Une classe prépa' pour les enfants de 2-3 ans ?

le 04 novembre 2008 à 16h02 , mis à jour le 04 novembre 2008 à 16h55

Un rapport sénatorial, rendu public mardi, propose la création d'un "jardin d'éveil", nouveau service public à mi-chemin entre la crèche et l'école.

cour d'école maternelle jeux

Dans le cadre du débat ouvert l'été dernier par le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, sur la scolarisation des enfants âgés de 2 à 3 ans, des sénateurs ont rendu public mardi un rapport dans lequel ils proposent la création d'un "jardin d'éveil". Ce "jardin d'éveil" serait une "structure innovante à mi-chemin entre la crèche et l'école" qui "précèderait l'entrée à l'école maternelle", écrivent les sénateurs UMP Monique Papon (Loire-Atlantique) et Pierre Martin (Somme) au nom du groupe de travail sur "la scolarisation des jeunes enfants". Ce "lieu d'éducation et d'éveil s'inscrirait dans le cadre de la politique familiale comme un nouveau service public", ajoutent-ils.
  
A la base de cette proposition, un double constat fait par les sénateurs : d'une part l'école offre "un milieu peu adapté aux enfants de deux ans" et leur scolarisation est "une fausse bonne idée pour la réussite scolaire", mais d'autre part les modes de garde de la petite enfance (crèches, assistantes maternelles, etc.) sont insuffisants, alors que la natalité est dynamique. Les auteurs reconnaissent d'ailleurs que dans ce "contexte de pénurie" la scolarisation à deux ans est perçue comme une "opportunité" pour pouvoir concilier vie familiale et professionnelle.
  
L'exception française
 
La France, avec la Belgique, fait donc figure d'exception en Europe en acceptant d'accueillir à la maternelle les enfants dès l'âge de deux ans. Tout au long des années 1990, plus d'un enfant de deux ans sur trois a été scolarisé dans le public et le privé (34,1% en 1999), mais depuis le taux a baissé, pour atteindre 20,9% en 2007. En outre, selon le rapport, de "fortes disparités territoriales permettent de s'interroger sur la maîtrise de la politique de scolarisation précoce". Par exemple, environ 60% des enfants de deux ans étaient scolarisés en 2007 dans le Finistère ou le Morbihan, contre 2,5% en Haute-Savoie ou 5,0% en Seine-Saint-Denis. Le rapport s'engage donc clairement en faveur d'une solution alternative à  la scolarisation précoce, un sujet polémique.
  
Au-delà de propos sur les "siestes" et les "couches" jugés méprisants par les syndicats enseignants, Xavier Darcos a estimé cet été que la question de la scolarisation des deux-trois ans devait être "débattue". Pour le syndicat SE-Unsa, la scolarisation précoce doit rester une option : il déplore que les enfants soient "ravalés à une simple marge de manoeuvre budgétaire" servant à "justifier les suppressions de postes".
  
Dans leur rapport, les sénateurs ne cachent pas que le "jardin d'éveil" est  inspiré des conclusions d'un rapport de la députée UMP Michèle Tabarot, influencées par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), politique de réforme de l'Etat et de réduction de ses dépenses. Les sénateurs socialistes et communistes n'ont pas souhaité souscrire à cette proposition, craignant notamment "la fin de la gratuité d'accueil" ou le "risque de coût transféré aux communes".

le 04 novembre 2008 à 16:02
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1 Commentaires

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  • Nicky, le 21/05/2009 à 15h41

    Je suis convaincue que les enfants de 2 ans ne sont pas à leur place en structure pré élémentaire, après avoir exercé 20 ans en classe maternelle en qualité d'atsem. A présent educ d'eje je réfléchis sérieusement aux propositions du gouvernement et souhaite créer une classe passerelle en milieu rural, cependant, financièrement se pose un véritable dilemme!!

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