30 millions pour sécuriser les hôpitaux psychiatriques

le 02 décembre 2008 à 13h44 , mis à jour le 02 décembre 2008 à 22h48

Trois semaines après la mort d'un étudiant, poignardé à Grenoble par un malade mental, Nicolas Sarkozy a annoncé mardi un plan de sécurisation.

[Expiré] couloir hopital santé © sxc.hu

Il avait demandé une "réforme en profondeur" de l'hospitalisation psychiatrique. Trois semaines après la mort d'un étudiant, poignardé à Grenoble par un malade mental échappé d'un hôpital psychiatrique, Nicolas Sarkozy a annoncé mardi à Antony un plan de sécurisation de ce type d'hôpitaux d'un montant de 30 millions d'euros, auxquels s'ajouteront 40 millions pour la création de 4 unités pour malades difficiles. En janvier, à Plouguernével, dans les Côtes-d'Armor, une UMD, réservée aux malades mentaux dangereux, avait déjà ouvert, une première depuis 1963 qui avait porté à cinq le nombre de structures de ce type en France.

Nicolas Sarkozy a également annoncé mardi le dépôt d'un projet de loi réformant l'hospitalisation psychiatrique d'office en réservant aux préfets ou à la justice les autorisations de sortie. La décision de laisser sortir un patient, "ce doit être l'Etat ou, dans certains cas la justice, pas l'expert", a déclaré le chef de l'Etat. "Il y a un Etat, une justice qui doivent trouver l'équilibre entre des intérêts et des points de vue contradictoires", a ajouté le président. "C'est de la rencontre de ces points de vue - celui qui a la charge du patient et celui qui a la charge de l'ordre public - que l'on peut trouver le bon équilibre."

Une "réforme finalisée dans l'urgence"

Le chef de l'Etat a aussi évoqué un partage d'informations sur les hospitalisations d'office, sans mentionner explicitement la création d'un fichier national, comme il l'avait fait après le drame de Grenoble, ce qui avait suscité l'inquiétude des professionnels. "Le gouvernement s'assurera que les informations administratives sur les hospitalisations d'office soient partagées dans tous les départements avec un secret médical respecté de la façon la plus stricte", a-t-il ainsi souligné. "Nous allons d'abord instaurer une obligation de soins en milieu psychiatrique (...). Elle doit être effective, même en cas d'absence de la famille", a encore déclaré Nicolas Sarkozy.

Mais pour l'avocat de la famille de Luc Meunier, l'étudiant tué le 12 novembre à Grenoble, il ne faut pas une "réforme finalisée dans l'urgence dans l'émotion oubliant de signaler par là-même que tous les malades psychiatriques ne sont pas dangereux". "La compréhension des dysfonctionnements médicaux, administratifs et judiciaires du parcours de Jean-Pierre Guillaud", le meurtrier présumé de Luc Meunier, "et les responsabilités qui devront en découler pourront seuls permettre de tirer les enseignements" en vue d'une réforme "nécessaire", a ajouté Me Hervé Gerbi.

(D'après agence)

le 02 décembre 2008 à 13:44
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5 Commentaires

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  • PATRICK, le 02/12/2008 à 16h30

    Pas de personnels formé à cette spécilialité qu'est la psychiatrie, on a supprimé un diplôme et fait n'importe quoi avec un personnel diplômé pour tout et rien, je n'ai jamais vu autant de problèmes en psy depuis quinze ans : ouvrir l'hopîtal c'est maintenant devenu n'importe quoi, ce n'est pas tout de vouloir réinserer il faut des moyens énormes et l'argent on l'a refilé aux banques

  • Noémie, le 02/12/2008 à 15h52

    Attention ! Le chef de l'Etat déclare que c'est de la rencontre des points de vue qu'on peut trouver le bon équilibre, mais que ce ne seront que les préfets et la justice qui autoriseront les sorties. Donc un seul point de vue... C'est d'une logique ce que dit notre cher président préféré... Ou comment faire passer ce qu'on veut en faisant croire qu'on est quelqu'un d'ouvert... Je ne dis pas que notre système aujourd'hui est bien, mais comment un préfet pourrait-il avoir les éléments pour savoir si un malade peut avoir une autorisation de sortie ou non ? Je ne vois pas comment cette loi pourrait améliorer les choses. On pourrait donner aux préfets le droit de donner des avis d'interdictions à certaines périodes ou lors de certains événements, mais quand il s'agit de savoir si un malade est dangereux ou non, ils ne sont pas compétents. Les politiques ne peuvent pas tout et ne doivent pas avoir tous les pouvoirs, n'en déplaise à notre président.

  • Cortopsy, le 02/12/2008 à 15h20

    La psychiatrie à besoin d'Hommes pour soigner d'autres Hommes, quel malheur que le président ne gouverne qu'avec l'émotion des "braves gens". Une génération de soignants en psychiatrie à tenté de "construire le contraire" du système asilaire, il semble que le temps du grand renfermement soit de retour...

  • PATRICK, le 02/12/2008 à 15h05

    Après l'agression mortelle du personnel à Pau, j'avais entendu le même discours et j'ai vu apparaître du grillage sécurité autour de l'établissement où j'exerce et encore pas partout et des vigiles du privé qui arrivaient à la demande en cas de coup dur : Amélioration de petite taille, le personnel n'est pas toujours rassuré et pourtant un beau discours pour la sécurité en établissement psy !

  • Lolo, le 02/12/2008 à 15h03

    Il ne faut pas aller loin ils ferment les hopitaux psy ils ont deja commences et en plus le peu de service qui sont ouvert il n y a plus qu une infirmiere pour une trentaine de malade voila ou l argent est pris reduction des services et du personnel.merci madame bachelot

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