérite.

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